L’INFLATION INSTITUTIONNELLE EN CÔTE D’IVOIRE SOUS ALASSANE OUATTARA

Quand il débarqua du FMI et de la Banque mondiale à la fin des années 80, Alassane Dramane Ouattara défraya tout de suite la chronique par ses annonces fracassantes de nouveauté, de modernité et de rigueur tous azimuts, qui impressionnèrent tant et si bien...

Quand il débarqua du FMI et de la Banque mondiale à la fin des années 80, Alassane Dramane Ouattara défraya tout de suite la chronique par ses annonces fracassantes de nouveauté, de modernité et de rigueur tous azimuts, qui impressionnèrent tant et si bien les Ivoiriens, qu’on le crut porteur d’un nouveau miracle pour notre pays. Ne dit-on pas avec raison : « À beau mentir celui qui vient de loin » ? La Côte d’Ivoire devait faire les frais et l’amer constat de cette antique sagesse.
 
En effet, Alassane Ouattara, bardé de sa réputation trop claironnée de technocrate, de bureaucrate féru des traditions démocratiques et managériales de l’Occident moderne, allait transformer la Côte d’Ivoire en un paradis sur terre. Jouant au blanc à la peau noire, rivalisant de signes de finesse qui le firent passer pour un gentleman de la haute classe des esthètes de l’esprit occidental, Alassane Ouattara se présenta à merveille sous les atours magnifiques d’un ange de lumière très séduisant. Quand le Président Houphouët-Boigny présenta l’inconnu au bataillon aux Ivoiriens, la promesse de bonheur aveugla bon nombre d’entre nous. Le mythe d’ADO-Pissanci était né. Avec une esbroufe et un tapage inégalés dans l’histoire de notre pays, le mensonge d’État s’installa confortablement au sommet de la Côte d’Ivoire. L’un des thèmes les plus rebattus dans les oreilles des Ivoiriennes et des Ivoiriens par la propagande d’Alassane Dramane Ouattara fut précisément celui de l’efficacité et de l’efficience institutionnelles. Définissons bien ces concepts. 

On entend par efficacité, l’aptitude d’un individu ou d’une organisation, à parvenir à atteindre les objectifs qu’il se fixe. Être efficace, c’est pouvoir articuler des moyens pour atteindre avec succès un but. Mais mieux encore, l’efficience, quant à elle, consiste en la capacité à atteindre ses objectifs, donc à être efficace tout en faisant la plus grande économie de moyens, sans le moindre gaspillage. L’efficacité combinée à l’efficience donne la meilleure des gouvernances possibles : économie d’hommes, de moyens, de temps, d’énergie et gains en augmentation perpétuelle. Le Graal de l’action publique en un mot. 
Or, tout le monde se souvient que de façon répétée, Alassane Ouattara a dit aux Ivoiriens qu’ayant géré depuis ses bureaux de Washington, plus de 200 pays quand il était DGA du FMI, ayant redressé les plus grandes économies du monde comme celles du Japon et de l’Allemagne d’un véritable coup de baguette magique, lui, Alassane Ouattara, savait depuis lors qu’on n’a pas besoin de plus de quinze (15) personnes pour diriger de façon optimale un pays. Oui, vous avez bien entendu, il avait promis un gouvernement technocratique et bureaucratique de moins de quinze (15) personnes compétentes aux Ivoiriens. Mais ça, c’était de la pure parlotte. 

Quand en 2010 Alassane Ouattara est arrivé aux affaires en Côte d’Ivoire, nous avons en réalité assisté à un phénomène tout à fait contraire : l’inflation des institutions. Rendez-vous compte !  La France et les États-Unis d’Amérique, ces deux démocraties occidentales qu’Alassane Ouattara prétend connaître par cœur et qu’il aurait arpentées en long et en large, sont constituées respectivement de HUIT (8) et QUATRE (4) institutions. La Vème République française du Général De Gaulle, fondée en 1958, comprend jusqu’à ce jour :

- La Présidence de la République ;
- Le Gouvernement ;
- L’Assemblée nationale ;
- Le Sénat ;
- La Cour de Cassation ;
- Le Conseil Économique, Social et Environnemental ;
- Le Conseil d’État ;
- Le Conseil constitutionnel.

Tout ceci pour une population totale de 67 millions d’habitants !

Aux États-Unis, depuis plus de 200 ans, on compte quatre (4) institutions politiques fondamentales : 

- La Présidence de la République ;
- Le Sénat ; 
- La Chambre des Représentants ;
- La Cour suprême. 

