La privatisation des services publics est le fait de l'oligarchie, contre les intérêts du peuple-classe !

La privatisation des services publics est le fait de l'oligarchie, contre les intérêts du peuple-classe !

Cela vaut pour la France, comme pour l'Union européenne ou le monde mais surtout en France.

 

L'oligarchie cherche, c'est connu, à "socialiser les pertes et privatiser les bénéfices", elle cherche à faire de gros bénéfices sur les privatisations des services publics alors que les services publics, s'ils sont conformes à leur logique propre (1) et non rabattu sur des critères néolibéraux de rentabilité, visent à satisfaire les besoins sociaux et non les profits. Cela se fait à l'avantage du peuple-classe.

 Il ne suffit pas, à mon avis, de dire que "La privatisation des services publics est une privatisation de la démocratie" (2) car la "démocratie réellement existante" qui rallie partiellement les couches populaires derrière l'oligarchie valide les privatisations de droite comme de "gauche". A moins de préciser qu'il s'agit là d'une démocratie rabougrie, restreinte à la désignation par vote d'élus dans la sphère politique. Qu'il ne s'agit donc pas d'une démocratie étendue dite aussi alterdémocratie puisque les citoyens interviennent hors du champ habituel de la démocratie dite "représentative".

Dans l'alterdémocratie les citoyens interviennent aussi dans la sphère économique de production sur les grands choix de production. Veux-t-on ou non, par exemple, conserver la production nucléaire ? Que proposer en lieu et place ? Quel service public de l'énergie ?

Tony Andréany  dans cette bonne contribution a par ailleurs raison de critiquer la notion d'intérêt général mais faut-il totalement l'abandonner ? Il dit : "Les services publics sont le plus souvent présentés comme des services « d’intérêt général ». Mais le terme est pour le moins ambigu, car l’intérêt général peut renvoyer aussi bien à une volonté générale, qui est un concept politique, qu’à l’intérêt de tous, qui est un concept économico-social " .  Pourtant, une certaine doctrine administrative, certes ancienne, a pu longtemps soutenir que les activités privées étaient au service des clients - des consommateurs nécessairement solvables - et derrière eux au service des bénéfices et des profits privés alors que le service public était lui au service des usagers - pouvant être insolvables - et derrière eux au service de l'intérêt général. Cet "intérêt général" se comprend mieux, aujourd'hui et depuis plus de vint ans, comme l'intérêt des membres du peuple-classe puisque l'oligarchie, membre du peuple-nation, s'y oppose de toute sa force et de toute sa puissance.

La défense des services publics producteurs de valeurs d'usage vise encore la perspective du socialisme par une certaine gauche socialiste (pas le PS socialibéral) ou-et communiste ! Et même, moyennant d'autres ajustements contre un productivisme marchand nuisible, un écosocialisme. Il nécessite aussi une autre démocratie !

 Christian Delarue

1) Logique du marché contre logique du service public en 9 repères. par Christian Delarue - Attac 35 Ille et Vilaine

http://local.attac.org/35/dossiers-147/dossiers/Logique-de-marche-Logique-de/Logique-du-marche-contre-logique

2) "La privatisation des services publics est une privatisation de la démocratie" Tony Andréany

http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=AMX_034_0043

Tony Andréany expose ici une distinction d'une triple citoyenneté qu'il reprendra in Refaire la politique  (ouvrage collectif Syllepse 2002) et plus particulièrement son texte : Le démantèlement du secteur public. Chemins pour une refondation.

 

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