Retraites, syndicats, gouvernement, PS, si finalement nous faisions tous "faute route", ou comment démonétariser le lien social

Un constat purement statistique : la population française est estimée ,au 1er Janvier 2010 par l'INSEE, à 62,3 millions d'habitants, sur cette population il est précisé que 53% de celle-ci a entre 20 et 59 ans on pourrait penser que cela représente la population active salariée ou non salarié (y compris les chômeurs malheureusement) et bien non car celle-ci est de 28 146 000 soit 45% du total de notre population.

Un coup d'oeil sur les prévisions de population de l'INSEE démontrent que la partie la plus âgée progresse démographiquement, sachant que de plus en France le taux d'emploi des jeunes de 20 à 29 ans est faible pour ne pas dire très faible, il apparait inévitable de subir un accroissement très rapide d'inactifs à la charge des actifs.

voir lien Insee : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATTEF02164


Je dis que nous faisons collectivement fausse route car cela relève du simple bon sens qu'une société ne peut subvenir financièrement à un flot croissant d'inactifs et à la fois exclure de l'utilité sociale un nombre gigantesque de personnes aux deux extrémités de la pyramide des âges, les jeunes (-de 30 ans) et les plus anciens à partir de 50, 55, ou 60, 65 ans.
Cela nous conduit à un collapsus social et économique inévitable, alors que des besoins immenses, en matière humaine, humanitaire et social, ne sont pas pourvus.


Ce collapsus va arriver pour la simple et bonne raison, que l'ensemble de notre société monétarise le lien social et humanitaire.

Cela implique forcément de l'exclusion du simple fait de la logique comptable et financière : j'ai ou je n'ai pas le budget pour des actions sociales, collectives, les bénéficiaires ont ou n'ont pas l'argent pour prétendre avoir accès à ces actions.
Il devient à mon avis urgent et indispensable de sortir assez rapidement tout le domaine du lien social non seulement des logiques comptables et financières, mais plus radicalement de sortir de la monétarisation de ce lien.


Je m'explique qu'est ce que le lien social : c'est à la fois vaste et concret.


-Pour des mamans qui travaillent c'est compter sur des personnes et/ou structures pour aller chercher les enfants à l'école, et/ou suivre leurs devoirs.
-Pour des parents d'enfants en difficultés scolaires, ou souffrants de handicap, être accompagnés, aidés.
-Pour des malades qui ne peuvent sortir de chez eux, compter sur des personnes pour aller faire les courses, ou laver leur linge.
-Pour des jeunes en recherche d'emploi, trouver une personne, une entreprise, une association, qui va lui mettre le pied a l'étrier.
-Pour un SDF, un "Cassé par la Vie" , trouver un logement un lieu d'accueil, une oreille compatissante.
-Pour une personne âgée, compter sur quelqu'un pour l'emmener chez le médecin ou le pharmacien.
-Pour un sportif, trouver un coach, une équipe avec qui s'entrainer
Je pourrai ainsi continuer à l'infini ou presque.
Pour tous les exemples que je viens de citer il y a deux types de réponses : une financière, classique pour acheter une prestation sociale, une autre qui est le bénévolat ( qui est un des ciments de notre société avec12 millions de bénévoles pour 800 000 associations déclarées.)

Je voudrai soumettre à tous ceux et celles qui auront eu le courage de suivre mon propos l'idée suivante qui est :


L'instauration d'une contribution sociale obligatoire universelle, ou les 16-70 ans seront les contributeurs et dont toute la population de la naissance à la mort sera bénéficiaire de cette contribution.


L'idée étant de démonétiser cette contribution sociale obligatoire universelle, celle-ci prendra la forme de temps de compétences mises à la disposition de la collectivité. (chacun à des compétences ne serait-ce que pour porter un sac ou ouvrir une porte au minimum).


Bien sur tout cela nécessitera une organisation, de la motivation, des sanctions,
(par exemple, nécessité de participer pour tous les 16-70 ans pour obtenir par exemple des remboursement de sécurité social correct, des aides financières au logement, etc..)


