Le patronat a obtenu un superbe cadeau ; celui de ne plus cotiser à la caisse d'allocation familiale, c'est quand même inespéré venant d'un gouvernement de gauche,
Monsieur Gattaz nouveau chef du MEDEF a bien précisé qu'en contrepartie il n'y aurait rien et que le million d'emploi c'était pour rire. Hollande y a cru. Il a parlé d'un observatoire de l'emploi. Pas de ça chez nous, on ne va quand même pas surveiller les patrons comme de simples ouvriers. Vous vous rendez compte du stress! de quoi se suicider comme un agent de France Télécom.
Non seulement il ne veulent rien lâcher mais ils en redemandent, il leur faudrait des salariés gratuits.
Il semble qu'une réforme des règles de liquidation judicaire soit en cours mais elle concerne surtout les entreprises sans salarié où la procédure sera simplifiée.
S'il y a un domaine où il y aurait besoin de transparence c'est bien celui là.
Qui décide d'une liquidation judiciaire ? selon quels critères ? Quand un ou plusieurs salariés ne sont plus payés par leur employeur, ils doivent demander la liquidation au Procureur de la République qui fait suivre au Tribunal de commerce du lieu de l'entreprise. Tribunal de commerce constitué de commerçants et industriels. Les salariés des entreprises concernés par une liquidation doivent se signaler si leur patron ne les a pas désignés comme créanciers. Trés souvent les salariés doivent passer par les prud'hommes pour faire reconnaître leurs créances afin que le liquidateur et les AGS (assurances sur les salaires) veuillent bien débloquer les fonds pour se substituer à l'employeur pour les payer.
Avec les manoeuvres dilatoires des avocats des liquidateurs, ça peut durer des mois pendant lequel le salarié est privé de sa rémunération. Tout ce monde perçoit de bons appointements pendant que le salarié, sous-traitant d'une entreprise de bâtiment dont le patron voyou a pris la clef des champs, attend son salaire impayé. C'est une justice particulièrement inégalitaire, et pouquoi ne pas le dire, une justice de classe. Personne ne parle de tout cela comme s'il s'agissait d'un monde à part, un monde qui fonctionne dans l'interêt bien compris des employeurs et de ceux les entourent.
Monsieur Montebourg avait fait un rapport sur le sujet et souhaitait l'intervention d'un juge dans les procédures mises en oeuvre par les Tribunaux de commerce, ça s'appelle l'échevinage. Bien sûr les patrons y sont très opposés, ils ne veulent pas d'élément extérieur à leurs affaires. Ce rapport a certainement fini au panier en attendant les liquidations judiciaires connaissent un rythme croissant avec des salariés jetés à la rue, très souvent sans l'attestation pôle emploi qui leur permettrait de percevoir les allocations chômage.
Le stress de Monsieur GATTAZ, ça fait la une des médias, le stress et la colère du salarié dont le patron à mis la clé sous la porte sans prévenir, qui n'a plus de boulot, qui n'a pas eu son dernier salaire, ça ne fait pas le buzz , personne n'en parle.
Dans le silence, tous les jours des salariés voient leurs droits bafoués, ils se retrouvent dans un dédale de procédures dont seuls les initiés ont les clefs. Si le salarié "liquidé" ne peut pas bénéficier de l'aide juridictionnelle, s'il ne peut pas se payer un avocat, s'il n'est pas défendu par un syndicat, il a peu de chance de récupérer son du.
Et le MEDEF se plaint de la judiciarisation du droit du travail ! ça serait tellement mieux si les salariés n'avaient rien à réclamer !
Le gouvernement non seulement déçoit ses électeurs de gauche mais il se ridiculise à donner des gages, à faire de somptueux cadeaux à des gens qui se gavent sans scrupules et se moquent comme d'une guigne de la montée du chômage qui satisfait leur but , baisser le coût du travail.
On ne fait pas un pacte de responsabilité avec un MEDEF qui montre chaque fois que son premier souci n'est pas la cohésion sociale, un MEDEFqui ne se soucie pas de formation professionnelle pour préparer l'avenir, un MEDEF qui continue d'utiliser la précarité comme variable d'ajustement ,un MEDEF qui soutient les entreprises qui licencient à tour de bras sans se préoccuper des conséquences pour les familles, pour les régions.
Ce n'est pas ce pacte que les électeurs de gauche attendaient, il auraient voulu un pacte où la pénibilité du travail soit reconnue vraiment, un pacte qui propose des plans de véritable formation professionnelle, un pacte où les salariés aient un droit de regard sur l'avenir de leur entreprise.
Main non c'est trop stressant pour le sieur GATTAZ, il nous ferait une déprime