2020 ou le retour de la pensée éclairée par le débat d'idées...

"Emanciper"! Tout le contraire du triomphe de l'individualisme voulu par le Président Macron tournant de plus en plus le dos à la construction du commun.

Noël. Période propice à la réflexion, au temps qui se pose et aux sourires partagés. L'année 2019 aura été à l'image de la précédente: agitée, floue, souvent consternante par les approximations, les contre-vérités, les fake news. La raison, le débat critique et contradictoire souffrent en Macronie. Souffrent d'être attaqués, souffrent de ne pas exister. Ce sont pourtant - la raison et le débat - deux piliers de la démocratie. Démocratie qui, sans eux, se voit dépossédée et donc rendue incapable de remplir son office: prendre soin du citoyen, accompagner la nation, lui offrir du temps disponible non pas pour Coca-Cola mais pour l'intelligence partagée, éclairée et éclairante.

L'Ecole - au sens le plus large - devrait être le lieu privilégié des apprentissages au débat critique, au raisonnement construit et argumenté. Dès le plus jeune âge. Au lieu de ça, se construit sous nos yeux et malgré nous une forme bizarre d'Ecole davantage utile à fabriquer une société libérale et égoïste - quand le libéralisme partout s'essouffle à force d'échecs répétés - qu'à émanciper tous les enfants de ce pays, sans distinction, qu'à émanciper les femmes et les hommes devenus adultes.

"Emanciper"! Tout le contraire du triomphe de l'individualisme voulu par le Président Macron tournant de plus en plus le dos à la construction du commun. Gravissime erreur dont les effets se font sentir ces temps-ci. La volonté de réussite personnelle à tout prix engendre frustration, colère, violence et révolte chez les oubliés, très nombreux, de la dogmatique start-up nation où tout DOIT réussir, où tout DOIT aller vite, où tout DOIT être action permanente, sans repos ni retraite. Ou tout, aussi, DOIT être soumis à évaluation systématique. A l'Ecole - les derniers résultats de l'enquête PISA l'ont mis en lumière - les écarts se creusent à nouveau entre ceux qui ont tout et ceux qui ont moins, voire rien du tout. C'est à terme très dangereux quand il faudrait, urgemment, recréer les conditions permettant de faire de nos élèves de futurs citoyens. Plutôt que construire une société dans laquelle ils seront confinés, respectivement, à des communautés imposées.

Je suis néanmoins confiant. 2020 devrait voir le retour de la pensée illustrée par le débat d'idées.

Ces idées qui mènent le monde...

Christophe Chartreux

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