De nouveau : Le peuple-nation n'est pas le peuple-classe.

IMPORTANCE D'UNE DISTINCTION
Le peuple-nation n'est pas le peuple-classe.
http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/051213/de-nouveau-le-peuple-nation-nest-pas-le-peuple-classe
 
"L’idée de nation tend à remplacer l’idée antérieure de peuple, défini par son antagonisme avec l’aristocratie" écrit Isabelle Garo (1).  Le peuple-classe est en quelque sorte la suite du peuple opposé à une (nouvelle) aristocratie. Un peuple fort différent du peuple-nation.

Le Comité Valmy (2) comme d'ailleurs - avec des différences - les chevènementistes et autres membres du MPEP,  font beaucoup référence à des entités englobantes comme nation ou peuple-nation qui d'une part masquent la conflictualité interne (nationale) de classe - République, Patrie, autres termes - et d'autre part montre toujours un antagonisme externe, un ennemi extérieur fort, qui sont les Nord-américains et plus précisément: les dirigeants politiques des USA et les dirigeants de leurs firmes transnationales. Ou alors la Troika maintenant au plan européen. C'est ignorer l'ennemi de classe interne.

Peuple lequel ?

Les références sont nombreuses : Peuple-ethnique ou culturel (ethnos), peuple démocratico-légal des citoyens (démos), peuple-nation, peuple-classe et d'autres encore... Reynolds Michel écrit (3) "Aujourd’hui, quand on débat sur la signification de “peuple”, il est indispensable de dire à quel sens, à quelle acception du peuple on se réfère. Le mélange où la non-distinction de ces acceptions ou le passage sans précaution de l’une à l’autre ne peuvent qu’entrainer une grande confusion dans le débat — un débat souvent très idéologique. Il convient également de tenir compte du contexte sociologique et politique où la notion émerge. Un mouvement populiste donnera sa préférence à l’idée de peuple-nation , alorsqu’un mouvement de libération ou d’émancipation populaire se référera plutôt à l’idée de peuple comme ensemble des classes opprimées . Cette divergence sur l’idée de peuple exprime la divergence réelle entre deux projets historiques distincts : le développement national conduit par la bourgeoisie pour le premier et la construction d’une nouvelle société en rupture avec l’ordre ancien conduit par les mouvements populaires pour le second. Le choix de telle ou telle acception n’est donc nullement de pure forme."


Il importe donc de distinguer peuple-nation et peuple-classe. Ce sont deux "cercles" populaires bien différents du fait de ce qui est inclus et exclus.

I - Le peuple-nation c'est

- 1 :  le cercle de tous les nationaux mais sans les résidents sans papiers - cette exclusion sonne très "préférence nationale".

- 2 :  l'inclusion de la bourgeoisie nationale industrielle, commerciale et financière. Idem pour l'oligarchie politico-économique. Les dominants sont masqués comme dans tout discours de droite. Le clivage montre par contre ceux d'en-bas : les migrants non nationaux et non citoyens. Dans ce cadre, ce sont les intérêts de la classe dominante nationale qui sont défendus. Les dominants tendent à former un "bloc social" autour d'eux comme en Bretagne avec les Bonnets rouges.

NB : La finance est bien mondialisée mais elle a aussi des attaches nationales, ne serait-ce que par ses liens étroits avec le capital national industriel et commercial.

II - Le peuple-classe, ce sont

- 1 : tous les résidents sur le territoire national, sur tous les territoires nationaux.

- 2 : sans la bourgeoisie nationale, sans la classe dominante ou sans l'oligarchie du 1% (selon le discours).

Le cercle est déplacé vers le bas, vers la préférence sociale. Il intège plus en-bas et démarque les puissants isolés du peuple-classe par divers vecteurs de pouvoir. La notion de peuple-classe montre bien ce cache l'autre notion de peuple-nation soit un clivage vers le haut, le 1% de l'oligarchie prédatrice ou la classe dominante des Pinçon-Charlot

La notion permet aussi de pointer toutes les classes dominates extérieures, européennes ou mondiales, tant sur le volet politique que sur le volet économique. Il y a souvent fusion comme avec la Troïka.

Christian DELARUE

1) L’idée de nation tend à remplacer l’idée antérieure de peuple, défini par son antagonisme avec l’aristocratie. La nation est le cadre d’un rapport social qui met aux prises toutes les classes, qu’elles soient dominantes ou dominées. Mais l’analyse se situe également à un autre niveau : elle s’arrête sur la capacité d’uniformisation du marché mondial d’un côté, qui entre en contradiction, de l’autre côté, avec le maintien voire le renforcement des spécificités nationales

in "Le peuple chez Marx entre prolétariat et nation" Isabelle Garo Cf Comité Valmy - ANTI-IMPERIALISME - Solidarité entre les peuples et nations opprimés -

http://liberationirlande.wordpress.com/2013/11/05/le-peuple-chez-marx-entre-proletariat-et-nation/

2) Cf Comité Valmy - ANTI-IMPERIALISME - Solidarité entre les peuples et nations opprimés -
http://www.comite-valmy.org/spip.php?rubrique12

 3) in Le peuple : une figure manipulable en tous sens - Témoignages - 17 septembre 2013 -
http://www.temoignages.re/le-peuple-une-figure-manipulable-en-tous-sens,70306.html

 

 

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