La fédération américaine a aujourd’hui près de 330 millions d’habitants.

La Côte d’Ivoire du Président Houphouët-Boigny, à partir de la constitution du 3 novembre 1960, comportait CINQ (5) institutions politiques jusqu’en 1991 : 

- La Présidence de la République ;
- L’Assemblée nationale ;
- La Cour suprême ;
- La Haute cour de Justice ;
- Le Conseil Économique et Social. 

Le poste de Premier ministre, occupé à l’époque par Alassane Dramane Ouattara fut créé en 1991. Sous la présidence Bédié, entre 1993 et 1999, s’ajouta le Conseil constitutionnel, soit un total de SEPT (7) institutions.
 
À l’issue de la constitution de 2000, la Côte d’Ivoire compta DIX (10) institutions politiques : 

- La Présidence de la République ;
- La Primature ;
- L’Assemblée nationale ;
- Le Conseil constitutionnel ;
- La Cour de Cassation ;
- Le Conseil d’État ;
- La Cour des Comptes ;
- La Haute cour de Justice ;
- Le Conseil Économique et Social ;
- Le Médiateur de la République.

On était déjà passé du simple au double, puisque le Président Houphouët gouvernait essentiellement avec cinq (5) institutions politiques de 1960 à 1991, puis avec six (6) jusqu’en 1993.
 
Or, avec Alassane Dramane Ouattara au pouvoir dès 2010, l’inflation institutionnelle a explosé. Le soi-disant technocrate qui pompait l’air aux Ivoiriens au début des années 90 avec ses soi-disant promesses de rigueur, d’efficacité, d’efficience et de bonne gouvernance, s’avéra un expert en gaspillage compulsif de ressources publiques. Il va battre tous les records avec la réforme constitutionnelle de 2016, en créant ni plus ni moins SEIZE (16) institutions politiques, soit 4 fois plus que les États-Unis, 2 fois plus que la France et environ 3 fois plus que la Côte d’Ivoire sous le Président Houphouët. Une véritable catastrophe ! 
La Côte d’Ivoire avec 26 millions d’habitants, compte les 16 institutions suivantes :

- La Présidence de la République : Alassane Ouattara, né le 1er janvier 1942, malade ;
- La Vice-présidence de la République : vacante ;
- La Primature : Achi Patrick, né le 17 novembre 1955, malade ;
- L’Assemblée nationale : Amadou Soumahoro, né le 31 octobre 1953, malade ;
- Le Sénat : Ahoussou-Kouadio Jeannot, né le 6 mars 1951, malade ;
- Le Conseil constitutionnel : Kone Mamadou, né le 18 septembre 1952, malade ;
- La Cour de Cassation : Chantal Nanaba Camara ;
- Le Conseil d’État : Patrice Yao Kouakou ;
- La Cour des Comptes : Diomandé Kanvally ;
- Le Médiateur de la République : Adama Tounkara, né le 11 juin 1943 ;
- La Grande Chancellerie : Henriette Dagri Diabaté, née le 13 mars 1935, malade ;
- Le Conseil Économique, Social, Environnemental et Culturel : Eugène Aka Aouélé, né le 13 juillet 1948 ;
- La Commission Électorale Indépendante : Coulibaly-Kuibiert Ibrahime, né le 30 mai 1966 ;
- La Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance : N’Golo Coulibaly, né le 1er janvier 1945, malade ;
- L’Inspection Générale de l’État : Ahoua N’Doli Théophile, né en 1940 ;
- La Chambre des Rois et des Chefs traditionnels : Tanoé Amon Paul Désiré, né le 22 août 1935.
 
La Côte d’Ivoire compte donc 16 présidents d’institutions, alors que la fédération des États-Unis d’Amérique en a quatre (4), la France huit (8) et là où, le grand Houphouët en avait cinq (5) de 1960 à 1991 ! Chacune de ces institutions budgétivores de l’État est douée d’une autonomie relative de fonctionnement et d’un budget de souveraineté. Alassane Ouattara lui-même, en sa qualité de Président de la République, n’a pas hésité à se tailler la part du lion avec 342 milliards de FCFA par an, comme l’a si bien observé le journal d’investigation La lettre du Continent, basé à Paris. Quel monstrueux gaspillage des ressources publiques ! Sans compter la ribambelle de 40 à 60 ministres qu’il a régulièrement infligé à notre chère Côte d’Ivoire ! Une vraie saignée de milliers de milliards au profit d’un homme imbu de lui-même et de sa cour de courtisans sans foi ni loi. Là où la défaillance d’Alassane Ouattara est encore plus criarde, c’est lorsqu’on compare le nombre d’institutions de la Côte d’Ivoire sous lui, à celui des pays du fameux pré carré français d’Afrique francophone, au standing comparable à celui de la Côte d’Ivoire. Prenons-en trois : le Sénégal, le Cameroun et le Gabon.

