SALOPE, quand je veux !

Je suis une salope, salope quand je veux !

SALOPE QUAND JE VEUX ! 

 

Salope c'est AUSSI, outre l'insulte, celle qui aime le sexe librement ou-et qui veut s'habiller librement - aussi librement que les hommes, ni plus ni moins - sans être prostituée et sans insultes sexyphobes. 

 

Résistance historique : Aimer le sexe et s'habiller de façon légère et séduisante (deux choses différentes qui se recoupent souvent) va à l'encontre ici de toute une époque à intégrisme religieux catholique dominant avant 1970 grosso modo (et autre religion ensuite) ne favorisant pas l'accès au plaisir, à la jouissance, à la masturbation, à la rencontre de l'autre (hétérosexualité ou homosexualité) et imposant un rigorisme rigide (surmoi sévère) sur ces questions ! Ailleurs ce sera d'autres cultures rigides ! Certains hommes et certaines femmes veulent toujours et encore circonscrire l'activité sexuelle des femmes (et parfois des hommes) à une sphère extrêmement réduite. Le sexe étant trop fait de concupiscence et synonyme de mal, les personnes qui s'y adonnaient étaient et sont encore traitées et injuriées de salopes ou de putes, y compris si consentantes. Pour l'apparence aussi !

 

Mais tous et toutes ne sont pas pour la multiplication des interdits (il en faut sans doute) avec la stigmatisation qui accompagnent les transgressions de ces interdits. Certains et certaines sont pour la liberté dans le consentement et la non violence. Il y a donc eu renversement du stigmate ! "Je suis une salope" signifie, tant pour un homme (çà arrive ! paradoxe des usages de mots ambigus) que pour une femme que le sexe consenti, y compris hors mariage, y compris sans exclusivisme, est bon.

Il y a là deux aspects à considérer : soit il s'agit d'une auto-définition assumée ou soit il s'agit d'une définition intime et érotique de l'autre (qui peut la refuser) et cette définition peut se comprendre sous deux formes : 1 ) aspect "salope" vu comme quasiment tout le temps (essentialisme ) ou 2) aspect vu de façon circonstancielle (contexte précis).

 

Spectre de la liberté : Il est admis aujourd'hui qu'un homme ou une femme peut ne pas aimer le sexe, n'éprouver ni envie ni désir, ni penser jamais. Plus en contrôle sévère du "surmoi" qu'en liberté du "çà !" ! Sauf violence ou graves excès, ce n'est pas plus blâmable que l'inverse : "trouver çà bon", surtout si bien partagé !

 

Du côté des féministes  : Une « internationale des salopes féministes » existe (depuis dix ans environ) et milite contre le viol dans la libre apparence de soi sans injures sexistes ou sexyphobes. Il y a eu des "Marches des salopes" (slutwalk) dans des tenues hypotextiles dans plusieurs pays, ceux ou l’interdiction de ce type de manifestation était impossible (pays relativement libéraux au plan des moeurs comme la Suisse, le Canada, pas les pays de dictature contre l’apparence des femmes : police des moeurs) mais où, néanmoins, les violences sexistes étaient courantes et fortes. Ce n’est pas parceque les lois permettent une certaine liberté -(très mesurée en fait car le voile des adeptes d'une interprétation rigoriste de l’islam ou d’une autre religion est souvent mieux toléré que le string sein nu dans nombre de lieux)- qu’il n’y a pas de violeurs, de violences sexistes.

 

Christian Delarue

 

http://altermd-krisdlr.centerblog.net/31-salope-quand-je-veux?fbclid=IwAR3QPtxE-59JASBJ7VFrKisq6ZCUdIEKIBP9ihe__Dweg9gAsNPOWubJ-vw

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.