Education - Ce gouvernement se contente de faire de la politique...

Ce gouvernement ne réforme pas. Il se contente de faire de la politique. A l'ancienne...

Depuis plusieurs années, l'immense majorité des politiciens français a cédé au pouvoir absolu du court terme, à l'immédiateté d'un résultat et à la dictature des sondages. Les élections se succèdent à un rythme accéléré. Qui peut s'en plaindre? N'est-ce pas le signe d'une démocratie vivante? Tant de peuples nous envient!

Hélas, ces échéances électorales qui reviennent inlassablement en cadences régulières imposent aux candidats, comme aux électeurs, l'obligation de la victoire, la peur de la défaite et surtout les obligent à s'interdire toute vision à long terme puisque ce long terme est parsemé d' "obstacles" à franchir et à franchir absolument sous peine de "mort politique".

L'éducation: un cas d'école

Sans revenir trop loin en arrière et ne disposant pas des compétences historiques d'un Claude Lelièvre par exemple, il est facile d'observer les dégâts causés par la succession rapprochée, dans le temps long de l'Histoire, des différentes "réformes" construisant et déconstruisant méthodiquement les politiques éducatives en France. C'est absolument affolant et chaque décision en annule une autre. Ou se superpose en un mille-feuilles indigeste. Enseignants et élèves subissent. Les parents informés savent éviter les pièges. Les autres franchissent tant bien que mal les haies. Ou pas...

Nos politiques - droite et gauche - seraient donc très bien avisés, notamment en matière de politique éducative où les résultats ne peuvent pas être obtenus dans un temps court, de cesser d'annoncer, comme c'est le cas actuellement, que les "réformes" vont résoudre les problèmes de notre Ecole. C'est tout simplement impossible et donc voué à l'échec; échec que le citoyen ne manquera pas, aussi inlassablement que reviennent les réformes, de reprocher aux gouvernements successifs, tous esclaves du temps court et du résultat - utopique - immédiat. 

Le gouvernement: un cas d'école

Et ce gouvernement de "réformer" en détricotant le travail de la Ministre précédente, en promettant - évidemment - que ses décisions sont le rattrapage d'années de "déshérence", que le passé est une charge à éliminer. A force de regarder dans le rétroviseur, de régler des comptes, la vision à long terme - et en matière d'éducation, elle est une obligation qu'avaient comprise Vincent Peillon, Benoit Hamon et Najat Vallaud-Belkacem  -  se brouille.

Toute décision est alors d'abord dictée par la "stratégie immédiate" quand il faudrait adopter une attitude "révolutionnaire" sur le plan politique:

PROJETER notre école - et donc notre pays- à "horizon trente ans". Voire plus!

On en est, actuellement, très loin... Très loin... 

Ce gouvernement ne réforme pas. Il se contente de faire de la politique. A l'ancienne...

Christophe Chartreux

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