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Billet de blog 6 mai 2022

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POPULISME DE GAUCHE : pour le peuple-classe dominé

POPULISME DE GAUCHE : POUR LE PEUPLE-CLASSE multicolore dominé, notre camp des 99%, pas celui du peuple nation mou voire accommodant avec les classes dominantes mais dur avec le peuple-classe surtout ses classes populaires et les minorités.

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POPULISME DE GAUCHE : pour le peuple-classe multicolore dominé .

Notre camp des 99%.

(...pas celui du "peuple nation" ou toute communauté englobante avec des dirigeants élus mous voire très favorables avec les classes dominantes mais forts et durs contre le peuple-classe surtout ses classes populaires et les minorités)

XX

PREALABLE THEORIQUE : 

Ordre des peuples et ordre des classes

Il s'agit de croiser - d'imbriquer  -"l'ordre des classes" (le classisme) et "l'ordre des peuples" comme l'indiquait jadis feu Georges LABICA (in Le grand Hornu).

Deux parties sont à exposer à partir de sur cette distinction: 1) En-bas, 2) le classisme (les rapports de classes sociales)

1) EN-BAS : Peuple-social ou peuple-classe ?

http://amitie-entre-les-peuples.org/Le-peuple-social-ou-peuple-classe-Christian-Delarue

Eléments d’une contribution théorique sur le peuple d’en-bas

Ce texte se donne pour objet de distinguer le peuple social du peuple-classe.

En arrière plan de cette distinction on trouve quelques idées marxiennes notées par Isabelle Garo (cf son article de 2016 Le peuple chez Marx entre prolétariat et Nation sur Contretemps ) comme « Marx se défie de toute conception organique du peuple » ou « Le peuple n’est jamais détaché par Marx de tout clivage social » ou « le peuple désigne les groupes sociaux opposés à l’aristocratie » ou « il n’est pas le substantif indifférenciant que les usages postérieurs valoriseront ». Je ne retiens ici que les seules idées qui servent de préalable introductif a cette distinction entre peuple-classe et peuple social, le premier dans la conflictualité sociale, le second simplement objet de politiques publiques des institutions et classes dirigeantes.

Sont ici mobilisées deux distinctions 1) peuple-tout et peuple-fraction (Tamba) et 2) « ordre des peuples » et « ordre des classes » (Labica)

Thèse 1 : Le peuple social et le peuple-classe ont pour point commun d’être un peuple fraction de la communauté globale.

Explicitons : Ces deux catégories de peuple à distinguer relèvent du peuple fraction ou du peuple partie. On distingue en effet, en terme de catégorie de pensée (cf Irène TAMBA - 1) le peuple tout ou peuple totalité différent du peuple fraction ou peuple partie. Le peuple tout est communautaire et non divisé en interne. Il est en quelque sorte le « peuple tout entier » ce qui n’empêche nullement de montrer un « eux » extérieur : les résidents étrangers par exemple. Le peuple fraction ou peuple partie serait pour prendre un exemple de science politique le peuple opposé aux élites. C’est donc grosso modo un peuple d’en-bas distinct ou opposé à un groupe d’en-haut.

Thèse 2 : Le « peuple social » est le peuple d’en-bas

Le peuple social possède deux significations : Le peuple social a d’abord un premier sens générique de peuple d’en-bas, sans plus de précision. Mais il est aussi plus particulièrement un peuple-objet. En ce sens, le peuple social est la fraction de peuple objet de réflexions diverses et objet de politiques publiques des classes dirigeantes et de l’Administration, celle qui pense par exemple qu’il faut relever le SMIC (ou pas) ou favoriser le logement social (ou pas) . Ce peuple social est ici objet d’une pensée politique et administrative sans qu’on lui demande rien ou peu.

Thèse 3 : Le peuple-classe est la large fraction dominée du peuple totalité.

Le peuple-classe est la large fraction dominée du peuple-nation ou du peuple souverain, d’un peuple ethno-culturel, d’un peuple démocratico-citoyen.
Il y a une différence nette avec l’ajout du terme « dominé » dans sa définition. La dite domination montre comme souvent un rapport social donc une tension entre une classe dominante surplombante et le reste du peuple. Notez que le peuple social n’est pas lui pris dans un rapport d’opposition entre la ou les classes dominantes et lui car cela définit précisément le peuple-classe.