La contribution temporelle de chacun pourra être variable bien sur selon son âge et ses activités professionnelles ou de formation, une sorte de compte temps de contribution sociale obligatoire universelle devra être affecté à chaque contributeur.


Pour que tout ceci puisse se mettre en place, il faudra laisser à chacun la liberté de s'investir dans les secteurs sociaux, humanitaires, sportifs ou culturels qui l'attire, cela me semble une évidence.


J'ai bien conscience que cela peut relever de l'utopie, amis souvent de l'utopie à la réalité il n'y a qu'un pas.
Je rappelle qu'aujourd'hui nous hommes déjà plus de 12 millions à nous investir dans des actions bénévoles à caractère sociales ou pour le moins non marchandes.(voir ce lien pour avoir plus de détail : http://cib-issy.org/spip.php?article13)


Il est évident que la solution que je propose va inévitablement impacter des emplois sociaux aujourd'hui rémunérés, mais il faudra obligatoirement intégrer que pour ce système fonctionne, des professionnels qui eux seront bien sur salariés, car ils deviendronts les garant du bon fonctionnement, sous une autorité démocratique.

Je vois à cette utopie, plusieurs avantages qui me font penser qu'elle peut rapidement être mise en place :

- Elle ne fait pas fondamentalement obstacle au mode de fonctionnement économique libérale (bien qu'elle peut l'impacter tout est dans la façon de voir la chose !), elle peut aussi palier à des graves errements du fonctionnement de léconomie ( chute brutale de valeurs monétaire,chomage massif, etc...)


- Elle ne s'oppose pas au principe républicain, et même bien au contraire, de liberté, égalité, fraternité, inscrit aux frontons de nos mairies et bâtiments républicains.

- Elle libère, en partie, les collectivités locales et nationales d'une dette financière, nécessaire au fonctionnement des rouages sociaux.

- Et surtout son caractère universel fait que personne de 16 à 70 ans ne peut se soustraire à cette contribution, TEMPORELLE ET NON MONETAIRE sociale obligatoire.
Et ce quelque soit sa fonction ou position sociale , SDF, PDG, Députés, Maires, Chef d'Entreprise, Médecin, Avocat, retraité, jeune en recherche d'emploi, femme ou homme au foyer etc..
De même à l'Inverse toute personne de la naissance à la mort peut bénéficier de cette contribution sociale universelle, quelque soit sa fonction ou position sociale .


En démonétarisant cette contribution sociale obligatoire, on ne pratique plus l'exclusion sociale ou l'évaluation sociale par l'argent, mais au contraire on instaure l'inclusion sociale.


Il est bien évident que cette forme de participation sociale ne peut et ne doit s'exercer que dans un cadre démocratique pour en fixer les limites, les modalités, les valeurs.


Je ne sais pas si cette utopie a été développé quelque part, je souhaiterai avoir les avis des uns et des autres sur une possible démonétisation du lien social.

Nouveau au 16-09-10 : En feuilletant, sur le web les "guetteurs" d'alertes économiques (le blog de jorion, ainsi que celui du leap2020) je m'aperçois que l'utopie d'une entraide sociale obligatoire et universelle, risque d'arriver de façon finalement assez naturelle, à cause du collaps économique et financier mondial de la société capitaliste, dont nous n'aurions connu ces derniers mois qu'un avant goût !

Il se pourrait que le choix de mettre en place des solutions d'échange non monétaires ou non financières, devienne une solution de sauvegarde de la société.

Assuré Macif, comme peut-être certains d'entre vous, vous avez certainement reçu le denier mag d'info trimestriel ou est évoqué le très grave problème de la dépendance qui va s'accélerer massivement, très rapidement, les aidants familiaux ne sont pas reconnus, ne bénéficient très souvent d'aucune aide sociale qui pourraît les décharger de leur investissement familial, là aussi il facile de s'apercevoir que la monétarisation des aides se trouve vite devant un mur financier insurmontable, alors qu'une contribution sociale universelle et obligatoire peut apporter dans ce domaine des réponses massives et de plus rapidement.

Notre société qui a voulu absolument tout monétariser, se trouve aujourd'hui confrontée à ses propres limites financières.

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