Lavaur te ment.

Bonjour à tous."Il était une fois une princesse si belle que tous les prétendants du royaume tombaient en pâmoison devant sa majestueuse allure."Après avoir passé des mois à nous emmerder avec la manif pour tous, voilà-t-y pas que les bigots et les réactionnaires se sont une nouvelle fois illustrés il y a deux Dimanches pour manifester aux couleurs de l'Espagne contre le droit à l'avortement.

Bonjour à tous.

"Il était une fois une princesse si belle que tous les prétendants du royaume tombaient en pâmoison devant sa majestueuse allure."

Après avoir passé des mois à nous emmerder avec la manif pour tous, voilà-t-y pas que les bigots et les réactionnaires se sont une nouvelle fois illustrés il y a deux Dimanches pour manifester aux couleurs de l'Espagne contre le droit à l'avortement.

"La princesse n'avait que faire des plus riches, des plus beaux et des plus charismatiques des princes se pressant à sa porte. Elle attendait que son coeur s'éprenne à en perdre la raison et que celui qui lui ravirait  sa vertu puisse l'extraire de sa prison dorée pour lui faire découvrir les beautés du monde."

Ils étaient des milliers à venir s'agglutiner comme les derniers des parasites sous les fenêtres du parlement pour s'offusquer du débat qui s'ouvre à l'assemblée cette semaine sur la suppression de la notion de "situation de détresse" de la loi Veil du 17 Janvier 1975.

"Un jour qu'elle cheminait au côté de son père, un vieux roitelet démodé qui ne s'accrochait au pouvoir que par habitude, elle croisa le regard bleu et plein de suie d'un apprenti forgeron qui venait d'achever un énième plastron pour protéger l'imposante masse informe du ridicule suzerain."

Comme toujours, ces ardents défenseurs du droit à la vie, nous abreuvent de leurs raisonnements insensés et de leur morale péremptoire pour justifier leur engagement contre le droit des femmes à disposer de leur corps.

"En un instant les deux coeurs juvéniles se mirent à battre à l'unisson, dans un rythme prompt et si fort que ni le bruit des soufflets, ni celui des marteaux matraquant les enclumes, ne put couvrir la chamade s'emparant de leur être."

L'église en tête, par la voix de son nouveau pape, fustige cet amendement en le qualifiant d'atteinte au droit de naître dont tout amas de cellules plus ou moins cohérents semble se prémunir dans la tête de ces tordus. Le pire est quand cette bande de fou furieux nous annonce sans sourciller que cette modification entraînerait une banalisation de l'acte pouvant amener des femmes à le pratiquer dans une optique de confort!

"Un soir, en cachette, les deux insouciants se donnèrent l'un à l'autre et, sans se dire un mot, consumèrent leur amour jusqu'au matin suivant."

Non mais oh! Ca va pas bien non! Je ne suis certes pas doté de l'appareil sexuel me permettant de comprendre vraiment la porté d'un tel acte médical mais je ne suis pas con au point de me dire que se faire aspirer une partie de soi par un récurage chirurgical puisse avoir quoi que se soit de confortable!

"Leur torpeur exaltée ne fut troublée que par les sabots de la garde qui sur ordre du Roi, fouillant tout le village à la recherche de la jeune demoiselle. La porte de la grange, derrière l'armurerie, se brisa avec fracas et d'une lame flamboyante le sang de l'apprenti se répandit en étoile."

Ce dramatique retour en arrière est déjà à l'oeuvre en Espagne où la droite catholique, que je n'hésite pas à qualifier de néo-Franquiste tant leurs idées se confondent avec celles du rachitique dictateur, souhaite réinstaurer l'objection de conscience pour les médecins devant pratiquer les IVG afin notamment d'équilibrer le droit de la mère à avorter avec celui du foetus.

"Traumatisée, la princesse fut enfermée au donjon jusqu'à ce que sa Majesté trouve un prince pour laver son nom. Car cette de cette seule escapade un petit embryon, s'accrocha au bas-ventre de la pauvre Cendrillon."

Du pur délire! Ainsi, sous couvert de protection du droit à la vie, on s'octroie le droit de pourrir celle de la mère.

"L'avortement interdit dans l'ensemble du royaume, empêcha le monarque de bien marier sa progéniture. En effet, aucuns des princes jadis si prompt à faire la cour ne voulut plus maintenant de la fille du souverain."

Ce que je trouve de révoltant dans ce procédé - culpabilisant les femmes qui choisissent de se séparer d'une part d'elles-même - est que ce sont les mêmes qui veulent limiter la contraception et interdire toute forme de relations non-procréatrices. Ils perpétuent ainsi, par leur morale simpliste, dégueulasse et fondée par quelques illuminés il y a plus de 2000 ans, le cycle d'oppression du genre féminin et prodiguent une idéologie consistant à les empêcher de disposer de leur corps.

"Le Seigneur fit mander la plus connu des sorcières pour que d'aiguilles à tricoter elle trouve quelque chose à faire. Celle-ci, contre une belle fortune, s'exécuta au crochet sur la princesse qu'un corps autre que le sien importune."

Alors, oui. Cette chronique est simpliste, pas drôle, et à mon goût, trop édulcorée comparé à l'aigreur qui m'étreint et à la rage que je peux avoir envers ces empaffés qui se sentent le droit de s'opposer au plus simple du droit des femmes mais qu'on leur refuse, toujours et encore. Permettez-moi, chers fachos que je conchie de vous vomir à la gueule!

"Enfin débarrasser du batard impromptu, on put caser la belle dans les bras d'un époux. En revanche l'histoire ne nous dit pas s'ils vécurent heureux et s'ils eurent beaucoup d'enfants."

À bon électeurs, salut!

Aiphix

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