Thèse 4 : Le peuple-classe est aussi la catégorie populiste de gauche mobilisée par les forces d’émancipation

Le peuple-classe est pensé dans le cadre d’une dynamique émancipatrice et politique. Il est en quelque sorte la catégorie politique « populiste de gauche » mobilisée par les forces d’une émancipation économico-sociale et politique contre le 1%, qui est lui la représentation simplifiée des classes dominantes, notamment depuis les analyses de Thomas Picketty et depuis « we are the 99% ». Il y a donc un usage néo-marxiste de ce concept peuple-classe 99% de par les forces de gauche ou altermondialistes ou syndicales car les classes sociales dominantes sont vues comme présentes quasiment partout dans chaque nation. La solidarité entre les peuples 99% relève d’un nouvel internationalisme. Pour ma part, j’ai même posé une « humanité-classe » des 99% du monde sous un 1% mondial mais cela reste marginal.

Thèse 5 : Les classes sociales dominantes sont présentes quasiment partout dans chaque nation.

On dira qu’il y a universalisation du phénomène que la formation sociale soit considéré comme capitaliste ou à dominante capitaliste ou d’une autre nature . Ici la classe sociale en soi et pour soi c’est la bourgeoisie, c’est la classe dominante ce n’est pas le peuple-classe. Il y a plusieurs théorisations de la ou des classes sociales dominantes. Jacques Bidet parle des classes dominantes. On peut alors y voir une double division interne : division horizontale (selon les niveaux de richesse au sein du 1%) et verticale en deux lignes une de type privée-capitaliste et une de type publique-néolibérale avec des passages. Tout en en haut on trouve la haute bourgeoisie mais aussi sur un autre registre l’oligarchie.

Thèse 6 : Peuple-classe et imbrication de deux ordres

Avec peuple-classe il y a croisement d’une dimension populiste (stratification et distinction en-haut et en-bas) et classiste (rapport social). Il y a pour le dire avec feu Georges LABICA (2) imbrication de « l’ordre des peuples » et de « l’ordre des classes » .

Evoquer par exemple un en-haut riche et un en-bas non riche relève de la simple stratification en terme de déciles et fraction de décile pour isoler le 1%, ce qui constitue une reprise de la vieille contradiction peuple-élite mais dans un nouveau contexte, celui de la « guerre des classes » dit classisme : écoutez ici Waren Buffet. Par contre, continuer à évoquer les travailleurs et travailleuses salariées soit ceux et celles qui vendent leur force de travail relèvent d’une conception en terme de classe sociale.

L’imbrication ou le croisement signifie que l’on considère les deux façons de voir la conflictualité sociale mais que celle-ci est variable selon les auteur-es.

Sources :

1 - Irène TAMBA in Le peuple existe-t-il ? Ed Sciences Humaines 2012
Sous la direction de Michel Wieviorka

2 - De feu LABICA lire Le grand Hornu La Brèche

Autres sources à lire - outre Irène TEMBA - sur peuple-classe :
 « Par le peuple, Pour le peuple. Le populisme et les démocraties » par Yves Mény et Yves Surel (Paris, Fayard, 2000, Coll Espace du politique) - ouvrage qui fait la distinction entre peuple-nation et peuple-classe .

 Annie Geffroy fait aussi référence à la notion de peuple-classe au sens de « désignant social » dans son article « Le peuple selon Robespierre » (in « Permanences de la Révolution - pour un autre bicentenaire » (Ouvrage collectif éditions La Brèche PEC 1989).

Autre terme important :

2) CLASSISME : une définition élargie

Le classisme - comme ordre des classes sociales (rapports de domination) - se définit au-dela de la simple discrimination ou du simple mépris de classe car il est aussi une politique globale de la (ou des) classe(s) dominante(s) et ce, tant en interne (austérité ou travaillisme par exemple) qu’en externe (impérialisme multiforme, géopolitique des classes dominantes)

J’ai lu (sur le Figaro) cette suite : « Classisme », « paupérophobie », « Pauvrophobie », « pauvrisme », « ptochophobie », « misérophobie »… Comment nommer la discrimination pour précarité sociale ? Mais le « classisme » comme domination de classe ou politique de classe ne se contente pas de viser les pauvres et les miséreux. Elle ne se contente pas non plus de discriminer. Le classisme c’est plus que cela !

Il s’agit d’un dispositif d’ensemble, un dispositif de domination de la classe dominante (au singulier ou « bicéphale »), souvent vue comme située dans le 1% d’en-haut. Elle serait classe dominante objectivement - soit classe en soi - et subjectivement - soit classe pour soi. Et cela se manifesterait par des politiques, dans et hors entreprise, d’inégalités économiques et sociales accrues (en interne au cadre national). Des politiques d’accroissement du temps de travail tant hebdomadaire qu’en fin de carrière avec recul de l’âge de départ avec droits pleins. 

