Rassemblements privés : on n’interdit pas mais on condamne

Je fais partie des gens qui ont fêté leur mariage en cette année 2020 pas comme les autres. Condamnable de faire la fête en cette période troublée ? Cessons de dénoncer des « comportements irresponsables » et donnons la possibilité d’annuler ou reporter sereinement les mariages ou tout autre rassemblement privé.

Janvier 2020, envoi des faire-part pour la fête de mariage qui aura lieu le 29 août suivant. Février 2020, on commence à entendre parler d’un nouveau virus. Mars 2020, confinement. Comme beaucoup, nous avions choisi 2020 pour notre mariage, ce chiffre double et rond nous semblant particulièrement propice. Comme beaucoup, nous avons hésité, tremblé, mais avons fait partie des chanceux qui ont pu maintenir la fête.

Je lis sur les réseaux sociaux de nombreux témoignages qui condamnent l’organisation de tels rassemblements. Si je comprends le fond de leurs craintes, il y a certains éléments non négligeables dont il faut tenir compte. Un mariage ne s’annule ou ne se déplace pas facilement. En effet, puisque les mariages sont à nouveau autorisés par le Gouvernement, une annulation pure et simple entraîne des coûts liés aux prestataires (qui peuvent atteindre la somme totale de la prestation pour certains). Quant à reporter, pour quand ? Les mariages de printemps déplacés cet automne ne sont pas mieux lotis puisque la 2e vague pointe son nez... et 2021 est déjà pleine des reports de 2020.

Une tribune écrite par un médecin généraliste publiée lundi dans Libération prône d’éviter les rassemblements familiaux, mais ne souhaite pas une interdiction formelle. A contrario, cette dernière permettrait de fournir un cadre clair entre ce qui est autorisé ou non et faciliterait surtoutune annulation de fêtes prévues de longue date et entraînant de lourds frais d’organisation.

Cessons de dénoncer des « comportements irresponsables » et donnons la possibilité d’annuler ou reporter sereinement les mariages ou tout autre rassemblement privé.

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