Charles Peggy

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Billet de blog 17 mars 2019

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Deux ou trois flashes à propos du mouvement des GJ

... sur l'élan, et la guerre médiatique en cours.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

-  Nul ne sait si nous écrivons, par notre présence dans les rues, une page de l’Histoire, un avorton de brouillon bâclé qui finira à la corbeille, ou pire encore l’acte de décès définitif de notre démocratie agonisante, comme certains le prétendent; mais ce qui nous semble certain, c’est que nous sentons un élan en nous, et que nous ne pouvons plus cesser d’écrire sur cette page blanche, de plus en plus gros, avec nos pieds, avec nos mains, avec nos cris. Cela nous dépasse, et nous ne pouvons plus rester chez nous, le seul endroit où nous sommes bien c’est dans la rue, même si nous ignorons totalement ce qui en sortira, on vous l'accorde. Trop de choses nous ont été infligées. Les regards vers l’autre que l’on nous avait conditionnés à baisser ont réappris à se croiser.

- De ce qui est dessus découle que nous nous refusons à gober —et même à lire— les analyses « à trois coups d’avance » que décodent généreusement pour nous les habituels salonnards commentateurs-de-post se prétendant détenteurs de la vérité. Personne ne peut prédire, ni dans un sens, ni dans l’autre. Ce débat est clos. De ce sujet, je ne lis plus que ce qui se rapporte au présent.

- Il y a trois semaines, côtoyant un traîneur de rue dans un cortège, il m’expliquait que nous nous trompions de mode d’action pour la vraie révolution, qu’il faudrait que nous investissions en masse une supérette et que nous emportions toute la nourriture avec nous. Repu à ma convenance de mets choisis et délicats, me trouvant là pour la justice et le RIC, j’ai réalisé à quel point notre élan était divers mais paradoxalement commun aussi. Au moment où le hasard de nos pas nous séparait dans le cortège il m’a proposé l’accolade en frère. Je l’ai acceptée de bon coeur. C’était la première fois de ma vie que ma personne dite CSP++ touchait physiquement un gueux. A presque 60 balais.

- La guerre médiatique fait rage des deux côtés. Ils ont BFM, nous avons des millions et des millions de séquences vidéo. De plus en plus de sympathisants, de curieux ou même de simples badauds ont accès à ces deux faces de l’information. Il se pourrait que la balance penche peu à peu de notre côté et qu’involontairement, par le nombre et le hasard des séquences glanées, nous remportions cette bataille. Finalement la soif ambiante de buzz et de viral joue en notre faveur, car la moindre séquence contextualisée sème un doute irrémédiable. Des séquences comme celles ou un CRS pille des T-shirts du PSG et les fourre dans son sac, ou le montage de 24h Pujadas sur l’ONU, ou encore beaucoup d’autres, sont potentiellement ravageuses. J’ai adoré le micro-trottoir d’une parfaite inconnue qui se transforme peu à peu en une harangue crescendo et structurée, digne de Hyde Park Corner (voir ici, de 4:58:50 à 5:01:40), le journaliste, visiblement, ne s'attendait pas à de telles envolées. J'espère qu'elle deviendra virale.

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