Le répulsif anti-jeunes fait débat en Belgique

 C'est à Aywaille (près de Liège, entendons-nous) qu'on l'a découvert, il y a deux semaines. Un petit boîtier planqué sur la façade d'une banque, à deux pas d'une école secondaire. Il émet des ultra sons audibles uniquement par les moins de 25 ans (au-delà de cet âge, la majorité d'entre nous ne perçoit plus les fréquences supérieures à 15 000 hertz). Au bout de 10 minutes, les ados sont censés péter les plombs.

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C'est à Aywaille (près de Liège, entendons-nous) qu'on l'a découvert, il y a deux semaines. Un petit boîtier planqué sur la façade d'une banque, à deux pas d'une école secondaire. Il émet des ultra sons audibles uniquement par les moins de 25 ans (au-delà de cet âge, la majorité d'entre nous ne perçoit plus les fréquences supérieures à 15 000 hertz). Au bout de 10 minutes, les ados sont censés péter les plombs. Un parfait répulsif anti-jeunes en somme, que le gérant du Crédit Agricole d'Aywaille comptait utiliser pour dissuader les élèves de l'école voisine de s'attarder au pied de son établissement. L'outil s'appelle le "Mosquito", référence au bruit des insectes piqueurs.

 

Depuis cette découverte à Aywaille, la presse belge s'est ruée sur le sujet . L'association "Territoires de la mémoire" a également lancé une pétition sur internet, intitulée "Les jeunes ne sont ni des parasites ni des nuisibles." Le texte a déjà recueilli plus de 3.500 signatures. Quant au bourgmestre (maire) d'Aywaille, il a obtenu du gérant du Crédit agricole le retrait du "Mosquito".

 

Côté politique, la levée de boucliers est franche et unanime. Déjà avant l'affaire d'Aywaille, début mars, Catherine Fonck (CDH-Chrétiens démocrates), la Ministre de l’Enfance, de l’Aide à la Jeunesse et de la Santé avait réagi sur son blog au principe du "Mosquito". Pour elle, cet outil traite "les jeunes comme des « nuisibles ». C’est d’autant plus choquant que ce même procédé d’éloignement est utilisé contre certains insectes et rongeurs." Juste avant la formation du nouveau gouvernement fédéral, les différents ministères concernés planchaient sur une interdiction pure et simple du Mosquito.

 

Mais d'où vient ce répulsif high-tech? C'est en Grande-Bretagne qu'il a été créé et y rencontre son petit succès (3 500 boîtiers installés). Les Pays-Bas sont également touchés par le phénomène, tout comme la France. Chez nous, il porte le doux nom de Beethoven. Et n'a rien d'illégal non plus.

 

Testez vous-même le procédé en écoutant les fréquences émises par le "Mosquito".

 

 

 

 

 

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