Montée du religieux et athées habermassien de gauche.

 Montée du religieux et athées habermassien de gauche.

 

 

 

 

 

1) La dialectique de la sécularisation

http://www.laviedesidees.fr/Habermas-et-la-dialectique-de-la.html 

C'est un thème important pour comprendre la laicisation progressive de l'Europe mais aussi la question du "Choc des civilisations". Jürgen Habermas prévient : « Qui veut éviter une guerre des cultures doit se remettre en mémoire la dialectique inachevée du propre processus de sécularisation de l’Occident » [1]. Jean-Claude Monod : "L’idée d’une dialectique de sécularisation visait à mettre en lumière un processus biface : l’instance politique-étatique et les instances religieuses-ecclésiales se sont transformées les unes et les autres à l’épreuve du pluralisme, de la tolérance et de la sécularisation".

 

2) Les réactions à la déchristianisation et à la sécularisation.

 

Cette dialectique " invitait à concevoir les intégrismes et plus sobrement les « retours du religieux » comme des réactions au processus de sécularisation". Cette tendance d'affirmation "fétichiste" du religieux concerne toutes les religions, pas que l'islam. La postcolonialité dans cette perspective serait une explication seconde. Il semble difficile de faire la part entre ces deux sortes de facteurs.

 

3) Le nouvel Habermas "athée honteux" face à l'emprise des religions.

 

Habermas plaide toujours pour un dialogue critique et autocritique entre la philosophie et ce qu’il nomme tantôt « la religion », tantôt « l’héritage religieux », tantôt les « traditions religieuses », tantôt les ressources normatives des religions. Soit ! Mais l’accent se porte d’avantage aujourd’hui, dans le propos de Habermas, sur cette part d’autocritique attendue du côté de la rationalité philosophique — et c’est sur ce point que son livre (cité en note ) peut faire débat. L’un des principaux défis contemporains de la démocratie semble être en effet, pour Habermas, d’éveiller chez ses citoyens « laïcs » ou « séculiers », à l’égard des traditions religieuses, une « disposition à apprendre » (p. 165-166).

 Arguments évoqués: La marchandisation du monde et son corrolaire, le"déficit de sensibilité à la vie diminuée".

 

4) Critique des arguments évoqués.

 

* La marchandisation, l'appropriation privée, la financiarisation sont des processus lié au mode de production capitaliste source d'aliénations, de dominations d'oppressions, d'exploitations. Certes mais cela justifie-t-il de valoriser une éthique religieuse ? Il évoque lui le christianisme mais d'autres défendraient d'autres religions. Il fait comme si il fallait choisir entre capitalisme et religion(s), comme si les athées étaient sans force éthique propre pouvant se présenter comme alternative !

 

* L'anti-marchandisation a aussi ses maximalistes ses "intégristes" (avec les guillements svp) qui refusent les fêtes de Noel pour leur aspect hyper commercial. Ces "radicaux" refusent les bijoux de fantaisies sur les femmes "comme les guirlandes sur les sapins de Noel" (sic). Digne des intégristes sexoséparatistes ! Mais ce radicalisme ne débouchent pas sur des appels à la violence contre les femmes. C'est une grosse différence avec les islamistes radicaux qui agressent les femmes en jupe.

 

* Le "difficit de sensibilité à la vie diminuée" : la critique semble bien se ramener à un déficit de compassion caritative des athées et pas des religieux ; ce qui ne manque pas se susciter critique. Si l'on comprend l'argument comme déficit de sensibilité aux injustices, aux oppressions et aux inégalité il importe alors de se tourner vers les conditions sociales d'existence qui poussent tout à la fois à l'acceptation d'un monde hobbesien de lutte de tous contre tous avec ses inégalités et ses dominations et un refus de ce monde vers une société civilisée porteuse de justice sociale. Pas de société civilisée sans égalité et conditions de vie décente pour tous. Mais là la théorie critique de l'Ecole de Frankfort de Marcuse, Fromm, Habermas ancien, et le marxisme sont mieux à même de nous ouvrir des perspectives. C'est un point de vue personnel.

 

Christian DELARUE

 

 

1) Jürgen Habermas, Entre naturalisme et religion. Les défis de la démocratie, traduit de l’allemand par Christian Bouchindhomme et Alexandre Dupeyrix, Paris, Gallimard, 2008, 380 p. 22, 50€.

 

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