Qui a peur de l’antiracisme ?

Qu’est-ce qui se passe quand des écrivains bouleversent le grand récit universaliste français ? Ou mieux encore, comment le bouleversent-ils ?

L’antiracisme n’est pas une menace pour l’état. Il cherche à rectifier et réparer, pas à terroriser et détruire. Pourtant on ne le saurait pas, à considérer ce que le gouvernement de Macron en France fait ces six derniers mois. Au milieu des manifestations contre le racisme et les violences policières pendant l’été 2020, Macron a comparé les chercheur·es universitaires—ceux qui enquêtent sur la race ou le racisme—à des mineurs sélectionnant un filon à fouiller, dont le débouché “ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux.” [1] 

Pourquoi l’antiracisme menace-t-il tant Macron et sa version de la République française? Autrement dit : quand un état accuse des défenseurs de justice raciale de menacer les valeurs de la république, qu’est-ce que cela nous révèle sur l’état et sur ces valeurs républicaines ? Et, qui plus est pour la France : l’antiracisme et l’universalisme français peuvent-ils se réconcilier ? [2]

Répondre à cette dernière question nécessiterait une nouvelle approche, celle qui reconnaîtrait que le grand récit de l’universalisme français est tout simplement un récit : une histoire qu’on raconte. Il nécessiterait une approche qui exige qu’on fasse ré-sonner les nombreuses autres histoires réduites au silence par l’universalisme français. [3]

De nouvelles oeuvres francophones en traduction nous fournissent une approche—une pratique—pour troubler le récit universaliste français. La Belle Créole de Maryse Condé se déroule en Guadeloupe contemporaine, un département français d’outre mer qui a marqué l’actualité récente suite aux révélations de l’autorisation du gouvernement français de l’utilisation du pesticide toxique chlordécone. Les crises personnelles du personnage principal—ses traumatismes passés non résolus et sa situation difficile présente—se reflètent dans l’écosystème, l’économie, la politique et la société (post)coloniaux de la Guadeloupe à la fin du XXe siècle. 

The Wombs of Women: Race, Capital, Feminism de Françoise Vergès raconte une histoire réduite au silence par la violence républicaine française : des avortements et stérilisations sans consentements des femmes pauvres dans le département d’ouvre mer de la Réunion. Vergès raconte l’histoire de la violence racisée et récente de la république française et son rapport avec l’histoire française de l’esclavage et du colonialisme.

 Enfin, The Haitians: A Decolonial History de Jean Casimir est une histoire et un traité méthodologique fondé sur une compréhension du projet universaliste français comme étant inextricablement entrelacé dans son histoire de conquête et de civilisation raciste et coloniale. La lecture décoloniale de Casimir fait “chavirer” le récit colonial autodéterminant de l’universalisme français (“dans son intarissable discours d’adulation de soi”) pour raconter une histoire des Haïtiens. L’histoire de Casimir réinterprète des événements majeurs dans l’histoire postcoloniale d’Haïti afin de faire surface à des façons d’être, de savoir, et d’exister en dehors des catégories conceptuelles dominantes de l’Occident.

Pris ensemble, ces ouvrages attestent de la pluralité d’autres vécus—d’autres conséquences vécues—de l’idéal universaliste français. Chaque ouvrage se collète avec les conséquences de vivre avec le récit autodéterminant, satisfait de soi, de l’universalisme français : des conséquences qui se manifestent par les corps des sujets et citoyens français non-blancs, et par les corps des femmes surtout.

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En citant l’idéal universaliste français, Macron a jugé l’antiracisme comme un danger anti-républicain pour l’état. Mais pourquoi la France parait-elle spécifiquement menacée par l’idée de l’antiracisme ?

