Macron au G7, Gvantsa dans l'avion? Hôtel à Biarritz/centre de rétention à Metz!

Pendant qu'Emmanuel Macron, en compagnie de six autres chefs d'état, discutent en comité réduit de l'avenir du monde à Biarritz, Gvantsa Pkhikidze attend que l'on brise sa vie à Metz. Le juge des libertés vient en ce lundi 26 août de confirmer son expulsion. Mobilisons-nous, manifestons, écrivons au chef de l'état. Gvantsa doit rester en France!

Pour la préfecture de Côte d'Or, Gvantsa, jeune femme de 19 ans, scolarisée dans un lycée de centre-ville, élève exemplaire, appréciée de tous constitue une menace à l'ordre public. Depuis que Christophe Castaner a promis de lutter contre "l'anomalie" de la demande d'asile géorgienne, ses préfets, véritables prestataires de service du ministère de l'intérieur, traquent sans relâche le réfugié géorgien. Or, Gvantsa est géorgienne.

A Dijon, ville du béton désactivé et de la caméra de surveillance high-tech, le préfet connu pour son zèle et son goût du travail bien fait, a encore frappé. Gvantsa en fait les frais. Envoyée samedi en centre de rétention administrative à Metz, la voilà déférée dès lundi devant le juge des libertés qui confirme l'expulsion. Une affaire rondement menée. Qui peut encore ironiser sur les lenteurs de l'administration française?

Quand les camarades de classe de la jeune femme feront leur rentrée en terminale littéraire lundi 3 septembre et trouveront que le professeur de français a une sale tête, Gvantsa, elle, sera assise en classe éco d'un vol commercial à destination de Tbilissi, peut-être menottée si elle s'est montrée récalcitrante au moment de l'embarquement. Sa chaise au lycée restera vide, on demandera aux enseignants de sa classe d'être "exemplaires" (article 1 de l'école de la confiance) c'est à dire de ne pas dire un mot sur "l'affaire" qui, en 2019, transforme le simple flic en milicien, le préfet en donneur d'ordre sinistre et la ville de Metz en camp de réfugiés. Pas d'amalgame, pas d'allusions ou de rapprochements abusifs avec des périodes plus sombres de l'histoire française. Gvantsa n'est plus là car sa place est dans son "pays d'origine" (où cela se trouve-t-il sur la carte du monde "le pays d'origine"?) qu'elle ne connaît plus vraiment car elle est arrivée en France à 16 ans. Personne ne l'attend là-bas, même pas un toit d'ailleurs mais bon le préfet de Côte d'Or n'assure pas le service après-vente des expulsions. Le soir, après une journée de travail bien remplie, il rentre chez lui et ne veut plus entendre parler de tous ces dossiers de va-nus-pieds venus indûment enlever les gougères de la bouche des bourguignons.  Le lendemain, il poursuit sa tâche en serviteur de l'état. Il signe des OQTF, des IRTF, des acronymes qui signifient "Fous le camp". 

Au fait, le père de Gvantsa vit à Dijon, il a des papiers. Son frère Nicolas aussi. Son petit ami, lui est français. Il ne risque rien, il sera peut-être un peu triste mais il pourra toujours rencontrer un directeur de cabinet à la préfecture qui lui expliquera que les règles existent pour être respectées. La Géorgie est un pays sûr et elle a besoin des forces vives de la nation pour se construire. Et puis en mai, Christophe Castaner a déclaré sans rire que le réfugié géorgien faisait de l'ombre au syrien et à l’érythréen. Un humaniste cet homme et personne ne le sait. Une personnalité méconnue, injustement raillée!

Aujourd'hui, en ce lundi 26 août, il y a urgence. D'un instant à l'autre, Gvantsa peut être renvoyée en Géorgie. Elle y sera SDF mais peu importe. Son père est à Dijon mais peu importe. Son frère est à Dijon mais peu importe, son compagnon, Clovis, est à Dijon? Il pourra toujours demander un visa de tourisme pour lui rendre visite sous un pont à Tbilissi. Ah! j'oubliais, sa mère vit en Grèce et a confirmé dans une lettre transmise à la préfecture de Dijon qu'elle ne s'occupait plus de sa fille depuis longtemps. Emmanuel Macron promet un "nécessaire" débat (sans tabou bien sûr ce qui en gros veut dire que toutes les voix se feront entendre y compris les plus ignobles. On appelle cela la transparence-en-démocratie) sur l'immigration. Effectivement, il a raison, peut-on continuer à cautionner les agissements de l'état sans broncher, peut-on adhérer, collaborer? Ah! ce verbe qu'il faut bannir de notre vocabulaire car il n'est pas un élément de langage très consensuel, il a même une sacrée sale gueule.

 

 Que le président de la république, Emmanuel Macron, que son épouse Brigitte Macron venue l'année dernière au lycée Carnot à Dijon en compagnie du ministre de l'éducation nationale, lancer une campagne contre le harcèlement à l'école (le harcèlement des préfectures en fait-il partie?), que Jean-Michel Blanquer,  que la nouvelle rectrice de Dijon (comment accepter qu'une élève de l'académie soit ainsi arrêtée dans son cursus scolaire?), fassent cesser ce scandale absolu qu'est l'expulsion imminente de Gvansta Pkhikidze! Il suffit d'un mot, d'un arrêté qui annule le précédent pour que Gvantsa reste à Dijon auprès de son père, de son frère, pour que la France sauve l'honneur. Pays des droits de l'homme? De la fraternité, redécouverte et intégrée dans la constitution depuis l'été 2018?  On attend des actes et le premier d'entre eux, permettre à Gvantsa de reprendre le cours de sa vie à Dijon.

 

                                                                  #free Gvantsa 

Signez la pétition Régularisation de Gvantsa sur Change.org. Seule une mobilisation massive peut la sauver du pire! 

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