Passons maintenant au populisme de gauche.

XXX

I - LE MOMENT POPULISTE

Une distinction à connaitre :

1) Le « moment populiste » : le surgissement d'une contestation d'en-bas.

Le populisme se définit par l'anti-système, l'anti-élite selon Jean-Luc Picard-Bachelerie d'ATTAC Démo :

Qu'on soit de droite ou de gauche, quand le système ou les élites ne servent pas l'intérêt général, il est évident que chacun se révolte. Le populisme n'est pas une opposition partisane. Elle part de l'ensemble du peuple contre les élites ou le 1%. Après, il y a les phénomènes de récupération. Mais, dans un monde capitaliste, il me semble que le mouvement naturel et inéluctable du peuple est d'aller vers un renforcement du populisme, c'est-à-dire, une opposition qui se transforme en colère qui se traduit par des manifestations, des révoltes et enfin si les élites résistent, en révolution.

2) Reprise d'une position  d'Arthur BORRIELLO (juin 2019 - Entretien Pauline Graule Mediapart )

Qu’entendez-vous par populisme « au sens strict » ?

Les débats sont infinis sur le sujet. Je pense que la définition « laclauienne » est la meilleure qui existe à ce stade. Pour lui, le populisme est une logique politique de dichotomisation de l’espace social, entre le peuple et les élites considérées comme responsables de la frustration du plus grand nombre.

Je pense toutefois qu’il faut ajouter que le populisme a aussi malgré tout un contenu politique (ce n’est pas une pure logique formelle, comme le concevait Laclau) : en tant que mouvement populaire, il vise à une extension des droits politiques et sociaux des classes populaires.

En réalité, pour moi, et contrairement à ce qu’on entend souvent, le populisme est donc fondamentalement « de gauche », ou en tout cas, orienté vers l’émancipation populaire.

Les éléments de populisme qu’on prête souvent à l’extrême droite ne sont, à mon sens, que des accessoires rhétoriques et ne constituent pas du tout le socle de l’extrême droite, qui est axée autour de thèmes nationalistes et autoritaires et n’a pas pour priorité une extension du domaine des droits des « petites gens », bien au contraire.

Au risque d’être contre-tendance, j’irais même jusqu’à dire que le populisme de droite est une contradiction dans les termes, d’une certaine façon.

https://www.mediapart.fr/journal/france/040619/arthur-borriello-la-parenthese-du-populisme-de-gauche-est-en-train-de-se-refermer

II

Une "politique du peuple" comme populisme  : lequel ?

Quel peuple ? Peuple nation (nationalisme) ou peuple-classe (classisme)? 

La notion de peuple-classe est indispensable à la notion de populisme de gauche.

On sort ainsi du seul peuple nation ou peuple démocratique sans contenu social.

Trois termes prêtent à confusion : peuple, anti-système et populiste. 

Il ne s’agit pas de les refuser mais de les préciser pour éviter l'instrumentalisation

Il y a une polarisation différente dans chacun de ces mots. Le populisme de droite n'est pas anti-élite en soi car il est surtout anti-immigration et le populisme de gauche vise surtout les élites néolibérales, classistes (anti-social contre le peuple-classe), cupides, pro-inégalités sociales .  

Le RN s'accommode du 1% et de l'ISF pas une gauche pro-populisme d'émancipations plurielles, digne de ce nom, qui veut réduire l'écart des revenus (de 1 à 12 ou 1 à 15) . Le populisme de droite est crypto-fasciste voire fasciste car anti-migrants, anti-Etat providence, anti-social, anti-républicain, anti-démocratie, anti-syndicats de classe, anti-journalistes "fouilleurs", raciste, sexiste, homophobe, défenseur des patrons et des riches de la Nation, etc… 

Le populisme de gauche est en opposition aux classes capitalistes, pour le social, pour une autre démocratie, une république socialiste, féministe, antiraciste, contre toutes les oppressions et dominations.

Christian Delarue

Militant altermondialiste pour un autre monde que le capitalisme dominant

Militant pro-émancipations plurielles (contre classisme, racisme, sexisme, âgisme, homophobie, spécisme, xénophobie, prostitution, sexyphobie, lgbtphobie, darwinisme social, mépris de classe, mépris de la nature, etc---) collectivement car modeste !

Ce constitue un complément d’analyse de textes de l’auteur dont deux déjà publiés sur Mouvements (1- en juillet 2012) et sur CADTM (2) notamment

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