#college2016: nous réussirons! Ensemble!

Les journées de formation "collège2016", exigées et obtenues par l'ensemble des syndicats enseignants, se déroulent en ce moment partout en France. Dans le même temps, les dotations horaires globales sont portées à la connaissance des équipes pédagogiques. Elles le sont lors de réunions plénières réunissant l'ensemble des professeurs du même établissement.

Les journées de formation "collège2016", exigées et obtenues par l'ensemble des syndicats enseignants, se déroulent en ce moment partout en France.

Dans le même temps, les dotations horaires globales sont portées à la connaissance des équipes pédagogiques. Elles le sont lors de réunions plénières réunissant l'ensemble des professeurs du même établissement.

Cette année est un peu "particulière". En effet la dotation tient compte des nouveautés qui seront applicables et appliquées dès septembre 2016. En particulier les Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI) et les Aides Personnalisées (AP).

De nombreux collègues ont exprimé des inquiétudes, des incompréhensions, voire de fermes oppositions. C'est tout à fait légitime. Toutes les réformes, et de manière encore plus sensible dans le corps enseignant, entraînent leur lot d'inquiétudes. Il est dommage que quelques débordements aient eu lieu et aient encore lieu lors de diverses réunions ou journées de formation. Les méthodes d'obstruction ne remplaceront jamais le débat raisonné et raisonnable entre adultes responsables qui ne peuvent adopter les attitudes reprochées et interdites, heureusement, à leurs élèves. On ne peut pas se réclamer du "camp de l’exigence" et, dans le même temps, organiser des chahuts comme le dernier des potaches. C'est la "meilleure" manière de se tirer une balle dans le pied et de très nombreux collègues, la majorité silencieuse, commencent à trouver ces formes d'opposition/obstruction pour le moins insupportables.

Tout cela se heurte désormais aux réalités offertes par les dotations horaires globales. Il ne s'agit plus seulement de supposer, d'affirmer péremptoirement, d'annoncer des horreurs comme "la mort de la civilisation", de condamner irrévocablement et sans appel. Chaque enseignant, chaque chef d'établissement, tous doivent désormais faire face aux réalités qui se dessinent et se concrétisent sur le terrain, dans l'intérêt de celles et ceux dont la refondation est l'enjeu principal: nos élèves!

J'ai assisté, en enseignant, à la Reunion "DHG" de mon collège... Par mes divers contacts, y compris auprès de collègues opposés à la réforme mais ouverts au dialogue constructif, j'ai pu constater un changement dans les attitudes. De plus en plus nombreux sont ceux:

- qui comprennent que cette réforme offre des MOYENS!

- que les lettres classiques ne sont pas vouées à la mort (Des professeurs de lettres classiques DECOUVRAIENT qu'il existait un programme!);

- que l'allemand a une chance extraordinaire de retrouver son lustre passé. Pour rappel, l'allemand comme les langues anciennes empruntaient la pente dans le sens descendant depuis des années. Tout cela dans un silence assourdissant! Quand même

- que les EPI sont une manière de travailler les DISCIPLINES autrement et certainement pas de nier ces mêmes disciplines;

- que nous allons pouvoir travailler en véritable EQUIPE! J'ai eu la bonne surprise d'entendre des collègues me dire:

"Ce qui est quand même bien, c'est qu'on va se parler maintenant".

Oui, en effet, et d'autres choses que les nécessaires et amusantes conversations autour de la machine à café de nos salles des professeurs.

Un autre me disait aussi, par mail:

" J'ai découvert après 25 ans de métier qu'il pouvait être intéressant de prendre connaissance des programmes qui n'étaient pas ceux de ma discipline. J'y ai même appris pas mal de choses!".

A la fin de la réunion, passée dans une excellente ambiance, les EPI et l'AP étaient quasiment entrés dans les mœurs. Les angoisses disparues et les questions résolues, chacun comprenait que cette réforme devait être "prise en mains" par nous toutes et tous.

Nous sommes entrés, enfin, dans la phase d'appropriation!

Bien entendu, le plus difficile, et donc le plus passionnant, reste à réaliser. Il faudra qu'en juin 2017 le bilan soit positif. Il faudra améliorer ce qui peut-être n'aura pas ou mal fonctionné. J'espère, pour nos élèves une fois encore, que chacun, pro et anti réforme réunis, mettra tout en oeuvre pour la réussite de cette refondation. Si elle n'est pas parfaite - existe-t-il des réformes parfaites? - elle est une opportunité qui pourrait ne pas se représenter de sitôt... Quel que soit l'avenir politique du pays...

Nous réussirons! Ensemble!

Christophe Chartreux

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