Enseignements du renseignement.

Bonjour à tous.Critiquons, moquons-nous, des riches, des cons et mal baisants mais n'oublions jamais que la haine aveugle n'est pas sourde. Que de grand bruit pour cette loi de surveillance. Que d'offenses et d'offuscations pour pas grand chose. Car, à bien y regarder de plus près, qui donc, à part ceux qui ont vraiment quelque chose à se reprocher, qui peut bien se sentir observé par un quelconque grand frère, dans ce monde numérique où finalement les moutons sont tout à fait capables de se surveiller entre eux.

Bonjour à tous.
Critiquons, moquons-nous, des riches, des cons et mal baisants mais n'oublions jamais que la haine aveugle n'est pas sourde.

Le Chronicoeur Haineux - Pas Plus Haut Que Le Bord (01/05/2015 au Bazar au Bazacle) © PasPlusHaut QueLeBord

Que de grand bruit pour cette loi de surveillance. Que d'offenses et d'offuscations pour pas grand chose. Car, à bien y regarder de plus près, qui donc, à part ceux qui ont vraiment quelque chose à se reprocher, qui peut bien se sentir observé par un quelconque grand frère, dans ce monde numérique où finalement les moutons sont tout à fait capables de se surveiller entre eux.Toi qui vocifères après cette loi liberticide, ne partages-tu pas des pans entiers de ta vie privée sans même que l'état ou facebook ne te demande rien?
Toi qui crains plus que tout voir poindre la société décrite par le regretté Georges Orwell, ne synchronises-tu pas l'entièreté de tes données entre ton iPhone, ton iPad, ton iMac pour jouir pleinement de la technologie anticonformiste que te fait raquer ta secte à la pomme croqué, et qui te sert à dénoncer les complots judéo-reptiliens?
Toi qui n'a pas passé un seul aller-retour sur les gogues depuis des années sans ton précieux intelliphone, et qui te soulages aussi bien sur céramique signée Jacob et Delafon que sur ta tablette numérique signée Steeve Jobs ou Intel Sempron, laisse-moi te dire que lorsque tu t'acharnes à écraser des friandises, à twitter à ta guise ou à chercher en vain et entre deux plics une formule élégante pour poursuivre cette chronique, tu nous brises les marquises.
C'est un plic c'est un ploc qui me chatouille l'opercule.
Ne vous méprenez pas mes trop chers citoyens cons et pâtissants. Je ne compte nullement railler votre indignation légitime face à ce qui ressemble furieusement à une loi qu'est pas droite, scélérate qui se dilate. Ce serait bien mal venu de ma part car vous savez comme moi que c'est souvent celui qui raille qui l'a dans le train, ainsi que se plaisait à nous le rappeler un certain procureur de la république Desproges française.
En effet, n'allez pas croire un seul instant qu'il faille attendre des lois pour que certaines pratiques soit d'ors et déjà en place.
Ne soyez pas assez naïf pour croire que nos services de renseignements soient assez cons pour nécessiter d'un droit quelconque quand il s'agit de vous connaître mieux que vous-même.
Depuis l'ère de l'homo economicus, objectif clair et principe fondateur du néo-libéralisme, celui qui veut conserver un ascendant quelconque sur qui, ou quoi, que ce soit, se doit détenir l'information nécessaire pour faire valoir cet ascendant. De la bourse de Paris au quai d'Orsay en passant par le Palais Bourbon et Matignon, tout ce petit monde s'échange, outre leur femme et des faveurs, dans le feutré des bureaux Louis XVI, une quantité d'information pour maintenir l'ignorance et les secrets d'alcôve que se doit d'entretenir toute bonne démocratie.
Et s'il en va de même pour la somme sur le compte en banque que pour la quantité de bits, rien d'étonnant à ce qu'un état tente d'avoir la plus grosse. Je dis ça, c'est surtout pour rappeler aux adeptes de l'état fort, quelque soit leur bord de l'aile du chapon politique, tout le danger de se focaliser sur tel ou tel effet de manche de nos Dons qui chient de l'amende chiasse.
Car tandis que nous nous écharpons sur les considérations privatives des libertés individuelles de l'homme des penderies (aussi applé homo paternicus) voilà que ce se sont les libertés collectives d'organisation des travailleurs qui se détricotent inlassablement, au rythme de ces coups d'éclat sur lesquels nous nous ruons tête baissée, sans chercher à comprendre, et parce que tel ou tel glandu qui n'y connait pas plus que nous a dit : "c'est caca boudin!"
Et comment ne serait-ce que blâmer le premier connard venu, qui crie ô génie sitôt qu'un imbécile s'indigne avec sang froid sur l'effroyable banalité du monde? C'est qu'il en faut du temps et de l'énergie pour comprendre les mécanismes politiques consistant à agiter la main droite pour mieux frapper sur la gauche. Et c'est ainsi que la loi Rebsamen sur la fusion des délégués du personnel, du comité d'entreprise, d'hygiène et des conditions de travail sera votée dans l'indifférence générale et le mépris des acquis sociaux. 
Toujours est-il qu'en ce qui me consterne, mais ça n'enrage que moi, si la sécurité, dont tant d'entre nous admettons volontiers vouloir jouir ou assurer pour d'autres, restera le principal élément de contrôle normatif d'une société permettant la liberté des humains à ne penser qu'à leur culte plutôt qu'à leur lutte, alors il ne faudra pas s'attendre à autre chose qu'au cynisme et à l'absurdité des lois renforçant le repli sur soit, l'ignorance et l'ironie be good. Et avec ironie, on peut parler humour. Et l'humour est l'énergie du désespoir.
Or comme l'ont prouvé les camarades de France Inter et de Tisséo, ces dernières semaines :
Idée fixe numéro un,
« L'énergie du désespoir est une énergie renouvelable. »
À bon électeur salut!

Aiphix.

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