Jeu de massacre!

Dans mon enfance, à la kermesse paroisiale et à la fête votive, les organisateurs disposaient une table ou une étagère sur la quelle ils construisaient une pyramide avec de vieilles boites de conserve. Armés  de 3 balles  confectionnées de vieux chiffons, nous étions invités à nous poster à quelques métres de là  pour l'abattre; le gagnant était celui qui avait fait place nette. Ca n'était pas facile.

Je ne crois pas que Mélenchon souhaite la victoire de Marine. Il veut juste que la dernière boîte qui va rester sur l'étagère soit le plus amochée possible.  Ne serait ce que pour montrer que Macron  ne fait dèjà plus le poids.

C'est le choix du chef de la france insoumise. Mais c'est un choix  dangereux. Parce que l'issue de la présente élection présidentielle n'est pas jouée d'avance. Et parce qu'il est des simplifications fatales.

L'histoire a souvent montré qu'en  présence d'un péril totalitaire, la tentation est forte de toujours répéter  qu'en face d'une menace aussi mortelle,  l'extrêmisme opposé est le seul admissible. Chercher des alliés pour le vaincre, c'est dèjà signer ou préparer sa propre défaite.

Quand Pinochet m'a menacé de mort, j'ai quitté le Chili et fait en France de nombreues conférences. Dans l'assistance, il y avait toujours quelqu'un pour affirmer qu'en France aussi, c'était le fachisme qui était au pouvoir. Et ça me mettait hors de moi: "Non, mon cher ami, vous ne savez pas ce que vous dites, entre Valèry Giscar d 'Estaing et Pinochet, il y a  une différence."

Oui, il y a une diffèrence.Il ne faut pas que la dernière boîte qui restera sur l'étagère soit le plus amochée possible.

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