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Billet de blog 22 nov. 2010

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Le froid arrive...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le froid arrive, les alertes se succèdent, le 115 a repris du service, en bref c'est l'hiver.

On détermine l'aide que l'on doit apporter à un sans abris, en le voyant dans la rue, dans une bouche de métro, ou dans un hall de gare. Mais il y'a de nombreuses personnes, qui ont froid et qui ont un toit. On les appelle souvent les "mal logés",ou les "travailleurs pauvres".

On parle dans les médias des sans-abris, on en fait la promotion, on en fait des campagnes de prévention et de responsabilisation. Dernièrement la nouvelle campagne du Parrain de la fondation Abbé Pierre, ERIC CANTONA, avec Carton Rouge, a mis le point sur une réalité consternante, et montre que les logements insalubres sont exploités par des marchands de sommeil, sans scrupules. La vidéo montre Cantona qui effectue une visite guidée à de futurs locataires. Cette vidéo a choqué et interpellée pour apporter de l'aide à la Fondation qui se bat, pour le mal logement.

Mais il ne faut pas oublier, les personnes, qui ont un logement correct et propre, un logement avec un toit, des murs et une installation correcte, des locataires ou des propriétaires, qui faute de revenus suffisants, soit par la vie courante, soit par un accident de la vie (retraite, chômage, maladie etc) se retrouvent dans une maison qu'ils ne peuvent chauffer.

Pouvoir allumer son radiateur électrique, sa chaudière au gaz ou au fioul sont des gestes banals qui deviennent véritablement difficiles en cas de budget serré. Se chauffer devient un luxe au même titre que manger.Alors il faut choisir et avoir froid devient une évidence. Je connais une vieille dame de 93 ans qui ne se chauffe pas, sa seule source de chaleur, c'est sa gazinière lors des repas, et parfois lorsqu'elle prend son thé de l'après midi. Cette dame réside en Alsace, il y neige souvent l'hiver. Elle a une retraite, un logement de type HLM, et pourtant, en 2010, l'hiver elle a froid. Des exemples comme celui ci, il y'en beaucoup, comment payer une cuve de gaz de 1000 litres, soit au plus bas 1200€ et au tarif le plus fort 1600€, quand on a qu'un salaire au smic, et que le montant du loyer est elevé? Ce n'est pas une question, c'est un constat. Aujourd'hui, des gens ont froid, des personnes qui ont un emploi, un salaire, un toit, et qui sont considérés comme des travailleurs pauvres, des gens qui ont une retraite, voir un très petite retraite, et qui n'y arrivent plus.

Savez vous qu'il existe une loi qui évite l'expulsion l'hiver, à tous ceux qui ne peuvent payer leurs loyer, mais qu'il n'y a aucune lois qui laisse un peu d'électricité ou de gaz, à ceux qui ne peuvent acquitter leurs factures. Ainsi, des coupures de courant l'hiver sont régulièrement effectuées par ERDF, à la demande des fournisseurs d'energie. Qu'il fasse 6° ou -6°, peut importe "on coupe". A titre d'information, en cas de régularisation, il faut une moyenne de 3 à 10 jours (délai catalogue) pour être remis en service, si l'on ne réagit pas dans la journée de coupure avant 16h. Qu'il fasse froid ou chaud peu importe...

Avoir le choix d'avoir chaud, de payer ses factures ou de manger, ce n'est pas un choix mais une réalité voir une fatalité sociale actuelle. Cruel choix que celui de payer ses factures et devoir aller manger aux Restos du Coeur, ou ne pas payer ses factures et finir SDF.

Alors oui, faudra-t-il bientôt appeler le 115, quand on a froid et qu'on a un toit?

Pour terminer ce poste, amis lecteur, je vous mets un petit conte de Noël. Mais elle est folle me direz vous, de mettre un si triste conte de Noël sur le si sérieux site de Médiapart, mais c'est juste pour nous rappeler qu'en Novembre 1845, Andersen passait un message à tous: il y a des gens dans la rue qui ont froid et qui meurent.

N'oubliez pas le 115.

La petite fille aux allumettes
Conte d'Andersen

Il faisait effroyablement froid; il neigeait depuis le matin; il faisait déjà sombre; le soir approchait, le soir du dernier jour de l'année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue: elle n'avait rien sur la tête, elle était pieds nus. Lorsqu'elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu'elle eut à se sauver devant une file de voitures; les voitures passées, elle chercha après ses chaussures; un méchant gamin s'enfuyait emportant en riant l'une des pantoufles; l'autre avait été entièrement écrasée.

Voilà la malheureuse enfant n'ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits petons. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes: elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé; par cet affreux temps, personne ne s'arrêtait pour considérer l'air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n'avait pas encore vendu un seul paquet d'allumettes. Tremblante de froid et de faim, elle se traînait de rue en rue.

Des flocons de neige couvraient sa longue chevelure blonde. De toutes les fenêtres brillaient des lumières: de presque toutes les maisons sortait une délicieuse odeur, celle de l'oie, qu'on rôtissait pour le festin du soir: c'était la Saint-Sylvestre. Cela, oui, cela lui faisait arrêter ses pas errants.

Enfin, après avoir une dernière fois offert en vain son paquet d'allumettes, l'enfant aperçoit une encoignure entre deux maisons, dont l'une dépassait un peu l'autre. Harassée, elle s'y assied et s'y blottit, tirant à elle ses petits pieds: mais elle grelotte et frissonne encore plus qu'avant et cependant elle n'ose rentrer chez elle. Elle n'y rapporterait pas la plus petite monnaie, et son père la battrait.
L'enfant avait ses petites menottes toutes transies. «Si je prenais une allumette, se dit-elle, une seule pour réchauffer mes doigts? » C'est ce qu'elle fit. Quelle flamme merveilleuse c'était! Il sembla tout à coup à la petite fille qu'elle se trouvait devant un grand poêle en fonte, décoré d'ornements en cuivre. La petite allait étendre ses pieds pour les réchauffer, lorsque la petite flamme s'éteignit brusquement: le poêle disparut, et l'enfant restait là, tenant en main un petit morceau de bois à moitié brûlé.

Elle frotta une seconde allumette: la lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise: elle était couverte d'une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s'étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes: et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien: la flamme s'éteint.

L'enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d'un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs: de tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle: l'allumette s'éteint. L'arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles: il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une trainée de feu.
«Voilà quelqu'un qui va mourir » se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l'avait aimée et chérie, et qui était morte il n'y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu'on voit une étoile qui file, d'un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette: une grande clarté se répandit et, devant l'enfant, se tenait la vieille grand-mère.

- Grand-mère, s'écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh! tu vas me quitter quand l'allumette sera éteinte: tu t'évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d'oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je te prie, ou emporte-moi.

Et l'enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n'y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin: c'était devant le trône de Dieu.
Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l'encoignure le corps de la petite ; ses joues étaient rouges, elle semblait sourire ; elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d'autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d'un paquet d'allumettes.

- Quelle sottise ! dit un sans-coeur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? D'autres versèrent des larmes sur l'enfant; c'est qu'ils ne savaient pas toutes les belles choses qu'elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c'est qu'ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.

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