Que reste-t-il de 1958 ?

Vous vous souvenez, vous, de 1958 ? Le début des collants en nylon,la toute nouvelle télévision qu'on allait regarder chez le voisin, les premières lessives synthétiques, les rasoirs électriques, le coca-cola version familiale.

 

A Bruxelles, 58, ce fut aussi l'année de l'exposition universelle. Fabuleuse plongée dans la modernité. Cette année-là, les gamins écarquillaient les yeux devant cette immense flèche qui se dressait toute seule vers le ciel. Personne ne comprenait trop comment il était possible qu'elle se dresse, là, au milieu de nulle part, sans tomber. Sans parler de l'Atomium, cet assemblage de boules gigantesques, qui laissait les minots rêveurs.

 

Depuis une semaine, toute la Belgique se met donc en branle pour fêter les 50 ans de son expo universelle (Cliquez ici pour voir le programme détaillé). Depuis une semaine, les plus jeunes se demandent pourquoi un tel raffut. Parce que l'Atomium, oui c'est pas mal. Mais bon. Ca fait partie du paysage maintenant. Sauf que dès qu'on écoute les enfants de 1958 nous parler de cette année-là, on plonge.

 

Petite séquence nostalgie, donc, avec des photos d'époque (ci-dessous) et quelques bribes d'une conversation avec Catherine, Bruxelloise. Elle avait 9 ans en 1958.

 

"Ce fut une plongée dans un conte de fée futuriste. Je ne comprenais rien. A la maison, on n'avait pas la télé. Mon père nous emmenait au cinéma voir Tom et Jerry le dimanche. En noir et blanc. Et là, tout à coup, je me trouvais au milieu de cette expo, à voir le cinéma à 360°. Aves ces images qui défilaient dans tous les sens autour de moi. C'était surréaliste. Et ces immenses boules argentées (l'atomium), comment pouvaient-elles tenir ensemble, sans tomber ? Ensuite, il y avait les pavillons de tous les pays. J'y ai vu des danses africaines, entendu de la musique russe. Je découvrais un monde complètement nouveau et inconnu, juste devant moi. On se promenait dans cet espace neuf à l'aide de nacelles aériennes, comme dans une gigantesque fête foraine du futur. Je me souviens aussi que ma mère avait été estomaquée à la vue d'un grand living, au milieu duquel se trouvait un rectangle plus profond, qui faisait office de canapé. Tout le reste de sa vie, ce living futuriste avait été son rêve. Elle ne cessait de répéter qu'elle voulait le même, à la maison"

 

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La famille royale inaugure l'Expo. Au fond, l'Atomium.

Crédit: Archives de la ville de Bruxelles.

 

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Les hôtesses de l'Expo universelle devant l'Atomium

 

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Défilé de la garde nationale, pour l'ouverture de l'Expo. Au fond l'Atomium et les nacelles.

 

Retrouvez plus de photos sur le site du Vif, qui publie un reportage issu des archives de la Ville de Bruxelles.

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