Un bond pour le serre-vis.

Bonjour à tous. Critiquons, moquons-nous, des riches, des puissants, des cons et mal-baisants mais n'oublions jamais que la haine aveugle n'est pas sourde. Ah qu'il est loin le temps béni des compagnies, halte!

Bonjour à tous.
Critiquons, moquons-nous, des riches, des puissants, des cons et mal-baisants mais n'oublions jamais que la haine aveugle n'est pas sourde.
Ah qu'il est loin le temps béni des compagnies, halte!
Comme elle est douce la nostalgie de l'obligation qui était faite à chaque homme de servir sous le même drapeau pour former des bataillons, pour marcher, marcher jusqu'à ce qu'un sang impur abreuve le sillon, plomb, plomb...
Je devais avoir une douzaine d'année lorsque fut annoncé par notre crack-crack de Chirac la suppression des sévices militaires pour les français munis du service trois pièces et nés après 1973. L'institution moribonde n'était déjà plus que l'ombre d'elle-même et préférait réformés par dizaine la bleusaille, sitôt qu'elle se plaignait de cors aux pieds, d'asthme d'effort, ou qu'elle faisait montre d'une aversion pour l'autorité, tout cela dans le but de mieux réserver la maigre pension de troufion aux vrais patriotes, seuls à même d'apprécier se faire hurler dessus aux aurores par un sergent instructeur refoulant du gosier et son homosexualité,  d'avaler des rations proté-iniques qu'un Ougandais famélique repousserait en grimaçant, et d'apprendre à partager, 365 jours et nuits durant, les rots, pets, haleines fétides et odeurs en tout genre, les discussions philosophiques couvrant tout du vainqueur de l'épique combat entre l'éléphant et l'hippopotame aux pantagruéliques nibards de Lolo Ferrari, sans oublier les reniflements, ronflements, mastications et autres râles masturbatoires de frères d'armes imposés, dégénérés et incultes.
Vous vous imaginez bien que j'accueillis à l'époque cette nouvelle avec une ferveur non feinte à l'égard du président nouvellement élu ce qui m'empêcha, à n'en pas douter, de dégobiller au vent mauvais ce dimanche sombre de Mai 2002 où je dû me résoudre à glisser un bulletin portant son nom afin d'éviter la conquête des bottes brunes à l'œil de verre acéré.
Mais voilà t-y pas qu'en réponse à d'isolés pauvres sires qui décidèrent un mercredi noir de se farcir un canard au nom de Charlie, on parle de réinstaurer le service à la France pour apprendre à cette jeunesse, qui décidément ne respecte rien ni même une minute de silence, le goût de l'amour national à grand renfort d'humiliations et de travaux forcés qui ont si bien réussi aux générations précédentes.
Rassurez-vous cependant, bande de gauchistes, même si certains parmi les plus grabataires de nos énarques souhaitent le retour du kaki pour les kékés, il est question d'étendre l'existant service civique à un max de jeunes crève la dalle sur-qualifiés plutôt que de leur faire découvrir les joies du clairon et des pompes dans la mélasse.
Pour les plus bobos d'entre vous, qui n'avez jamais connu les affres de la recherche d'emploi en période de récession économique, je rappel que le service civique consiste à balancer un pré-pubère post bachelier dans les bras d'une association incapable de rémunérer convenablement un employé supplémentaire faute de subventions et de le faire trimer pendant 6 à 12 mois, à raison de 20h par semaine, pour une demi bouchée de SMIC, afin de maintenir un service public autrefois assuré par l'état, dans le but de minimiser le chômage des diplômés et des moins de 25 ans, pour inverser une satanée courbe qui n'en fini pas de croître négativement, pour que môssieur Chérèque se sente enfin utile à quelque chose et que notre François primaire puisse enchaîner sur un second quinquennat en faisant barrage au va-nu-pieds à talonnettes agité du deltoïde et amateur de conférences surtaxées et à la grosse vache qui rit de se voir si Goebbels dans son miroir.
Rien de tel pour renforcer le vivre ensemble et insuffler l'esprit Républicain, avec une grande raie, que de fortement inciter voir carrément obliger l'avenir de la nation à se précariser sitôt leur précieux certificat d'entrée sur le marché aux bestiaux corvéables jusqu'à leur 62 ans.
Toujours est-il qu'en ce qui me consterne mais ça n'enrage que moi, tant que les solutions préconisées pour endiguer le sectarisme et le sentiment d'abandon ne feront que perpétuer la doctrine chère aux mous qui se terre : "un bourre tous, tous bourrins", met avis que nous verrons pas de sitôt l'émergence d'une jeunesse enjouée et prête à tout pour défendre ses droits, vivre avec l'autre plutôt que contre lui et prendre de soin des moins chanceux ou des plus anciens sans y être contraint par décret ou par nécessité.
À bon électeurs, gaaaaaaarrre à vous!

Aiphix.

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