Les Flamands ne sont pas les séparatistes que l'on croit

Seuls 9% des Flamands seraient séparatistes. En ces temps de crispation communautaire, voilà un chiffre qui a de quoi surprendre... Et faire éventuellement réfléchir sur le fossé qui sépare les politiques et l'opinion en Belgique.

Seuls 9% des Flamands seraient séparatistes. En ces temps de crispation communautaire, voilà un chiffre qui a de quoi surprendre... Et faire éventuellement réfléchir sur le fossé qui sépare les politiques et l'opinion en Belgique.

C'est en tout cas le résultat d'une étude de KUL (Université catholique de Leuven) réalisée auprès d'un millier d'électeurs flamands, entre septembre 2007 et janvier 2008, que Le Soir a publié la semaine dernière.

 

Et le détail des résultats a de quoi battre en brèche l'idée d'une communauté flamande prête à tout pour se débarrasser du boulet wallon.

 

Les chiffres, donc:

45,8% des sondés se déclarent favorables à un Etat fédéral, au sein duquel les Régions et Communautés obtiendraient davantage de compétences.

20,2% souhaitent que les structures institutionnelles demeurent telles quelles

10,9 désirent un Etat fédéral plus fort

11,4% plaident pour le retour d'un Etat unitaire

Il ne reste donc que 9,4% d'entre eux pour espérer la scission.

 

Deuxième surprise, même parmi les anti-Belgique, seuls 3,9% d'entre eux estiment que la fin de la Belgique est "souhaitable et prioritaire". Selon le sociologue Marc Swyndegouw, qui a réalisé l'étude, ce résultat est comparable à celui de 1991.

 

Et s'il faut prendre ces résultats avec des pincettes, comme tout sondage d'opinion, ceux-ci ont au moins le mérite de pouvoir souffrir la comparaison. Depuis des décennies, à chaque scrutin électoral, la KUL procède à cette enquête, selon les mêmes critères. Ce qui permet aujoud'hui au sociologue de conclure à une relative stabilité du comportement communautaire des Flamands. Et ce, alors que l'enquête a été réalisée en pleine crise institutionnelle.

 

Alors oui, un an après les élections, l'opinion est lasse de voir ses politiques dans l'impasse. Bien-sûr, certains sondages d'opinion montrent un pays de plus en plus divisé. Evidemment, les quotidiens n'en finissent plus de relayer les discriminations à l'égard des francophones, en périphérie de la capitale. Comme la récente décision d'Overijse, commune flamande de la périphérie bruxelloise, d'installer un bureau des plaintes où la population est invitée à dénoncer les commerçants faisant usage d'autres langues que le néerlandais dans leurs devantures.

 

Mais de temps en temps, ne pouvons-nous pas éviter de tirer sur l'ambulance?

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