Berlusconi joue à la roulette russe

Silvio Berlusconi, dont le pouvoir de nuisance est devenu tristement célèbre, a décrété aujourd'hui la rupture avec le gouvernement Monti, que son parti, le PDL, soutenait officiellement. Se déclarant soutenu par une multitude d'Italiens persuadés que Monti mène le pays à la ruine et qui lui demanderaient de jouer les sauveurs, il a refusé de voter la confiance au gouvernement aujourd'hui concernant le décret sur le développement - contre l'avis de certains membres de son propre parti - , dessinant ainsi, à l'horizon, une crise sans précédent.

A l'origine de cette attaque, les propos tenus à la télévision par Corrado Passera, le ministre du Développement, commentant la possible candidature de Berlusconi aux prochaines élections politiques : "Tout ce qui peut faire imaginer au reste du monde que nous retournons en arrière n'est pas bon pour l'Italie." D'où l'action de représailles menée par Berlusconi, visant, selon ses propres termes, à “débrancher” Monti. Incapable de se régénérer, le PDL se voit donc, lui aussi soumis au diktat de Berlusconi, qui, considéré comme le chef absolu et indiscutable de son parti, verrait celui-ci renoncer à des primaires.

En fait, le vieux caïman n'a rien trouvé de mieux pour sauvegarder  ses propres intérêts. Le secrétaire de son parti, Alfano, l'a soutenu dans cette démarche mortifère, s'avérant ainsi, selon le journaliste de Repubblica, Massimo Giannini, non le secétaire du parti, mais celui du "patron". Les Ligues applaudissent des deux mains : Maroni, secrétaire de la Ligue du Nord, s'est réjoui à l'idée de “renvoyer Monti à la maison et de redonner la parole et la démocratie au peuple souverain.". Bersani - leader du centre gauche - est atterré, tout comme P. F. Casini, leader de l'UDC (Union du Centre) qui soutenait aussi Monti.. Dans trois mois, les élections politiques promettent d'être particulièrement tourmentées et précédées d'une période de grande instabilité; ce dont l'Italie, et les Italiens, se seraient bien passés.

Demain, Monti doit rencontrer Giorgio Napolitano, le président de la République, pour définir une stratégie...

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