Stratégie du PS et “société dominante” : quelles couches d’appui ?

Stratégie du PS et “société dominante” : quelles couches d’appui ?

Le texte de Jean-Marie Harribey intitulé “Les équations perdantes du PS” critique deux contributions politiques “pro PS” de nature différente, l’une qui défend une option “culturelle” et l’autre à préférence “sociale” pour l’orientation du PS lors des prochaines élections. Ces deux orientations artificiellement très opposées pourraient être fusionnées. Mais passons…

La première propose de s’adresser aux couches moyennes car “ouvertes et tolérantes”, la seconde s’adresse elle aux ouvriers et aux catégories populaires. On remarquera d’emblée qu’il n’est pas proposé au PS de défendre tout à la fois les couches sociales d’en-bas et les couches moyennes. Pourquoi?

La première orientation voit les ouvriers et employés de base comme racistes et indécrotablement “à droite” ; la seconde estime elle qu’il faut aller à la conquête des couches populaires délaissés par la gauche. Mais cette contribution le fait en proposant la “société du travail” le tout sans augmentation de salaires ni RTT. Faut oser ! Il s’agit d’un projet droitier typiquement DSK : contre les “bras cassés” et les “assistés” comme la droite mais sans le dire ouvertement.

Allons plus loins dans l’analyse. Qu’est-ce qui n’est pas dit et qui est stratégique ? De façon générale, les deux contributions se positionnent dans l’acceptation du capitalisme, ce que remarque bien JM Harribey ,mais sans lier économie capitaliste et classes sociales. Or qui dit capitalisme dit bourgeoisie comme classe dominante. Ce point est à remarquer impérativement pour qui veut comprendre la suite en terme stratégique. En effet, bien que cela ne soit pas dit, les deux contributions se proposent de constituer, certes de façon différente, une “société dominante” terme de F Mitterrand (avec la classe dominante comme pilier par définition). La différence entre les deux contributions évoquées par JM Harribey tient aux couches d’appui de la bourgeoisie qui sont différentes: les couches moyennes pour l’une et les couches populaires pour l’autre. Mais les deux peuvent être acceptées par la bourgeoisie, les grands possédants.

Au passage on remarque que ce type d’élection, voire ce type de démocratie, tend à la reproduction de la “société dominante” à travers la recherche d’un centre, et donc d’une alternance et pas d’une alternative. Pour une alternative, il faudrait souder un bloc social de type “peuple-classe” (couches d’en-bas et couches moyennes). Un tel bloc social ne signifie pas rester que sur des proposition sociales en oubliant celles écologiques ou démocratiques ou culturelles. Mais ces dernières propositions ne doivent pas casser le bloc social “peuple-classe”.

Christian Delarue

Jean-Marie Harribey » Blog Archive » Les équations perdantes du PS
http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/05/25/les-equations-perdantes-du-ps/

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