DEPRIVATISER pour le peuple-classe (I)

DEPRIVATISER pour le peuple-classe (I) puis DEFINANCIARISER pour le peuple-classe (II)

Pour une contre-tendance internationale de progrès et de civilisation

DEPRIVATISER pour le peuple-classe

(pour chaque peuple-classe ici et ailleurs)

Déprivatiser - et démarchandiser - c’est sortir du « tout pour la logique de profit » (via la valeur d’échange donc le marché et la « libre concurrence ») qui caractérise le système capitaliste dominant - dont les entreprises capitalistes en son noyau dur - et c’est aussi, pour se recentrer sur la définition du mot, désigner un acte ou mieux un processus qui consiste à revenir sur les privatisations, c’est à dire revenir sur la longue dynamique négative de privatisations opérées pendant plus de 30 ans en France et ailleurs par et pour une minorité de capitalistes et haut encadrement proche, privé ou public.

Les privatisations d’entreprises publiques ou de services publics ne sont qu’un élément - mais il est fondamental - de ce que les syndicalistes nomment la longue « thatchérisation du monde » (qui produit aussi de la ploutocratisation - 1). Il s’agit alors, pour inverser la tendance destructrice des appuis sociaux, de reconstruire du commun, de la justice sociale (moins d’inégalités) et environnementale, pour la très large fraction de peuple nommée peuple-classe.

La déprivatisation peut prendre TROIS FORMES ou trois grands modes : 1) l’appropriation publique (souvent des nationalisations), 2) l’appropriation sociale (ou socialisation), 3) l’appropriation commune (référence aux biens communs).

C’est le rôle des gauches anti-systèmiques et alter-systémiques (porteuses d’une alternative, du moins d’une bifurcation), des syndicats, et acteurs associatifs de défense du (ou des) peuple-classe victime(s) de ces « vols de classe » de débattre largement et régulièrement des modalités de la déprivatisation, notamment du RETOUR (sans nécessaire copie conforme du passé) au service public, retour à la satisfaction de la « valeur d’usage » et des besoins sociaux, au souci de l’intérêt général, très loin de la satisfaction première de la logique de profit .

A noter ici qu’un usager n’est pas un client car d’une part un tarif (qui peut être gratuit) n’est pas un prix de marché, et d’autre part le rapport social d’acquisition est très différent, notamment sur la solvabilité non obligée. A noter aussi que pour des services publics il faut imposer plus les très riches et combattre l’évasion fiscale. A noter enfin qu’une société qui fait reculer le capitalisme dominant par déprivatisation et démarchandisation et plus de services publics fait oeuvre de civilisation, de réduction des inégalités sociales (moins pour les très riches, plus pour les pauvres et modestes) alors que les privatisations et la soumission au marché et au concurrentialisme néolibéral (ordolibéral pour l’Union européenne) porte plus de barbarie et de « guerre sociale » des grands possédants contre les classes populaires.

Christian Delarue
Convergence des Services publics 35 (et CA)

1) La thatchérisation du monde et l’extrême-droite économique : un trajet vers la ploutocratisation du monde.
http://amitie-entre-les-peuples.org/La-thatcherisation-du-monde-et-l-extreme-droite-economique


Suite avec II : DEFINANCIARISER pour le peuple-classe

http://amitie-entre-les-peuples.org/DEFINANCIARISER-pour-le-peuple-classe-Christian-Delarue

Addendum

Réformer le droit de propriété selon Emmanuel Dockes (sur Attac).

Le droit de propriété est parfois l’outil de l’indépendance, de l’autonomie, lorsque la propriété d’un bien est accordée à celui qui use du bien. Il est parfois un outil de domination, lorsque la propriété est accordée à celui qui n’use pas du bien. Il peut aussi être un outil en défense de l’égalité, lorsque la propriété est répartie, ou un outil d’accumulation et d’inégalité, lorsqu’elle est accaparée.

Réformer la propriété pour la renforcer dans ses fonctions utiles et l’affaiblir dans ses effets nocifs est une question centrale, bien difficile à résumer en quelques lignes.

En misarchie, par exemple, la plupart des propriétés sont fondantes, afin de limiter l’accumulation. Autre exemple, la location immobilière, qui sépare le propriétaire de l’utilisateur, est en principe prohibée.

Pour réaliser cette idée, qui rend tous les habitants d’un logement propriétaire de leur logement, il suffit de penser un service public, qui prête à taux bas ou nul, sur 20-30-40 ans, et qui s’engage à racheter au même prix, moins les éventuels coûts de remise en état. Cela peut permettre d’acheter à court terme et pour un coût inférieur à celui d’un loyer. Cela par ailleurs permet d’abaisser le prix de l’immobilier, le marché de la location et donc l’immobilier spéculatif ayant disparu.

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