LES POTINS DE LA RÉPUBLIQUE : LES MILLIONS PERDUS DE KARIM KEITA

Karim Kéita, le fils d’Ibrahim Boubacar Kéita, ancien président du Mali, était très ami à Hamed Bakayoko. Cela, tout le monde le sait. Ce jeune homme qui a vu son père arriver au pouvoir, était fasciné par Hambak, qui en bon vivant, roi de la nuit, ne tarda pas à le séduire par son style de vie effréné et sans limites.

Karim Kéita, le fils d’Ibrahim Boubacar Kéita, ancien président du Mali, était très ami à Hamed Bakayoko. Cela, tout le monde le sait. Ce jeune homme qui a vu son père arriver au pouvoir, était fasciné par Hambak, qui en bon vivant, roi de la nuit, ne tarda pas à le séduire par son style de vie effréné et sans limites. Ministre de l’Intérieur, puis Ministre de la Défense, Hamed Bakayoko, en plus d’être un homme politique était surtout un homme d’affaires qui trempait aussi bien dans la drogue que dans toutes les affaires louches. C’est ce qui va causer la perte de ce jeune homme, au début assez timide et plutôt respectueux. 

Quand la rencontre eu lieu entre les deux hommes, ce fut à l’instigation d’Hambak et c’est ainsi que ce jeune homme va rentrer dans le monde de la bamboula. Séjour à Ibiza, voyages en jets privés, belles femmes à profusion, etc. Ils ont tout fait, tout vécu. 
Il faut dire qu’à l’époque, Karim Kéita était Président de la Commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale malienne. À ce titre, il s’est lancé dans la recherche et l’achat d’armes. C’est dans ce cadre qu’il a rencontré et présenté l’espion Olivier Bazin à Hamed Bakayoko. Ce dernier a été mis en mission par Hambak avec un autre sinistre individu, Robert Montoya, pour faire tomber des hommes politiques ivoiriens. Ce sont ces deux individus qui ont fait filmer le premier coup d’État que Stéphane Kipré a financé et qui devait être exécuté par le Commandant Abéhi et autres. 
Après cet épisode, Karim Kéita et Hamed Bakayoko étaient comme deux larrons en foire et on les voyait partout. Menant une vie débridée, il fut rapidement considéré comme le symbole de la corruption et de la dépravation dans son pays, le Mali. 
D’ailleurs, tout le monde est unanime à dire que le comportement délictueux et saprophyte de Karim Kéita a été pour beaucoup dans la chute de son père. Quand son père fut renversé par un coup d’État militaire, Karim Kéita s’est enfui et s’est réfugié en Côte d’Ivoire. Hamed Bakayoko, son parrain, se démena pour faciliter l’exfiltration et l’accueil de son poulain à Abidjan. 

Mais, ce que les Ivoiriens et les Maliens ignorent, c’est que Karim Kéita dans sa fuite a emporté plusieurs mallettes contenant des euros. Le butin emporté par le jeune fuyard est estimé à environ 10 à 15 millions d’euros, l’argent du contribuable malien. Pour mettre son magot en sécurité, il va le à confier Hamed Bakayoko en qui il a toute confiance. Ne sont-ils pas tous deux membres de la franc-maçonnerie ? Hambak lui conseilla de garder environ 2 millions d’euros sur lui, pour faire face à ses dépenses personnelles et aux frais de courtisans et de sympathisants. 
Quelque mois plus tard, voici qu’Hamed Bakayoko tombe malade. Au départ, le jeune Karim se gênait pour lui demander de lui restituer son argent. Malheureusement, Hambak finit par succomber à sa maladie. Tous ceux qui le connaissent affirment que le jeune Kéita a pleuré toutes les larmes de son corps ce jour-là. Ces larmes que l’on croyait provoquées par la perte d’un être cher, d’un ami, d’un mentor, étaient plutôt dues à l’argent qu’il avait confié au défunt et qu’il risquait de ne plus retrouver. 

Après la période de deuil, Karim Kéita a approché Yolande Bakayoko, la veuve de son parrain, pour l’informer que son défunt mari possédait une somme de plusieurs millions d’euros qui lui appartenait. Mme Bakayoko répondit qu’elle n’en savait rien et que ce n’était vraiment pas sa préoccupation pour l’heure. Jusqu’à ce jour, Karim Kéita n’est pas entré en possession de son magot et pleure chaque jour à chaudes larmes. Ses proches s’inquiètent et veulent éviter que de détresse, il n’en arrive à se suicider. Comme quoi, bien mal acquis ne profite jamais. 

CHRIS YAPI NE MENT PAS.

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