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Billet de blog 13 juil. 2009

Eric Kandel, "la rockstar des Sciences neurologiques !"

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Que voila un film documentaire de Petra Seeger "Auf der Suche nach dem Gedächtnis" ave qui vous réconcilie avec la Science et avec l'Humanité. C’est drôle, ce matin, je lisais l'ami Dominique qui écrivait dans un billet récent sur le racisme que « On aura la nausée. On se sentira sale. On pensera que l’espèce humaine est capable de tout et du pire. Et c’est dans le pire qu’elle semble être le plus capable. On pensera que l’on était à l’abri. Parce que l’on croyait que ce genre de choses n’avait plus lieu d’être, ni même de raison d’exister. Puis, la douleur viendra. Terrible parce que muette. Intense, insidieuse, insupportable, inacceptable, irrationnelle. Et si réelle pourtant. Les racistes sont des gens qui se trompent de colère. En les combattant, la seule façon de vivre dignement selon moi, on ne peut éviter l’engrenage. Si on les combat de front et avec leurs armes. Mais combattons-les autrement. En les laissant, mains sales et doigts broyés dans la charpie rance de leurs idées putrides, s’enferrer dans leurs certitudes nauséabondes. »

(http://www.mediapart.frhttp://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-bry/120709/les-racistes-sont-des-gens-qui-se-trompent-de-colere)

………et j’ai pensé que ce film là était à lui tout seul une sorte de réconciliation et de baume au cœur pour ces moments de rage interne. Ce film ne tend pas la plume ni la main au racisme, il est un hymne en contre de celui-ci. De par celui qu’il décortique, qui enfant, a du fuir son pays parce qu’il était juif, et qui de nombreuses années plus tard y revient en grande pompe parce qu’il a reçu un prix Nobel. De par ces phrases, oui il s’agit bien d’une forme de « compensation, réparation » à une mémoire trahie de l’enfance. De sa femme, Denise, cachée dans un couvent racontant à se petite-fille qu’elle n’osait pas parler aux autres enfants de peur de se trahir et cherchant partout ce fameux souterrain qui était sa voix de fuite en cas de descente des nazis... De cette équipe de chercheurs venant de partout qui travaillent ensemble pour découvrir ce qui se cachent derrière ces cellules étranges qui tissent nos souvenirs en se prolongeant dans notre cerveau.

Pourquoi ce film n’est pas qu’un film sur un homme de sciences, peut-être que parce que le scientifique en question est avant tout un homme ? En tout cas, la réalisatrice a réussi le pari génial de nous rendre concret tout l’abstrait d’une recherche scientifique, de par la vie même du scientifique en question !

Eric Kandel est sympathique, son rire est contagieux, sa vision du monde n’est pas accusatrice mais explicatrice, évaluatrice. Les scènes de son voyage en Europe aux sources de son enfance et de celle de sa femme, à Vienne et dans la région de Cahors, avec leur enfant et petite-fille sont fabuleuses d’émotion. Elles rendent d’autant plus sensibles la notion même de recherche sur la mémoire. Effectivement, comment fonctionnons-nous donc pour que se gravent en nous tant de souvenirs qui nous façonnent, au point de nous rendre unique. A chaque homme, un cerveau différent selon ce qu’il a vécu. La phrase plus haut pourrait se traduire ainsi « La mémoire est ce qui nous permet d’avoir une continuité dans notre vie, sans la force contraignante du souvenir, nos expériences seraient brisées en autant de fragments qu’il y a de moments dans notre vie. Nous sommes ce que nous sommes selon ce que nous apprenons et ce dont nous nous rappelons »

Une évidence me direz-vous ? Oui certes, mais une évidence prouvée. Devant les images grandissantes de l’écran du scientifique, je me tenais bouche bée dans la salle de cinéma. Effectivement, comme le dit Eric Kandel au début du film, mon cerveau est un peu différent car les gènes ont changé dans mon cerveau tant et si bien que j’avais envie de vous le faire partager.

De plus, et c'est une des grandes qualités du film, il donne une vision assez juste du monde scientifique et des équipes de travail mixtes et internationales qui le compose. Il donne aussi une vision optimiste, bien contraire à certaines inquiétudes françaises et européennes, de par la continuité la aussi, de générations qu'il donne à voir, entre les jeunes chercheurs et les "vieux compères" ci dessous ! C'est un clin d'oeil personnel, mais j'ai adoré cette scène au café entre trois hommes qui ont travaillé ensemble ou ont suivi leurs travaux réciproques durant de si nombreuses années.

http://www.kandel-film.de/

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