La logique tordue est la suivante : l’idéal universaliste français est aveugle à la couleur et ne reconnaît pas les identifications raciale, religieuse ou ethnique. S’il n’y a pas de place dans la République pour la race, le racisme ne peut pas exister. Ces présuppositions permettent aux représentants de la République de conclure de manière syllogistique la chose suivante : ceux qui revendiquent l’existence des problèmes liés à la race en France inventent, gravement, une séparation là où il n’en a pas. Ainsi, selon de tels représentants, revendiquer l’existence du racisme est menacer “les valeurs de la République.” Suite à cette logique, l’antiracisme et le républicanisme français sont incompatibles au mieux ; au pire ils sont aux prises d’une bataille à somme nulle dans laquelle l’avenir de la nation est en jeu.

Et pourtant la vision de l’idéal républicain de Macron s’écrase contre la réalité des manifestations contre l’injustice raciale qui ont eu lieu en été 2020 en France et à travers le monde. Si la mort de Georges Floyd aux mains des policiers à Minneapolis a déclenché les manifestations, celles-ci sont endogènes et personnelles : depuis 2016, des activistes en France protestent contre la mort d’Adama Traoré aux mains des policiers. La mort de Floyd n’a servi qu’à soutenir ce mouvement antiraciste et ses demandes en justice raciale. 

Comme on pouvait s'y attendre, les chercheur.es académiques ont essuyé des critiques à la suite des manifestations : en privé Macron a accusé les universitaires d’avoir encouragé “l’ethnicisation de la question sociale” en privilégiant les enquêtes centrées sur les questions raciales. Dans l’intervalle, des représentants du gouvernement ont accusés les universitaires d’avoir importé l’antiracisme des Etats-Unis [4], une inculpation basée sur la logique que l’identification raciale—et donc l’antiracisme—ne peuvent pas être français. Lors de la discussion générale du projet de loi contre le séparatisme “confortant le respect des principes de la République,” la députée Annie Genevard a décrié les mouvements “puissants et destructeurs”  -- “le décolonialisme, le racialisme, l’indigénisme, l’intersectionnalité” -- dans les universités françaises comme une menace à la république. 

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La traduction de The Haitians:  A Decolonial History de Casimir (qui a paru en français sous le titre Une lecture décolonisée de l’histoire des Haïtiens) est moment tournant : des lecteurs anglophones peuvent alors accéder à une approche nouvelle et vaste à l’histoire d’Haïti—et du monde—écrit par un universitaire éminent haïtien. D’après Casimir, “Cette étude est destinée à ceux qui souhaitent écouter le peuple haïtien pour saisir ce qu’il est en train de dire, cette parole que l’on arrive à peine à deviner parce que le monde moderne l’emprisonne dans la culture dominante et dans son écriture du passé pour faire croire qu’elle n’existe pas.” Comme indiqué dans le titre originel, l’oeuvre de Casimir (traduite assidûment du français par Laurent Dubois) n’est pas tant une histoire d’Haïti qu’une méditation sur “la beauté de la victoire irrécusable du peuple souverain.” [5]

The Haitians ne se limite pas aux Haïtiens ; elle fait la lumière sans pitié sur la France. Si l’idéal universaliste républicain est un récit écrit pour maintenir une réalité qu’elle-même a créée et imposée, The Haitians est une pratique de lecture, pour regarder et écouter autre chose: la multiplicité d’autres réalités issues de la résistance des Haïtiens au pouvoir colonial de France. 

Casimir vise à raconter la victoire des Haïtiens sur la “colonialité,” un concept qu’il élabore d’après le sociologue péruvien Aníbal Quijano. La colonialité, liée aux concepts de modernité, progrès, savoir, et pouvoir, fait référence aux structures de puissance eurocentriques et racisées  créées par l’Occident au début du 16e siècle.

