Un mot galvaudé "socialisme"

Aujourd'hui les patrons demandent à ce qui s'appelle encore le Parti Socialiste d' accélérer le pacte de responsabilité : donner 30 milliards d'euros aux entreprises et  réduire les  dépenses sociales qui toucheront les salariés avec les plus bas salaires. Ce qu'engage le Parti Socialiste c'est une distribution des richesses absolument inégalitaire qui n'a absolument rien de social sans parler de socialiste.

 Des responsables socialistes nationaux et locaux devraient se préoccuper d' organiser la distibution de l'eau sans laisser cet enjeu d'intérêt général, cet enjeu sanitaire et écologique aux seules entreprises privées.

Des socialistes devraient mettre au coeur des débats la question de la pauvreté aujourd'hui laissée à l'action des bénévoles des organisations caritatives alors que les paradis fiscaux regorgent de milliards de fraude fiscale. Cette extrème pauvreté  est insupportable dans un pays développé qui produit des richesses considérables, des femmes seules travaillent, élèvent des enfants dans des conditions proches de la misère.

Pendant ce temps un organisme tel que la CDC collecteur de fonds pour le logement social se permet de se livrer à la spéculation immobilière, cela toléré par un gouvernement dit de gauche. 

Le socialisme est l'ambition de construire une société où la naissance, l'argent, la propriété ne soient pas les seuls déterminants.

Il est possible de contruire une société basée sur la connaissance, où chacun puisse réaliser ses potentialités humaines dans un cadre collectif, une société où chacun puisse vivre décemment, être créatif et libre. Pour s'appeler socialiste il faut ne pas avoir renoncé à certaines priorités, priorités à la connaissance, à l'échange, au travail organisé sans l'obligatoire subordination qui caractérise le salariat , il ne faut pas avoir renoncé à choisir la citoyenneté contre la sujétion.

Sans l' objectif de résoudre les problèmes les plus criants, sans l'objectif jugé utopique de contribuer à une amélioration de la vie de tous et de toutes, il n'y a plus de progrès possible, il ne reste que" la régression compétitive". La compétition féroce à tous les niveaux qui exige que tout, les biens et les services soient produits au moindre coût. Le moindre coût du travail c' est la misère du plus grand nombre pour une production standardisée, de mauvaise qualité. Cette production et ce travail "compétitif" assurent à la finance mondialisée les moyens de régner et de décider de la vie des humains, de faire une entreprise là, d'en ouvrir une autre là-bas.

Au sortir de cette campagne des municipales où les citoyens ont été appelés à voter pour l'organisation de leur cité, de leur vie quotidienne, ils n'ont pas été invités à dire, à apporter leurs connaissances, à savoir comment leur commune serait gérée. Ils n'ont pas été invités à faire de la politique mais à s'en remettre à ceux qui seront élus et surtout à ne pas parler de projets pour l'avenir, ne rien dire du socialisme ou du communisme.

 Il n'y a aucun débat d'idée, aucune réflexion collective sur la société, et le résultat est là, désespérant !

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