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Billet de blog 30 mai 2017

Les trois petits cochons : Macron, Thatcher et … Pinochet

La doctrine politique libérale portée aujourd'hui par Emmanuel Macron prend sa source dans les années 1960 à l'école d'économie de l'Université de Chicago. Milton Friedman théorise alors, en descendant d'Adam Smith et Friedrich Hayek, ce que l'on appellera plus tard "néolibéralisme", soit la dérégulation de chaque sphère de l'activité humaine, la marchandisation du monde.

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La doctrine politique libérale portée aujourd'hui par Emmanuel Macron prend sa source dans les années 1960 à l'école d'économie de l'Université de Chicago. Milton Friedman théorise alors, en descendant d'Adam Smith et Friedrich Hayek, ce que l'on appellera plus tard "néolibéralisme", soit la dérégulation de chaque sphère de l'activité humaine, la marchandisation du monde.

L'élection d'Emmanuel Macron et les premières semaines depuis son accession au pouvoir permettent une clarification du champ politique  français. L'armature idéologique qui sous-tend le programme d'EM, (bien qu'il ait pu être difficile à cerner, et encore aujourd'hui sur l'école), est le libéralisme économique et politique, dont la forme "moderne" est celle de Milton Friedman. Nous avons donc pour la première fois une offre politique purement libérale, alors que jusqu'à présent le Parti socialiste n'avait pas assumé, du moins en campagne, son virage libéral Sur l'économie. 

Margaret Thatcher, Première Ministre du Royaume Uni entre 1979 et 1990. En Mai 1981, alors que les chars russes entrent dans Paris (sic), elle dit au Sunday Times : "Léconomie c'est la méthode. L'objectif reste de changer l'âme et le cœur de l'être humain.". 

Le Chili de Pinochet, dont l'accession au pouvoir profita de la bienveillance du gouvernement états-unien, constituera l'un des premiers laboratoires grandeur nature de ces politiques de privatisation de tous les services publics, associée à une répression violente meurtrière, le tout porté par un régime incontestablement totalitaire. 

Pourquoi "les trois petits cochons" ? 

Notons ici que cette juxtaposition de ces trois dirigeants n'est en rien un signe égale entre chacun. Si l'on peut considérer les deux premiers comme "démocratiquement" élus, et c'est une différence de taille, on peut également concevoir un continuum idéologique entre ces trois dirigeants. Cela implique, j'insiste, d'occulter le versan le plus repressif du régime dictatorial chilien, à savoir la déportation et l'assassinat de milliers de personnes, opposant.e.s politiques compris.e.s. l'arrête de cet aspect "policier" touche pourtant à l'Histoire des relations chileno-française. 

Cette appellation ne signifie pas filiation, donc, mais plutôt origine commune. Et un Peu plus. Un continuum idéologique. Des politiques économiques, essentiellement. L'idée que le marché est, à priori, plus efficace que le public, dans tous les domaines. Cette idée, à la racine du néolibéralisme, est aussi vraie que les Terre est plate (note: Je ne le démontrerai pas ici mais on pourra lire https://www.monde-diplomatique.fr/publications/manuel_d_economie_critique/a57222 ).  Rappelons ainsi qu´Emmanuel Macron a dit plusieurs fois toute la "bienveillance" qu'il a pour les (mé)faits de cette dirigeante, qui mena des "réformes douloureuses mais nécessaires". Ces réformes que le président de la république veut aujourd'hui appliquer en France, au pas cadencé des ordonnances. Déréguler, tous azimuts, de l'éducation nationale à la finance, en passant par le droit du travail. 

Quels résultats du thatchérisme anglais ? Une société inégalitaire, ou les pauvres se détestent (et encore plus les "pas-de-chez-nous") et où la city de Londres constitue LE premier et plus gros, que dis-je, GIGANTESQUE ! paradis fiscal. Les jeunes sont en contrats zéro heure, les trains se rentrent dedans et le ticket de métro londonien est à 3€. La récente réussite de l'attaque cybernétique dans les hôpitaux (entre des dizaines d'autres lieux sur le globe) résonne avec les coupes dans les personnels desdits hopitaux en 2010 par... Theresa May, alors ministre du gouvernement Cameron. 

La réponse au Brexit ? Plus de libéralisme, plus de privatisations. On nourrit encore un peu plus la mère du monstre. 

A mes yeux, les mots de Thatcher cités plus haut illustrent à merveille le concentré de violence froide qu´infuse le (néo)libéralisme dans tous les recoins de la vie humaine. on goûtera l'ironie qu'il y a à entendre les termes "loi du marché", souvent assimilée à une hypothétique "loi de jungle", comprenons darwinisme social. L'homme est, finalement, devenu un animal comme les autres. Foutaises, aussi grandes qu'est profond l'abysse intellectuel et philosophique dans lequel nous sombrons chaque jour un peu plus. 

A cette faillite politique s'ajoute un aspect non moins dérangeant des "démocraties libérales" (à l'exception notable de la police anglaise, encore que sous Thatcher...?), en l'espèce d´un Etat policier armé pour tuer et prompt à réprimer violemment toute tentative d'intervention populaire dans le cours des choses. Le néolibéralisme marché sur deux jambes : violence froide pour anesthésier les esprits, et parfois convaincre, faut-il bien l'admettre, et violence chaude pour faire plier les récalcitrants. Et qu'ils servent d'exemple ! 

Alors que faire ? 

Aller manifester ? Ça ne suffit pas, et aujourd'hui, c'est devenu dangereux. Accuser les médias, surface émergée d'un régime qui a dépassé depuis (très) longremps le seuil oligarchique, mais dont la réalité pleine et entière est aujourd'hui manifeste? C'est épuisant, pour moi et pour les autres, et ça énerve ceux qui partagent ma vie. 

Alors j'ai décidé de faire ça. Partager ici des bouts de mon affection frustrée, plus ou moins raisonnée. Tiens, voilà mon sac de nerfs. Pour la semaine. 

Post scriptum. il me semble important de ne pas répondre tout de suite en termes politiques précis (du genre pour-qui-voter) à la question "que faire", quoique ce puit être déductible de la lecture du billet, et justement, aucun besoin d'en rajouter. Battons nous pour un monde respectueux de l'humain. Partout. Tout le temps. 

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