Le Sénégal du Président Macky Sall comporte sept (7) institutions :
 
- La Présidence de la République ;
- La Primature ;
- L’Assemblée Nationale ;
- Le Haut Conseil des Collectivités Territoriales ;
- Le Conseil constitutionnel ;
- Le Conseil Économique et Social ;
- La Médiature.
 
Le Cameroun de Paul Biya comporte six (6) institutions :

- La Présidence de la République ;
- La Primature ;
- L’Assemblée Nationale ;
- Le Sénat ;
- Le Conseil constitutionnel ;
- Le Conseil Économique et Social.
 
Le Gabon d’Ali Bongo comporte sept (7) institutions :

- La Présidence de la République ;
- La Primature ;
- L’Assemblée Nationale ;
- Le Sénat ;
- Le Conseil constitutionnel ;
- Le Conseil Économique et Social ;
- Le Conseil National de la Communication. 
 
Avec ses très budgétivores seize (16) institutions politiques, Alassane Ouattara arrive donc en bon dernier en matière de bonne gouvernance et d’équilibre institutionnel dans toute l’Afrique francophone et sans doute dans toute l’Afrique, tout court. 
Au moment où les Ivoiriens sont sans écoles, hôpitaux, universités, ni prisons viables ; au moment où les familles ivoiriennes de toutes conditions souffrent de délestages dramatiques d’électricité et de coupures sauvages d’eau potable ;  au moment où la Côte d’Ivoire, après 11 ans de pouvoir Ouattara, n’a toujours pas un seul hôpital en mesure de soigner les membres du gouvernement pléthorique du RHDP ; au moment où la messe de requiem pour dame Justice en Côte d’Ivoire a été dite ;  au moment où plus de 70% des Ivoiriens en âge de travailler sont au chômage, avec plus de 50 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, comment comprendre que le sieur Alassane Ouattara ait mis en place ces monstrueuses et énormes pompes à fric dans le dos du pauvre Peuple ivoirien ? Pourquoi le bonimenteur prétendument descendant d’empereurs de Sindou, ce soi-disant technocrate, venu du FMI et de la Banque Mondiale, s’est-il laissé aller à ce gaspillage fou et honteux de nos ressources publiques ? Les Ivoiriens doivent à présent comprendre la cause profonde de toute cette dérive. La voici : 

L’inflation institutionnelle sous Alassane Ouattara est une méthode de compensation de son manque de légitimité démocratique. Pour boucher le trou béant du viol de la constitution, de l’usurpation du pouvoir et des crimes de masse commis pour capturer l’État de Côte d’Ivoire ; il a choisi de multiplier les tabourets pour entretenir une clientèle politique de cadres corrompus, issus de toutes les régions du pays. L’objectif est de se donner un vernis de représentativité nationale en distribuant ces institutions à des personnalités serviles, rompues à la politique du ventre, au mépris de l’État de droit et de la démocratie que les Ivoiriens appellent pourtant de tous leurs vœux depuis des décennies.
 
Enfin, j’espère bien que tout le monde a compris pourquoi le réflexe le plus naturel d’Alassane Ouattara est d’accélérer la spirale du surendettement ivoirien. Non seulement, sa formule de gouvernance n’est pas efficace, mais elle n’est pas non plus efficiente. Pis encore, elle nous conduit tout droit dans le mur de la banqueroute collective. Contrairement à ses prétentions, Alassane Ouattara n’aura même pas atteint, à la cheville, le Président Houphouët-Boigny en matière de bonne gouvernance. Il est le pire de tous les présidents ivoiriens en matière de création et de gestion des institutions. C’est un gaspilleur invétéré d’argent public. Tout le contraire de son storytelling mielleux des premiers jours ! L’ange de lumière d’autrefois, n’était qu’un diablotin déguisé. Tout Ivoirien lucide le sait désormais
 
En vérité, je vous le dis : les Ivoiriens n’ont pas le choix. Si ce pays doit vivre, c’est au prix de la fin du régime de gabegie, de gaspillage et d’esbroufe d’Alassane Ouattara. C’est une question de vie ou de mort pour la Côte d’Ivoire.
 
CHRIS YAPI NE MENT PAS.


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