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Billet de blog 6 novembre 2013

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Le militantisme jelly’s

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Qu’est-ce qu’une jelly ? C’est un truc tremblotant, transparent et peu appétissant. Ça se fabrique avec du jus de fruit, du sirop, de l’eau et un gélifiant, qui peut être de la gélatine alimentaire ou de l’agar agar.

Et bien nos crispations idéologiques, en France, me font penser à des jellys, dont les liaisons covalentes seraient à ce point efficaces, qu’une truelle s’ébrècherait à vouloir les entamer. Les électrons sont copains comme marrons dans la coque.

Il y a des jellys rouges, vertes, roses, oranges, bleues (au Curaçao), et même noires (à une célèbre boisson à base de cola). Toutes mes petites jellys sont biens rangées dans un joli plat, elles forment une ronde assez esthétique. Si on essaie de les marier, elles se cognent, elles frémissent, se déforment, s’entrechoquent, voire tentent de s’aplatir l’une l’autre, mais à la fin, elles reprennent leur forme et leur position. Que la rouge essaie d’écrabouiller la rose parce qu’elle déteste la noire n’y change rien. La jelly est imperturbable, elle finit toujours par se retrouver comme à son origine : sortie vierge de son moule à charlotte.

Pendant que les jellys rêvent à des lendemains qui chantent, le monde change. Le discours jellyment correct regarde vers hier, la marche du temps se tourne vers demain.

Il y a quelques semaines, j’ai été entendre une conférence d’un Monsieur qui s’appelle Marc Luyckx Guisi. Un homme impressionnant, ce monsieur Luyckx. Expert puis généraliste, dans cet ordre-là, il a travaillé pendant 10 ans avec Delors, dirigeant une cellule de prospective.

En substance il a évoqué le fait qu’une crise pire que celle de 2008 nous attend… Réjouissant ! Que nous sommes en train de changer de civilisation et qu’il faut encaisser le choc. De l’ère industrielle à la société de la connaissance. Et que ce sera une révolution au même titre que ce moment de l’Histoire où nous sommes passés de l’ère agraire à l’ère industrielle. Ou encore du Moyen-Âge à la Renaissance.

Puis, il a évoqué sa vision de ce que pourrait être demain. Cette vision a eu l’heur de « réenchanter » mes réflexions. Parce que la morosité agressive qui sévit, elle me met la joie en berne. Pour résumer, voici les points principaux de son analyse prospective :

  • La personne humaine remplace déjà l’outil industriel, elle est l’outil.
  • Le rôle du chef d’entreprise est de favoriser la créativité.
  • Le management se centre sur l’humain dans l’entreprise.
  • C’est la machine qui est soumise à l’humain, et plus le contraire. En effet, dans une société industrielle, c’est l’homme qui sert la machine.
  • Les instruments de mesure, d’évaluation ne sont plus quantitatifs (productivité) mais qualitatifs.
  • Au-delà des brevets : l’open source. En effet, comment déposer des brevets sur les biens immatériels que sont les connaissances ?
  • Fin des organisations pyramidales qui écrasent l’humain. Les réseaux prennent la relève.
  • On capitalise sur la diversité, celle du genre, mais aussi sur l’interculturel.
  • La croissance est qualitative et, surtout, soutenable pour la planète.
  • La circulation rapide de l’information va forcément favoriser la transparence et l’éthique.
  • Le nouveau processus de création de valeur, c’est la connaissance.

Il a appelé ça : surgissement d’un nouveau monde, et il en a fait un bouquin (qu’il faut que je lise…).

Alors, je vais être claire, je n’ai pas les compétences pour évaluer l’ensemble de ce discours. Mon champ professionnel est surtout la formation de l’adulte, et je constate que ce qu’il décrit correspond aux besoins que je vois émerger.

Mais pour en revenir à mes jellys, elles se battent pour retourner à l’ère industrielle. Alors que l’avenir est sans doute dans l’évolution, le changement de paradigme économique.


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