Adessas !

Le dernier billet… J’ai pas eu le temps de mettre à chacune, chacun un petit mot. Vous ne m’en voudrez pas.

J’ai eu la tentation, avant de partir, de régler quelques comptes… Que cela m’a paru puéril dérisoire, et mesquin, tout d’un coup ! Après cette petite mise au point, et en lieu et place d’une longue et triste litanie ou autres récriminations bougonnes, je laisse la place, et la voix, à l’un de mes petits personnages futiles… Et je pars de ce pas présider mon bureau de vote.

B'jour, je suis une crétine. Des fois, je suis cuisinière. J'expérimente, je crée, des plats, des pâtisseries, des sauces. J'imagine avec ou sans livre de recettes. Même que des fois, on mange pas. Youps !

Les deux autres morceaux de moi, la Rêveuse et la Spirituelle, è disent que ma tambouille elle est dégueu. C'est même pas vrai. Z'ont pas le palais exercé à de nouveaux parfums. C'est tout.

Bon, des fois, on va se présenter un peu, parler de nous trois, même si nous trois, c’est moi, histoire de faire connaissance. Faut ça, nous on arrive ici et on sait pas comment ça marche. On voudrait bien avoir plein de copains (et de copines Youps !).

La Rêveuse et la Spirituelle, è z'ont dit que j'étais le clown, je suis la Farfelue... oui, mais pas que. C'est vrai, je fais des blagues, je fabrique des tas de choses qui servent à rien, je raconte des tas d'anecdotes qui me sont pas arrivées, et elles, des fois, è se font pipi dessus (pipis d'anges parce qu’on est toutes mignonnes Youps !). C'est vrai. Mais aussi j'écris des histoires, je fais des livres de cuisine, je note toutes mes astuces pour effacer le cambouis ou le jus de tomate sur nos blouses.

J'ai pô un gros nez rouge, je suis une fendue (une vraie, avec tout l'attirail qui fonctionne bien, même que j'aimerais bien arrêter de m'en servir en solo si vous voyez ce que je veux dire Youps !).

Je suis grande, dodue, j'ai des yeux très noirs et je ris tout le temps. Aussi, j'ai des jolies mains et des pieds égyptiens. Je cours vite mais je saute pas haut, enfin, ça dépend des jours. Une fois je me suis sautée, c’est à dire que j’ai sauté aussi haut que moi, faut pas penser mauvais ! Quand j'étais petite, j'ai fait de la boxe, mais comme je prenais toujours des coups, j'ai changé de sport, maintenant je fais du tricot et je joue à la belote. J'ai essayé le bridge mais je veux pas faire le mort, ou la morte, alors y paraît que c'est pas possible. Youps !

Sinon je suis fine alphabétisée (dans ma famille y disent que je suis une Zintélo, connais pas ce Môssieur). J'ai beaucoup lu : les œuvres complètes de Pierre Desproges, le grand Devos illustré, les textes philosophiques de Pierre Dac… Les comptes de la folie ordinaire Youps ! Nan, ça c’est les tas de la France, pas de la Littré rature. Et j'en oublie sûrement. Mon Dieu à moi, c'est quand même Devos. J'ai été toute triste quand il a pris le chemin du pays d'en haut.

Je sais pas trop quoi dire de plus pour aujourd'hui. Faut que j'aille écrire la recette du poulet confit que je vous confie.

Recette du poulet confit

Pour faire un poulet confit, pour environ deux gros mangeurs ou quatre pinailleurs, prendre une bête de 1kg250 (+/- 10 grammes). Je tiens à attirer votre attention sur le nécessaire respect des quantités indiquées dans mes recettes, sinon, pour sûr, ça foire. Youps !

Donc, vous zavez un poulet bien dimensionné, faut le plumer si c’est pas déjà fait. Pour plumer un poulet, c’est facile. Vous allumez le gaz, mettez la flamme au maximum et vous grillez le poulet sur la flamme, les plumes elles partent toutes seules après. Attention les doigts. Si vous zavez que des plaques électriques, forcément, c’est moins simple. Youps !

Une fois que vous zavez plumé le bestiau, faut l’enduire. Mais pas d’huile de vidange (j’ai essayé une fois, c’est pas top). Prendre une bonne huile, par exemple de l’huile de coude première pression à froid et pis bien masser, longtemps pour que ça pénètre. En principe les dames elles savent bien faire, faut masser comme avec une crème anti-rides (mais pas la crème sur le poulet hein !).

Après faut rouler la volaille dans des épices, ce que vous voulez, mais pas dans du sucre, ça c’est une autre recette (le poulet confiture).

En attendant, vous zaurez mis chauffé le four à température 80° (thermostat le plus bas possible). Quand le poulet, il est bien massé, vous pouvez le mettre dans le four.

Après il faut aller chercher vot’belle sœur à la gare un jour de grève des trains. Et oui, c’est une recette pour les grands jours et si vous aimez vot’belle-sœur (j’ai une recette pour ceux qui zaiment pas leur belle-sœur, mais ce sera une aut’fois).

Quand vous revenez, quatre ou cinq heures plus tard, le poulet y lait confit, il est laid le poulet. C’est une grosse peau dure sur les os. Mais qu’est que c’est bon ! Youps !

Adessas ! Je vous aime les gens

 

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