Michel Rocard et le capitalisme

La surprise qui fut la mienne suite aux propos de Michel Rocard mérite que j’y revienne. «L'économie de marché demeure sans alternative car elle garantit la liberté quotidienne de ses actes pour chacun. (…) Le tout Etat ne peut pas être la seule alternative à l'absence de règles», faisant observer que «l'Etat est un mauvais entrepreneur et un mauvais pilote du marché. (…) L'Etat doit proposer les finalités auxquelles il faut soumettre l'économie mais l'affaire de l'Etat n'est pas de faire de l'économie à court terme.» Ces propos, bien qu’en parfait accord avec le consensus qui a émergé au sein des intervenants du colloque "nouveau monde, nouveau capitalisme", sont surprenants venant d’un membre du parti socialiste français, connu à l’étranger pour sa difficulté à accepter le capitalisme et à adapter ses réflexions à la réalité du fonctionnement de l’économie de marché. Ce n’est pas seulement la confirmation de la « proximité intellectuelle » (selon les propres termes du président Sarkozy) qui semble désormais lier cet ancien premier ministre au président français actuel. Il s’agit bien ici de la démonstration éclatante que, même en France, nous n’en sommes plus à questionner la légitimité du système économique capitaliste. Le débat se porte désormais bien sur les règles que les Etats doivent imposer aux marchés.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.