Lettre ouverte aux (ir)responsables de l'Education Nationale

 L, bachelier mention Très Bien au bac ES, 19 et 17 en EPS, 17 en sciences économiques et sociales, n'ira ni en STAPS, ni en socio, ni en psycho à Bordeaux, son académie, l'année prochaine.

Il n'a pas été tiré au sort , dans aucune de ces 3 universités.

A Bordeaux, faute de places suffisantes dans certains départements et afin de respecter le principe de non sélection, on tire au sort les étudiants.

 

L'entrée à la « fac », l'avenir des jeunes sont sous-traités à la Française des Jeux.

 

Sa première réaction a été de se demander à quoi pouvait donc servir de travailler au lycée alors.

Ma première réaction a été l'incrédulité puis la colère puis un énorme sentiment d'injustice et d'impuissance.

 

Je me pose depuis, de nombreuses questions :

 

  • A quoi ça sert de travailler au lycée ? De réviser ? De se priver de sorties ou d'activités à certaines périodes ?

  • A quoi servent les bulletins qu'on doit remplir dans l'application post-bac ?

  • A quoi sert l'avis émis par la fac ? (tous favorables)

  • Est il judicieux d'émettre ce premier avis d'orientation juste avant les épreuves ? (en termes de motivation bien évidemment)

 

Je sais que beaucoup me diront qu'il n'avait qu'à postuler en prépa, en BTS, en IUT, passer des concours etc, etc...

Mais il est encore jeune, ne sait que choisir, il voulait juste faire une année intéressante à ses yeux et réfléchir encore, ou trouver sa voie qui sait ?

Il fera donc un complément scientifique par le CNED en attendant l'année prochaine....

 

En regardant ce cas de figure d'un autre point de vue, celui de l'enseignante que je suis, je me demande alors quel poids peut avoir le discours convenu et de simple bon sens qu'on tient aux élèves, travaille et tu auras le choix de ta vie, de ta formation ?

 

Je m’insurge contre le fait que l’entrée à l’université soit assujettie à un tirage au sort et aucunement à l’adéquation entre le profil des élèves et la formation.
En STAPS, ils récupèrent des mômes qui ne savent même pas nager……

 

Il y a quand même dans ce marasme prétexte à ironie, comment pouvez vous encore vous lamenter sur le « bas » niveau des L1, sur leur taux d'échec record ?

Cela me fait bien rire ! Vous n'avez pas la réponse ? Le petit peuple d'en bas si !

 

Comment qualifier un pays qui méprise et abandonne ainsi ses enfants, sa jeunesse ?

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