Belgique: la patate est toujours chaude

Que ceux qui pensaient que les Belges s'étaient enfin réconciliés se ravisent. Un mois après la formation du gouvernement fédéral, le Premier ministre Yves Leterme est sur la sellette. Et tous les partis de son gouvernement avec lui.

Que ceux qui pensaient que les Belges s'étaient enfin réconciliés se ravisent. Un mois après la formation du gouvernement fédéral, le Premier ministre Yves Leterme est sur la sellette. Et tous les partis de son gouvernement avec lui. Car le spectre communautaire est de retour. Avec sur la table, le dossier le plus brûlant des négociations: celui de BHV (Bruxelles Hal Vilvorde). (Petit rappel: BHV désigne Bruxelles et sa périphérie, située en région flamande mais où les francophones sont de plus en plus nombreux. Pour l'instant il s'agit d'un arrondissement judiciaire et électoral bilingue. Mais une partie des Flamands voudraient scinder cet arrondissement alors que les francophones y sont farouchement opposés).

 

La semaine prochaine, les parlementaires flamands pourraient voter la scission de BHV. Ou plutôt la re-voter... Car le 7 novembre, ils avaient déjà profité de leur supériorité numérique à la Chambre pour faire passer en force la scission de BHV. Illico, le Parlement de la communauté française avait déclenché une procédure de conflit d'intérêt. Mais cette procédure arrive à échéance le 30 avril.

 

Alors, depuis une semaine, tout le petit monde politique belge s'agite, sans que personne ne semble voir pointer l'ombre d'une solution. Et c'est la même mascarade que celle des derniers mois qui recommence. On redouble d'imagination pour se débarasser de la bombe BHV, et refiler le bébé à d'autres mains... Et on parle "négociation". Mercredi dernier, un "comité de concertation" s’est penché sur le dossier. Il "a pris acte de la résolution votée par le Sénat à ce propos". Et que disait le Sénat? Il constatait qu'il n'avait pas été possible de trouver un consensus et rappellait que le "groupe Octopus" (mis sur pied il y a quelques mois pour plancher sur la Réforme de l'Etat) s'était au moins mis d'accord sur un point: BHV doit faire l'objet d'une solution négociée.

Les partis francophones se sont également réunis, en fin de semaine, et ont décidé de ne pas enclencher de nouvelle procédure de conflit d'intérêt, comme cela avait pourtant été évoqué.

Dernier rebondissement surréaliste en date : le CD&V (démocrates chrétiens flamands) a demandé implicitement aux francophones de déclencher cette procédure, qui pourrait éviter que le vote sur la scission de BHV n'arrive trop vite à l'agenda de la Chambre. Car pendant que tout ce petit monde brasse de l'air, les deux partis indépendantistes flamands (Vlams Belang et NV-A) pourraient bien faire pression sur les autres partis pour que le sort de BHV soit mis à l'ordre du jour. Et dans la partie, le CD&V est coincé par son cartel avec les nationalistes NV-A.

 

Vous suivez toujours ? Disons que pour l'instant, absolument rien n'est réglé et qu'Yves Leterme a du pain sur la planche pour que son gouvernement n'éclate pas en vol.

 

 

 

 

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