Pour Casimir, la victoire des Haïtiens sur la colonialité a été rendue possible par de nouvelles réalités et formes d’existence qu’ils ont inventées. Dans les derniers chapitres du livre, Casimir décrit ces formes d’existence, puisées dans les traditions afro-descendantes et modes de vie rurales, ce qu’il définit comme la contre-plantation. Ces autres modes comprennent les marchés ruraux, les bourgs-jardins, les lakou, la famille et surtout la femme que Casimir identifie comme étant le “pivot” et l’“axe” de la famille et les “responsables premières de l’existence humaine.”

Quoique Casimir avoue qu’il est arrivé au langage de modernité/colonialité/décolonialité à travers Quijano et d’autres chercheurs et institutions en Amérique latine et aux Etats-Unis, il fait bien comprendre que les Haïtiens s’engagent dans une pratique décoloniale depuis leur naissance même : “je découvre que je suis peut-être à la recherche d’un chemin que mes compatriotes arpentent patiemment depuis deux siècles déjà.” 

Ce thème de découverte des réalités déjà existantes, de savoir comment voir, écouter, lire à rebours,—en travers de la colonialité, en travers des récits occidentaux du savoir et du pouvoir—se trouve au coeur de sa lecture décoloniale des Haïtiens. Raconter les histoires qui ne se racontent pas dans l’Occident, des histoires qui font partie des grands récits inventés que Michel-Rolph Trouillot a jugé “des universels Nord-Atlantiques,” c’est ce qui rend si puissante et si révolutionnaire l’oeuvre de Casimir. [6]

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C’est précisément les histoires qu’on ne raconte pas dans le grand récit du républicanisme français—et plus exactement l’existence de ce silence—qui animent l’oeuvre féministe et décolonisée de Françoise Vergès, The Wombs of Women (Le Ventre des femmes : Capitalisme, racialisation, féminisme harmonieusement traduite par Kaiama Glover dans une prose suprêmement absorbante). D’après Vergès, féministe et spécialiste des sciences sociales, “Cette étude ne vise pas à ajouter des chapitres oubliés à l’histoire de France, mais à questionner la structure même du récit.”

Dans ce volume mince mais puissant, Vergès raconte l’histoire peu connue des avortements et stérilisations forcés des femmes de couleur pauvres dans les années 1960 dans le département d’outre-mer de la Réunion. A travers une analyse des articles et des rapports publics, Vergès dévoile une série d’événements dans lesquels des médecins se sont fait remboursés par la Sécurité sociale pour des opérations, tout en déclarant d’avoir été encouragés par des représentants du gouvernement afin de contrôler les naissances sur l’île. Ce projet cruel tourne sur le trope racisé des femmes de couleur pauvre comme étant “fundamentally irresponsible and hypersexualized, deeming them in need of supervision for the good of the modern republic and its territories” (Glover).

Mais c’est précisément la mise au silence de ces histoires de femme—ces femmes de couleur pauvres étiquetées (cataloguées) comme “indisciplinées” (disorderly) et nécessitant l’imposition de l’ordre et du contrôle par la violence génésique—qui souligne la présence et la puissance de la race, et du racisme, sous leur forme spécifiquement française et républicaine. Comme Glover l’explique dans son introduction incisive, les expériences des femmes réunionnaises, leurs histoires, découvrent “the fundamental entanglement and execrable compatibility of republicanism, modernity, and racism.” Vergès porte son analyse au delà des femmes réunionnaises, en dressant une histoire plus large de la violence racialisée de l’état français contre le ventre des femmes de couleur commençant par la traite négrière. [7] 

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Casimir et Vergès tous les deux pratiquent la décolonialité par une lecture des histoires qui ne se racontent pas. Et ils le font afin de défaire les structures racialisées de pouvoir qui ont été cachées par l’idéal universaliste français.

Surtout, les femmes noires et les femmes de couleur—et les ventres de ces femmes particulièrement—jouent un rôle essentiel dans le travail décolonisé de chaque auteur, même s’ils le font chacun de façon différente. La pratique décoloniale de Vergès se fonde sur le principe de donner voix à et de rendre visible les histoires de violence contre la capacité reproductrice des femmes de couleur pauvre et française. Les ventres des femmes réunionnaises sont les sites de la biopolitique violente de la colonialité française. 

