ENQUÊTE EN CÔTE D’IVOIRE : VOICI LES HOMMES VISÉS PAR LA CPI

ENQUÊTE EN CÔTE D’IVOIRE : VOICI LES HOMMES VISÉS PAR LA CPI Comme Chris Yapi vous l’avait annoncé, une équipe de la CPI est à Abidjan pour mener des investigations sur des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, qui auraient pu être commis dans notre pays. Ces enquêteurs, au nombre de deux

Comme Chris Yapi vous l’avait annoncé, une équipe de la CPI est à Abidjan pour mener des investigations sur des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, qui auraient pu être commis dans notre pays. Ces enquêteurs, au nombre de deux, dont le chef, un ressortissant d’Afrique centrale s’appelle Théo, interrogent beaucoup de personnes d’Abidjan et de l’ouest de la Côte d’Ivoire.

 

Leur premier champ d’investigation : l’attaque du camp des déplacés de Nahibly, à Duékoué, placé sous la protection des casques bleus, le 20 juillet 2012. Pour rappel, selon la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) : « Il est établi qu’au moins cinq personnes ont été tuées dans la nuit du 19 au 20 juillet dans le quartier Kokoman de Duékoué, majoritairement Malinké (...) ».

Un groupe de bandits écumait la région et la ville de Duékoué en utilisant le camp de Nahibly comme « sanctuaire ». Ils procédaient à des attaques à main armée, des assassinats et des vols. Ce groupe serait ainsi responsable du meurtre des cinq personnes au quartier Kokoman la veille de l’attaque du camp. Leur piste aurait été « remontée » par les chasseurs traditionnels dozos jusqu’au camp, identifiant de la sorte la bande de bandits comme les auteurs des 5 assassinats et plus généralement le camp comme leur base.

« Au petit matin du 20 juillet, vers 7h, au moins 300 jeunes malinkés de la ville se dirigent surexcités vers le camp de Nahibly avec des armes blanches et des bâtons. Ils sont précédés par des chasseurs traditionnels dozos et des éléments des FRCI qui encerclent le camp. Après quelques tractations en dehors du camp, les jeunes s’en prennent aux portes d’entrée du camp qui cèdent rapidement, devant les soldats de l’ONUCI impuissants. Un flot de jeunes se déverse dans le camp de déplacés, ils bastonnent les jeunes hommes, mettent le feu aux abris et détruisent l’ensemble du camp (…) ».

Ces événements se déroulent en présence notamment du préfet de Duékoué à l’époque des faits, M. Benjamin Effoli et du Lieutenant Daouda Koné dit Konda. Plus tard, il sera établi que sept personnes ont été tuées lors de l’attaque de ce camp et que les casques Bleus ont refusé d’intervenir et sont restés loin de la zone de conflit pendant au moins sept jours.

 

Leur deuxième champ d’investigation est le massacre au quartier Carrefour de Duékoué. Les faits sont simples et sont évoqués par Amnesty international dans son rapport du 25 mai 2011 : « À Duékoué, lors de la journée du 28 mars 2011, des mercenaires libériens et des miliciens loyaux à Laurent Gbagbo se sont rendus dans des concessions habitées souvent par plusieurs familles et ont tué plusieurs Dioulas. Ils ont pillé et incendié des maisons et abattu des partisans avérés ou présumés d’Alassane Ouattara en fonction de critères purement ethniques ou politiques. Un imam, Drissa Konaté, et un homme habitant dans la même cour, Samasy Sidicki, ont été tués chez eux. Ce même jour, les forces pro-Gbagbo ont également abattu des ressortissants de la sous-région, notamment trois Maliens […] ainsi qu’un Burkinabè ».

En représailles, des planteurs armés venus du mont Peko, sous les ordres du chef milicien Amadé Wirmi dit Amadé Ouérémi qui tient le Parc national du mont Peko en coupe réglée, attaquent le quartier Carrefour de Duékoué et font plusieurs centaines de morts.

 

Les enquêteurs veulent traduire un certain nombre de personnes devant les juridictions internationales. Il s’agit notamment et principalement de :

 

- Capitaine Koné Daouda dit Konda, en charge du secteur de Duékoué au moment de l’attaque de Nahibly et muté après au CCDO, puis à Odienné. Son homme de main, Yaya Doukouré, surnommé « Tout petit » qui est porté disparu, est lui aussi recherché pour être entendu ;

- Dembélé Balla, chef des dozos qui ont attaqué le camp, mais qui est décédé en 2020 au Mali ;

- Amadé Wirmi dit Amadé Ouérémi, chef des milices burkinabè installées dans le Parc du mont Peko, qui ont exercé la terrible répression du quartier Carrefour faisant plusieurs morts.

 

Il faut dire que les autorités ivoiriennes veulent profiter de cette enquête pour régler le cas du Colonel Fofana Losséni dit « Loss Cobra », proche du Colonel Chérif Ousmane. Elles s’activent pour que le pool d’enquêteurs de la CPI s’intéresse plus spécifiquement au cas Losséni Fofana. Ainsi, elles ont remis aux enquêteurs de la CPI, un dossier résultant des auditions de la Cellule spéciale d’enquête. Dans ce dossier, le gouvernement d’Alassane Ouattara veut faire admettre que les 126 miliciens d’Amadé Ouérémi étaient placés sous les ordres du Colonel Losséni Fofana via les lieutenants Coulibaly, Traoré Dramane, et Koné Nadia, agissant sous ses ordres directs.

