L'état de la société française et ses relations avec les services publics: un rapport alarmant

Le médiateur de la république a remis son rapport annuel au président de la république le 23 mars 2011. En charge d'améliorer les relations entre l'administration française et le citoyen, il est aux premières loges pour constater les dysfonctionnements de l'administration, les frustrations exprimées quotidiennement par les français qui n'ont jamais tant attendu d'un service public qui leur fait bien souvent faux bond. Ce rapport 2010 est un cri d'alarme: "découragement" et "lassitude" n'ont jamais été aussi grands dans la société française, alors qu'en pleine crise économique et sociale les attentes sont colossales.

 

Le diagnostic est sans appel: renvoyant dos à dos une droite "gérant les peurs" et une gauche "cultivant les humiliation", cet observateur avisé des maux de la société française pointe le manque flagrant d'une offre politique en mesure d'offrir une véritable espérance aux français. A un an des élections présidentielles et législatives, l'ensemble de la classe politique a le devoir de prendre en compte cet appel désespéré des français exprimé par la vois de Jean-Paul Delevoye.

Comme le souligne le rapport, du texte de loi au terrain, du principe à l'application effective "il y a parfois plus qu'un pas, souvent un grand écart". Le médiateur dénonce, entre autres, une "absence de vision transversale, ambitions démesurées, manque de moyens de mise en oeuvre", ou encore "des politiques publiques brouillées par l'empilement législatif", ou les nombreux "dommages collatéraux dus aux réformes précipités". Le rythme effréné des réformes imposées par la majorité présidentielle depuis 4 ans ne manque pas seulement de répondre aux problèmes des français: il crée des difficultés dans leur vie quotidienne, de la confusion, y compris pour l'administration.

 

Ce document ne fait pas qu'interpeler les responsables politiques actuellement au pouvoir: il suggère en creux, en soulignant les lacunes du système administratif et des lois actuelles et les attentes des français, des réformes urgentes à mettre en oeuvre. Si la gauche revient au pouvoir, il lui reviendra la lourde responsabilité de prendre en compte ce cris du coeur que les français, le taux d'abstention aux élections cantonales l'a démontré, sont de moins en moins nombreux à exprimer dans les urnes.

 

Le Parti Socialiste dévoilera son projet le 5 avril prochain. Il lui faudra redonner ce que le médiateur de la république appelle de ses voeux et qui manque cruellement: l'espérance. Le prix de l'échec est trop élevé pour que nous puissions envisager de fermer les yeux sur cet appel: c'est, comme le dit si bien Jean-Paul Delevoye, notre contrat social qui est en jeu.

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