Pour Casimir, les Haïtiens eux-mêmes entreprennent une pratique décoloniale par leur résistance et ré-existence en dehors des structures de la colonialité. [8] Selon Casimir, “de 1804 à 1915, cette même population—que l’Occident veut croire composée d’anciens esclaves et non pas d’anciens captifs—se quintuple par ses propres moyens et atteint des niveaux de vie inconnus auparavant et dans les territoires avoisinants, tous encore possédés et gouvernés par ce même Occident moderne et civilisé.”

Chez Casimir, les ventres des femmes haïtiennes sont fondamentaux : les sites de la possibilité de l’épanouissement des Haïtiens en dehors des limites de la colonialité occidentale. Les ventres des Haïtiennes permettent à la réalisation en Haïti indépendante de ce concept essentiel de la décolonialité : la ré-existence, l’épanouissement humain, la liberté.

Si les femmes sont fondamentales à la lecture décoloniale des Haïtiens de Caisimir, elles paraissent quelque peu réduites à leur capacité de reproduction : et dans leur rôle de marchandes qui sustentaient l’économie informelle et dans leur rôle de porteuses de vie. Néanmoins, il y a une littérature de plus en plus riche sur la volonté politique des femmes au 19e siècle et le termes genrés et souvent violents sur lesquels leurs ventres deviennent le site de la souveraineté nationale haïtienne. [9]

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La violence à l’égard des femmes structure l’intrigue de La Belle Créole de Maryse Condé, un roman transmis fidèlement dans la traduction superbe de Nicole Simek. Mais le roman est beaucoup plus qu’un roman à énigmes.

C’est l’an 1999 et le protagoniste Dieudonné Sabrina vient d’être acquitté du meurtre de son amante, Loraine Féréol de Brémont, békée (blancs créoles, descendant direct des colons blancs) pour qui il travaillait comme jardinier. L’intrigue suit la trace de son errance post-carcérale, à la dérive et ponctuée par des retours en arrière d’une enfance traumatisée tout rendu dans une prose saisissante : “The night vomited up its India ink in a great gush” (La nuit vomit en encre de Chine à gros bouillons).

L’état fracturé et anémique de la politique locale perce les réflexions personnelles de Dieudonné : il traverse une ville    marquée par des grèves prolongées qui étouffent le port sous des déchets, des pannes d’électricité et l’apathie. Il remarque la décadence de l’espace urbain en témoignant du développement étranger qui rend la ville portuaire méconnaissable. Son histoire et son procès servent de point de discussion pour les différentes factions politiques impuissantes derrière les grèves : le parti pour l’indépendance PPRP (lendépendans), le parti communiste PTCR, la bourgeoisie, les békés.

Sauf que la Guadeloupe, département d’outre-mer au tournant du 21e siècle, est la France. Ivre, cruelle, gâtée, Loraine est l’un des seuls liens au passé colonial et incarne la colonialité du pouvoir. Sa mort et le naufrage du voilier La Belle Créole semblent préparer un nouveau début en Guadeloupe—qui reste pourtant aussi immobile et en dérive qu’auparavant.

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Si ces trois ouvrages contestent le grand récit du républicanisme français, leur traduction vers l’anglais les rende une lecture essentielle pour ceux qui cherchent à contester les grands récits des Etats-Unis. La violence génésique racisée contre les Réunionnaises dans les années 1960 racontée par François Vergès résonne avec les stérilisations forcées des milliers de femmes Amérindiennes dans les années 1960 et 1970 aux Etats-Unis. La critique de Vergès du féminisme blanc hexagonale et de son incapacité d’aborder les problèmes du racisme républicain trouve écho avec la critique du féminisme blanc étasunien états-unien de la même période, comme exprimée dans le Combahee River Collective Statement.

