Le "jour d'après"... Quelle éducation?

Nous changerons peut-être de techniques de management, mais nous resterons dans le management.

Chers amies et amis,

Peut-être me lisez-vous un peu sur Twitter. J'y exprime un pessimisme lucide. Je ne sais ce que vous en pensez et ne veux pas vous "faire penser", mais en ce qui me concerne, je ne crois pas une seconde à un changement radical du monde à venir si les mêmes équipes viennent à rester aux affaires le "jour d'après". Je sens déjà venir les premiers signes d'un retour à la "normale". Il faudra travailler beaucoup et pour pas grand chose afin de "redresser le pays". Tout empêcheur de "penser en rond" sera immédiatement condamné au pilori comme traître à la nation.

Emmanuel Macron fera de beaux discours - vides mais que BFM Tv trouvera géniaux - et il rendra hommage aux victimes du virus lors d'un 20h prochain. Puis chacun retrouvera ses habitudes retournant servir la machine à produire, à polluer.

Entendra-t-on les discours de celles et ceux conservant les yeux ouverts et gardant l'esprit libre? Je ferai tout pour qu'il en soit ainsi et accompagnerai celles et ceux qui parlent et combattent. J'espère que tout cela ne restera pas vain.

Concernant l'école, j'écoute toujours "notre" ministre avec attention et intérêt. Il se montre, jour après jour, très satisfait de la "continuité pédagogique" mise en place par le biais d'une forme de télé-enseignement. Hélas, elle est TRES inégale. Bien des élèves n'ont à ce jour donné aucun signe de vie ni de travail. Et pour cause:

Très nombreux sont les élèves ayant troqué l'ordinateur classique contre les portables et les tablettes, davantage conçus pour "consommer" que pour travailler. Enregistrer? Ils cliquent sur l'icône/disquette mais combien sont sont capables de retrouver leur fichier? Qui leur apprend l'organigramme d'un disque dur?

Je crains donc que l’après ne soit guère différent de l’avant ! Le risque d’une reprise en mains autoritaire où toutes les « mauvaises langues » seraient black-listées pour « atteinte au moral de la nation » existe vraiment. Et m’inquiète profondément.

Nous croulons sous les belles analyses (y compris de Finkielkraut et Redeker! C'est dire!) sur les solidarités à activer, le primat de l’humain sur l’économie, etc. Mais, l'avez-vous remarqué, RIEN SUR L’EDUCATION (à la coopération, à l’autonomie, à l’interculturel)… Cette absence totale, partout (même chez Edgar Morin), de la dimension éducative en dit long sur le fait que nous ne changerons pas vraiment de paradigme.

Nous changerons peut-être de techniques de management, mais nous resterons dans le management.

Alors réveillons-nous! Révoltons-nous!

Vite!

Christophe Chartreux

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