Le grain du pauvre pour la vache du riche

Pour sauver l'Amazonie, il ne suffit pas de dénoncer l'incurie de Bolsonaro, il faut aussi changer nos modes de production et de consommation alimentaires.

Malgré quelques inflexions, .les européens que nous sommes  continuent de manger de la viande à s'en rendre malades. Et avec quelles protéines sont nourries les vaches, les veaux et les porcs qui remplissent nos assiettes? Avec, entre autres,  des tonnes de soja produites au Brésil. Notamment sur des terres déforestées d'Amazonie.

Fin 1981/ début 1982, avec Frères des Hommes et Terre des hommes j'avais animé une campagne: "le grain du pauvre pour la vache du riche". Quelques 300 groupes locaux, douze  heures de reportage télé produites avec la complicité de  B. Langlois et Noel Mamère, des centaines d'articles dans les journaux (y compris Le monde) et aussi le climat suscité par la récente victoire de Mitterrand  avaient un peu secoué la torpeur de nos compatriotes : à Lille, Epinal et ailleurs, des consommateurs avaient organisé des repas sans viande. Nous avons fait de  l'éco socialisme avant la lettre! Même si la FNSEA, l’Agroalimentaire et   de beaux esprits  genre Pascal Bruckner n'avaient dans tout cela vu que d'inutiles "sanglots de l'homme blanc".

Monsieur Macron, préserver le poumon de notre planète, c'est aussi révolutionner en profondeur nos modes de production / consommation alimentaires  ici, chez nous , en Europe. Cette interdépendance, à l'époque on parlait de mal développement, a été documentée et mise en scène,  il y a plus d'un quart de siècle. Si aujourd'hui l'Amazonie continue de brûler,  c'est aussi parce  que depuis,  les "décideurs" de chez nous, vous en êtes un,  n'ont rien voulu changer.  

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