Le roman de Condé dépeint une île en dérive, sujette aux vents et à la capitale des Etats-Unis, qui contrôle largement l’hémisphère.

L’ombre du néocolonialisme étasuniens traque la lecture décoloniale de Casimir. Cet adversaire s’est imposé dans la région dans les années 1850 et s’est établi brutalement en Haïti à la fin de l’ouvrage de Casimir : avec l’occupation militaire du pays en 1915. Les conséquences de cet interventionnisme étasuniens persistent dans la “crise constitutionnelle” actuelle en Haïti. 

Qu’est-ce qui se passe quand des écrivains bouleversent le grand récit universaliste français ? Ou mieux encore, comment le bouleversent-ils ? Casimir, Vergès et Condé proposent des récits qui décapent petit à petit le récit hermétique et auto-réalisateur. L’universalisme français n’est qu’un seul récit qu’on raconte ; il y a beaucoup d’autres histoires qui restent encore à lire.

La version originale de cet article a été publiée en anglais dans Public Books

Notes:

[1] Camille Stromboni, “Comment Emmanuel Macron s’est aliéné le monde des sciences sociales,” Le monde, June, 30, 2020.

[2] Mame-Fatou Niang and Julien Suaudeau, “Pour un universalisme antiraciste,” Slate.fr, June 24, 2020.

[3] Voir l’initiative mobilisée par le Digital Humanities Center à Barnard College #unsilencedpast initiative.

[4] L’on se demande si, finalement, ce n’était pas les Etats-Unis qui importaient de la France: suite aux critiques de Macron, le gouvernement de Trump a intensifié ses propres attaques sur la théorie critique de la race comme “de la propagande conflictuelle et anti-américaine.” Matthew S. Schwartz, “Trump Tells Agencies to End Trainings on ‘White Privilege’ and ‘Critical Race Theory,’NPR, September 5, 2020.

[5] Le titre de Casimir fait référence à la définition des “Haytiens" proposé par le Baron de Vastey dans Le sytème colonial dévoilé (1814). Casimir tire sur les écrits de Vastey tout au long de son oeuvre.

[6] Michel-Rolph Trouillot, “North Atlantic Universals: Analytical Fictions, 1492–1945,” South Atlantic Quarterly 101, no. 4 (2002).

[7] Certes, les femmes étaient et sont toujours plus que leurs capacités reproductrices. Jessica Marie Johnson analyse les pratiques de la liberté des femmes esclavisées malgré leur statut légal de non-libre: “their own understandings of what, where, and how their bodies should be used, their labor expended, and their lives lived.” Wicked Flesh: Black Women, Intimacy, and Freedom in the Atlantic World (University of Pennsylvania Press, 2020), 2. Crystal Eddins analyse comment les mères et femmes enceintes esclavisées à Saint-Domingue ont pratiqué le marronnage pour exercer un pouvoir sur leurs propres corps.” Voir “‘Rejoice! Your wombs will not beget slaves!’ Marronnage as Reproductive Justice in Colonial Haiti,” Gender & History 32.3 (2020): 562–80.

[8] Sur l’existence et la colonialité de l’existence, Casimir dialogue avec Silvia Aynter. Voir Winter, “Unsettling the Coloniality of Being/Power/Truth/Freedom: Towards the Human, After Man, Its Overrepresentation—An Argument,” New Centennial Review 3, no. 3 (2003).

[9] Sur des généalogies de la violence sexuelle en Haïti, voir Régine Jean-Charles, Conflict Bodies: The Politics of Rape Representation in the Francophone Imaginary (OSU Press, 2014). Sur la participation directe des femmes dans les mouvements politiques du 19e siècle en Haïti, voir Anne Eller, “Skirts Rolled Up: The Gendered Terrain of Politics in Nineteenth-Century Port-au-Prince” (à paraître dans Small Axe).

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