Pourtant, c’est le Colonel Losséni Fofana qui a neutralisé Amadé Ouérémi, le 18 mai 2011 avec 200 hommes du Bataillon de Sécurisation de l’Ouest (BSO), dans le mont Péko, où il s’était retranché avec ses miliciens. Le gouvernement veut faire d’une pierre plusieurs coups. C’est lui qui, ville après ville, a desserré l’ouest de l’étau des miliciens et des mercenaires libériens qui y pullulaient.

Malgré tout cela, Alassane Ouattara ne lui fait pas confiance. Il est soupçonné, avec les colonels Chérif Ousmane et Touré Pélikan Hervé dit Vetcho, de faire partie d’une troïka d’officiers qui envisage de renverser le régime et de s’emparer du pouvoir pour leur propre compte. Téné Birahima Ouattara dit Photocopie, le bras armé d’Alassane Ouattara, a décidé de régler leurs comptes, l’un après l’autre. Ainsi, la CPI est priée d’inculper le Colonel Losséni Fofana dit Loss, pour faciliter son transfèrement à la Haye.

 

Les services de renseignement tiennent Chérif Ousmane par les jarrets, lui dont plusieurs éléments, notamment les plus proche, ont été arrêtés et entendus par la DST. Photocopie affirme que les écoutes téléphoniques indiquent clairement que les colonels Chérif Ousmane, Losséni Fofana et Touré Hervé dit Vetcho se sont régulièrement rencontrés ces derniers mois à Bouaké, ville où Losséni Fofana est affecté en tant que chef de corps du 3ème bataillon d’infanterie, en remplacement du Colonel Vetcho. Ces trois pontes de l’ex-rébellion sont dans le collimateur du pouvoir. Après eux, ce sera le tour du Colonel Morou Ouattara. D’ailleurs, la journée du lundi 22 mars a bruissé de rumeurs d’arrestation de ce dernier.

 

Pour sa prise en main de l’armée et s’assurer une transition maîtrisée au sommet de l’État entre les frères Alassane et Birahima Ouattara, le régime a décidé qu’il était impératif que les principaux officiers, issus de l’ex-rébellion et encore actifs, soient mis sous l’éteignoir, d’une manière ou d’une autre. Et dans cet objectif, la Cour Pénale Internationale pourrait être instrumentalisée comme outil de règlement de comptes politiques.

 

CHRIS YAPI NE MENT PAS.

 

 

Voir d’autres vidéos en lien avec celle-ci :

 

- CRISE POLITIQUE EN CÔTE D’IVOIRE : ALASSANE OUATTARA UTILISE LA CPI POUR RÉGLER SES COMPTES AVEC GBAGBO ET SORO - https://youtu.be/kptaEpxTiyg

 

- LA QUOTIDIENNE TWITTER DE CHRIS YAPI : 22 MARS 2021 - https://youtu.be/hRuSmg7MIg0

 

- VERSION FRANÇAISE - LES IVOIRIENS DOIVENT S’OPPOSER À LA TRANSMISSION HÉRÉDITAIRE DU POUVOIR À TÉNÉ BIRAHIMA OUATTARA - https://youtu.be/86-tC9qQYNQ

 

- VERSION MALINKÉ - LES IVOIRIENS DOIVENT S’OPPOSER À LA TRANSMISSION HÉRÉDITAIRE DU POUVOIR À TÉNÉ BIRAHIMA OUATTARA - https://youtu.be/eJ5M_w57QkM

 

- CAFOUILLAGE ET AMATEURISME DANS LE CERCLE DE TÉNÉ BIRAHIMA OUATTARA - https://youtu.be/Uqt0j53ha-Y

 

- NOMINATION DE PHOTOCOPIE AU MINISTÈRE DE LA DÉFENSE : DES SERVICES SECRETS OCCIDENTAUX CRAIGNENT DES TROUBLES DANS L’ARMÉE - https://youtu.be/spaOLxz271I

 

- VERSION FRANÇAISE - BATAILLE DE SUCCESSION À ALASSANE OUATTARA : HAMED BAKAYOKO MORT, PHOTOCOPIE EN ROUTE POUR LA PRÉSIDENCE - https://youtu.be/prNbMx4uZhg

 

- VERSION MALINKÉ - BATAILLE DE SUCCESSION À ALASSANE OUATTARA : HAMED BAKAYOKO MORT, PHOTOCOPIE EN ROUTE POUR LA PRÉSIDENCE - https://youtu.be/Ug4UznU4pzQ

 

- SONDAGE INQUIÉTANT POUR ALASSANE OUATTARA : L’ARMÉE REJETTE TÉNÉ BIRAHIMA OUATTARA - https://youtu.be/uXZL1lmgODI

ENQUÊTE EN CÔTE D’IVOIRE : VOICI LES HOMMES VISÉS PAR LA CPI.

 

Visionnez cette publication sur la Chris Yapi TV Officiel : https://youtu.be/eMp4hFUjkgo

 

CHRIS YAPI NE MENT PAS.

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