Honteuse répression à l’hôpital Avicenne

Je ne pensais pas ré-écrire aussi vite, mais me rendant au rassemblement à Avicenne pour demander plus de moyens pour l'hôpital, je suis accueillie par des vigiles et des membres de la direction qui refusent de me laisser entrer. Ce n'était que le début. Sympa, le monde d'après...

Honteuse répression à l’hôpital Avicenne

Jeudi 11 Juin. Pour le 3e jeudi de suite, les personnel-les de l’hôpital Avicenne de Bobigny se sont mobilisés à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, Sud Santé pour demander moyens et salaires. Une nouvelle fois, c’est la répression qui a été au rendez-vous. La direction de cet hôpital qui dépend de l’AP-HP avait sorti le grand jeu : filtrages des entrées, policiers et vigiles dans l’hôpital, pointage par des membres de la direction (a priori liés aux ressources humaines) des manifestant-e-s.

C’est violent à voir cette répression parce que Avicenne a été sur le devant de la scène pendant les mois du COVID. Le 18 mars, E. Macron était même allé soutenir les personnels de cet hôpital. C’était l’hôpital témoin de la situation critique du 93. C’était aussi l’hôpital témoin de l’échec de l’Etat, c’est peut-être ça que la direction ne veut pas laisser dire…

Si la direction avait écouté les discours depuis trois semaines, elle aurait peut-être entendu les témoignages des internes, médecins ou infirmières en pleurs. Elle aurait peut-être entendu ces histoires de soignant-e-s qui n’ont pas touché leur femme ou leur mari durant deux mois pour les contaminer. Elle aurait peut-être entendu tous ceux et celles qui disent qu’ils vont partir.

Si la direction n’avait pas envoyé ses chiens de garde filtrer les entrées en demandant à voir les convocations, à vérifier les personnes qu’on venait à voir, elle aurait peut-être pu écouter la détresse des usager-usagères, qui viennent se faire soigner ou visiter un proche.

Elle aurait peut-être aussi entendu la solidarité qui s’exprime d’autres professions.

Mais la direction a fait en sorte que les soutiens soient laissés à l’extérieur de l’enceinte de l’hôpital pour isoler les personnel-le-s en lutte et leur faire peur.

Durant le rassemblement, j’ai entendu un policier dire « Tu vois, un méga [mégaphone] dans un hôpital, ça me choque. Enfin, les gens sont là, malades, ils veulent se reposer et elle gueule dans son méga. » Chacun trouve ses justifications où il peut… Quand les personnels chantés « on est là », les représentant-e-s de la direction chantaient aussi pour se moquer. La honte n’a pas de limites.

J’ai honte pour eux. Parce que ce qui me choque et me met en rage, moi l’usagère :

  • C’est qu’on puisse encore plus maltraiter les personnels soignant-e-s.
  • C’est qu’on refuse d’entendre et satisfaire leurs revendications.
  • C’est qu’on se moque d’eux et elles ouvertement.

Mais ce qu’il s’est passé a aussi un impact sur les usagers. Nous ne pouvons laisser faire le fait que :  

  • A l’entrée d’un hôpital, on demande sans respect de l’intimité et des difficultés de chacun-e- : « Pourquoi vous êtes là ? ».
  • Qu’on ne s’interroge pas sur le fait que ce type de maltraitance n’arrive que dans les hôpitaux de pauvre. Ces membres de la direction ont-ils leur famille hospitalisée ici ?
  • La maltraitance envers le personnel a un impact sur les usagers. Un soignant mal dans son travail ne peut être le meilleur soignant possible pour le patient.

Tous vos vigiles et vos policiers n’y feront rien.

  • Nous voulons plus de lits, nous voulons des moyens, nous voulons des vrais salaires pour les soignant-e-s.
  • Nous voulons des hôpitaux accueillants et digne de ce nom, défaits des questions de rentabilité.

Soyons tous et toutes présent-es le 16 Juin dans la rue. 11h45 devant l'hôpital Avicenne pour un départ collectif.

Le contact du collectif des usagers 93 : usagers93@protonmail.com

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