Voilà donc revenu le plat réchauffé du latin et du grec...

Une conception très libérale de l'éducation, tournant le dos à TOUT ce qui se fait de mieux en Europe.

Voilà donc revenu le plat réchauffé du latin et du grec. C'est dans le JDD.

"Latin et Grec sont la sève vivante au sein de notre langue. Offrir cet enseignement approfondi à nos élèves est un enjeu de civilisation et de justice sociale."

"Le latin continuera de rapporter des points au bac"

Le MEN

Alors me reviennent encore et toujours - je ne m'en lasse et ne m'en lasserai pas - ces question auxquelles il n'est jamais répondu de manière satisfaisante:

Pourquoi le latin et le grec en options? Pour maintenir l'entre-soi minimal des latinistes/Hellénistes? 20% en collège/4% en terminale/1% après le bac...

Pourquoi ces deux sublimes langues - je suis un latiniste/helléniste - ravalées au rang de "points" que celles-ci "rapporteraient"? Est-ce cela les Humanités? Des points?

Quant à l'enjeu de civilisation, ne concernerait-il qu'une partie éclairée de nos élèves?

Les professeurs de lettres classiques ont des raisons de s'inquiéter de la réforme du lycée. Reparler d' "enjeu de civilisation" (Ah la civilisation en danger sans le latin et le grec que Najat Vallaud-Belkacem a osé supprimer! Ce qui est totalement faux!), faire allusion à une "justice sociale" (?) sont des éléments de langage désormais datés et qui ont trouvé leurs limites. La réforme du collège autorisait le plus grand nombre à partager l'enjeu de "civilisation", aujourd'hui de nouveau réservé à quelques-uns.

Hélas!

Sans parler bien évidemment des collègues professeurs d'éducation musicale et d'arts plastiques, très en colère en constatant que les options ne sont pas toutes traitées à égalité...

L'école de la confiance?

Au-delà de cette sempiternelle ritournelle au sujet du latin et du grec, le monde enseignant, au nom duquel je ne parle pas, ne donnant ici qu'un ressenti, s'interroge à propos d'un slogan:

"L'école de la confiance".

Le monde enseignant bien au-delà de celui des lettres classiques.

Le professeur qui se construit, dans une école qui se déconstruit, ne passe pas. La reprise en mains des ESPE qui deviennent des "Instituts", le contrôle tatillon par des évaluations permanentes, la fin programmée des pédagogies, les neurosciences en réponse à tout et n'importe quoi, cette école ultra-libérale peuplée d'enseignants/collaborateurs sommés d'adhérer au projet d'une Macronie "pensant comme une start-up nation" - je cite Emmanuel Macron - tout cela ne rencontre pas l'adhésion. Je l'entends. Je le lis.

Le risque étant désormais réel de voir l’enseignant passer du statut de concepteur à celui d' évaluateur permanent, appliquant docilement les "recommandations" venues d' "en-haut". 

Une conception très libérale de l'éducation, tournant le dos à TOUT ce qui se fait de mieux en Europe!

Non, vraiment, tout cela ne passe pas... Et la "civilisation" n'a rien à faire là...

Attention! Dégâts en vue...

Christophe Chartreux

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