Le pouvoir des travailleuses

Mercredi 25 mai, 7h50 sur France Inter, Léa Salamé et Patrick Cohen déversent leur furie de l'ordre contre Philippe Martinez, pourtant modéré patron de la CGT. Martinez n'appelle pas au blocage du pays.

Mercredi 27 mai, 7h50 sur France Inter, Léa Salamé et Patrick Cohen déversent leur furie de l'ordre contre Philippe Martinez, pourtant modéré patron de la CGT. Martinez n'appelle pas au blocage du pays. Il veut qu'on discute du fond du texte et que le gouvernement recule. Il ne crache même pas sur les déclarations scandaleuses du patron de la CFDT, qui veut maintenir le texte. Martinez, c'est sûrement un jeu un peu quand même, est mesuré dans ces propos. Il prévient : « ce sont les salarié-e-s qui décident dans les AGs ». Sous-entendu si les travailleurs d’EDF veulent bloquer, ils bloqueront.

Mais Salamé insiste, son disque est rayé. N'y aura-t-il plus d'électricité ? Allez-vous bloquer l'Euro ? Elle se heurte à un refus de répondre à ses questions. Martinez tient bon. La journaliste demande alors : « Qui a le pouvoir dans ce pays ? C'est la CGT ? » D'où vient cette question ? Pourquoi la pose-t-elle ? La réponse de Martinez est polie « le gouvernement, qui doit retirer la loi ».

Or non, ce n'est pas le gouvernement qui a le pouvoir dans ce pays et dans le monde. Si preuve il y avait besoin, la voici : le pouvoir ce sont les travailleurs et les travailleuses qui l'ont. Le patron de Total peut menacer, mais sans les travailleurs, il n'est plus rien. Contrairement à ce qu'ils prétendent, les Macron, les Gattaz, les Juppé et les Valls, l'inverse n'est pas vrai. Tout comme le courrier s'arrête quand il n'y a plus de postiers. Les flux sans les camionneurs. Le théâtre sans les intermittents… Tout comme l'éducation n'est plus rien sans les profs ou le travail social sans les assistantes sociales. Les profs de facs sans les étudiant-e-s. Et même le texte sans l'écrivain.

Certes il y a des secteurs plus visibles car à l'origine de productions plus nécessaires dans l'actuelle société. Les raffineurs et les agents EDF sont en train de le prouver, mais cela demeure une vérité universelle. N'importe quel groupe de travailleuses qui s'arrêtent montre qu'il a du pouvoir, qu'il a le pouvoir. Les policiers aussi, la répression n'est rien sans eux. Hollande fera-t-il lui-même la chasse aux manifestant-e-s matraque à la main ? Cette grève rappelle en grandeur nature l'importance de ceux et celles qui ont vraiment les mains dans le cambouis. Il était temps. A nous maintenant de le dire clairement et en pleine conscience. Nous avons le pouvoir !

Et d'en tirer les conséquences : pour changer la vie, il faut changer le travail.

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