Accord national interprofessionnel, ce n'est pas fini, avant le passage au Parlement, il y a des moyens pour le contester

Apparemment le monde médiatique se résoud facilement à l'instauration de cet accord, alors qu'un accord n'est pas un texte sacré et qu'il peut être contesté avant de devenir une loi.

Une mobilisation et surtout une information sur les conséquences néfastes des dispositions qui font profondément affaiblir les protections des salariés.

Médiapart semble prendre son parti de cet accord qui a beaucoup de mal à être défendu même par ses signataires syndicaux. Dans la case gagnant pour les salariés c'est tellement léger qu'il y a très peu à dire.

Sur la formation,le nombre d'heures du DIF n'a pas changé,  la seule nouveauté est la portabilité dont on n'a aucune idée comment elle sera organisée. Pour les salariés au SMIC et moins du SMIC c'est zéro et c'est très très peu utilisé.

Sur la portabilité des droits à l'assurance chômage la même question se pose et n'est pas évoquée, comment assurer la continuité d'un employeur à l'autre ?

Majoration de la cotisation d'assurance chômage des CDD  pour les salariés en CDD ça ne change rien et pour lutter contre le chômage, il y a de telles restrictions que ça ne changera rien non plus. les employeurs utiliseront toujours l'interim, il feront appel aux contrats intermittents, ils donneront comme motif le remplacement d'un salarié absent. Les motifs d'utilisation du CDD sont vérifiés à postériori quand le salarié saisit les prud'hommes donc cette mesure est plus symbolique que réelle et n'entamera nullement la précarité.

Personne ne se précipite pour défendre cet accord soit-disant" historique" soumis pour l'essentiel a des accords de branche .

Les négociations sont terminées, vu le premier texte soumis à la discussion par le MEDEF, elles n'auraient même pas du avoir lieu. Ce premier texte donnait le ton, les salariés devaient se soumettre au impératifs des employeurs : accepter de sacrifier leur salaire jusqu'à retour "à  bonne fortune" dont seul le patron est juge.

Seuls quelques économistes distingués et autres experts auto proclamés se félicitent de cette signature par "les syndicats", alors que seulement 3 organisations ont approuvé ce texte : la CFTC, La CFDT, et la CGC.

Selon ces experts cet accord ferait entrer la France dans la confrérie de ceux qui ne craignent pas de lever les "tabous"c'est à dire les protections et les droits des salariés pour les  livrer à la flexibilité, au licenciement facile, et quelquefois, hélas à la rue. Après on peut verser des larmes de crocodile sur la pauvreté et faire du caritatif de dame patronnesse. Cet accord serait un signe de "fluidification du dialogue  entre partenaires sociaux . Qui a pris la peine d'expliquer en quoi consistait cette sécurisation de l'emploi et de consulter les salariés sur ce qui les concerne au premier chef ?

Ce serait intéressant que Mediapart relance le débat sur le contenu des accords

 

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