#COP21 : on a (pas) marché sur Paris !

Les temps sont difficiles. L'Etat d'urgence plébiscité par les français, d'après les sondages, est une belle aubaine pour nous empêcher de nous faire entendre, pour museler la sacro-sainte liberté d'expression qui était pourtant défendue à l'unanimité en janvier dernier. Des "Je suis Charlie", il ne reste plus grand chose. Il reste une Marseillaise qui résonne partout et quelques drapeaux.

"Marchons, marchons..."

Ces mots chantés sur tous les tons depuis deux semaines ne veulent plus rien dire. Marchons, marchons, mais ni pour le climat, ni pour quoi que ce soit ! A la rigueur marchons vers les chalets des marchés de Noël ou vers les magasins pour relancer la croissance. Mais dans la rue ? Vous n'y pensez pas ! C'est trop dangereux ! 

Les centaines de milliers de marcheurs, qui devaient ouvrir la COP21, ont été remplacés par des paires de chaussures, des assignations à résidence et des échauffourées entre des casseurs qui n'ont rien à voir avec des écologistes et des policiers sur les nerfs. 

  • La COP21 s'ouvre sur fond de désastre écologique majeur qui frappe le Brésil. Ils n'en parleront pas.
  • La COP21 s'ouvre alors que l'Indonésie brûle. Ils n'en parleront pas.
  • La COP21 s'ouvre pendant que les chasseurs, sous les ordres de Madame Royal, flinguent nos loups, ils n'en parleront pas.
  • La COP21 s'ouvre alors que l'Etat nous ignore, mais qu'il drague les chasseurs, qu'il sacrifie nos forêts et que les sponsors de la COP font du Greenwasing à tout va. Ils n'en parleront pas.

Un minuscule espoir tout de même dans ce chaos : le village mondial des alternatives des 5 et 6 décembre à Montreuil. Ce week-end, sur le stand d'AVES France, nous parlerons de l'ours polaire et du climat, bien sûr, mais aussi des sujets tabous : la chasse, le loup, la déforestation, l'huile de palme, la captivité, l'ours, les lynx et des actions que nous soutenons comme le refuge Amazoonico, le travail d'Andean Bear Foundation etc. 

Il ne faut pas laisser Ségolène sauver l'ours polaire et s'essuyer les pieds sur le reste de la faune sauvage, qu'elle a choisi de sacrifier. 

Nous ne marcherons pas, mais nous pourrons parler.

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