Le fétiche de la croissance, un dieu qui cache la prédation oligarchique !

Le fétiche de la croissance, un dieu qui cache la prédation oligarchique !

 Source : http://yonnelautre.fr/spip.php?article6794#forum78881

 

Suite de : Repenser les trois cercles du Développement Durable.

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/290913/repenser-les-trois-cercles-du-developpement-durable

 

 "Depuis 2008-2009, le terme de « croissance » n’apparaît plus positivement dans les textes d’Attac. On considère que la croissance n’est pas la solution. On est pour une économie sans croissance, pour ce qu’on appelle la décroissance sélective. Il y a des secteurs qui doivent décroître, d’autres qui doivent croître" (1).

Cet article prolonge, sans être exhaustif, ce propos de Thomas Coutrot. Pour une position plus développée mais ancienne : "Capitalisme productiviste : le travail et la consommation, l'émancipation et le socialisme" sur http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1181

 

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 A droite comme à gauche on invoque la croissance sans plus de précisions. Il est cependant généralement entendu qu'il s'agit de la croissance de la production matérielle marchande et pas - beaucoup moins disons - de la croissance de la production du/des service(s) public(s). Il y a des critiques à mener (et qui le sont déjà) sur ce second point mais l'altermondialisme, à la différence des libéraux, porte principalement sa critique sur le productivisme capitaliste marchand, sa façon de produire l'obsolescence des choses ou des produits nuisibles pour le profit. Il y a donc là une première distinction, très importante, à mettre en avant entre ce qui relève de la production de valeur d'échange et ce qui a trait à la valeur d'usage. Une summa divisio !

 

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La première production marchande se subdivise en production marchande par coopératives, donc a-capitaliste, et production marchande capitaliste (PMC) c'est à dire pour le profit et in fine pour la richesse des grands possédants (très très importantes sous le néolibéralisme) .

Au sein de la PMC, on trouve encore production des TPE (très petites entreprises) et production des autres entreprises et notamment des grandes firmes multinationales (FMN) ou sociétés transnationales (STN). Au sein de ces dernières, la fusion du capital financier et du capital industriel et commercial est fort. C'est en son sein que l'on trouve la base constitutive de l'oligarchie.

Contre l'oligarchie l'altermondialisme fait appel au(x) peuples-classe, soit la diversité des 99% ! L'altermondialisme ne fonctionne pas comme un parti politique en appelant pour la conquête du pouvoir d'Etat via des élus. Il mobilise la diversité du peuple-classe sur divers thèmes qui sont autant de combats d'émancipation. Le tout en sachant que l'altermondialisme est hétérogène. 

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La seconde production de valeur d'usage ouvre non seulement sur la redistribution vers en-bas via la gratuité, la péréquation tarifaire et la fiscalité (2) mais aussi sur le débat récurrent sur appropriation publique, appropriation sociale, socialisation, autogestion, biens communs mondiaux, services publics nationaux et continentaux et, plus largement encore, sur toutes les questions ou le peuple-classe peut intervenir pour déterminer les besoins sociaux compatibles avec le développement soutenable (formule rapide d'articulation du social et de l'écologie). 

 La seconde production peut donc permettre une "économie altermondialiste", entendez pour le dire vite "construisant une autre France, une autre Europe, un autre monde" de par l'intervention des peuples-classe contre la prédation oligarchique : la dette notamment. Il s'agit ici, de façon assez classique dans le mouvement altermondialiste - ATTAC ou CADTM ou d'autres organisations - de combiner diverses actions.

On pense aux trois principales : plus de "social" (plus de droits sociaux, plus de justice sociale moins d'austérité, moins de "travaillisme" ) plus de démocratie vers une alterdémocratie (choisir des orientations générales), plus d'écologie et moins d'exploitation de la nature (transition climatique). Mais il y a aussi l' inclusion des réponses dites sociétales ou culturelles : anti-sexisme, antiracisme, anti-intégrisme religieux, laïcité. Là encore de nombreux débats : quid de la prostitution par exemple !

Enfin l'altermondialisme n'ignore pas la géopolitique et le soutien aux peuples-classe opprimés du Sud ou de l'Est. Ce qui n'est pas chose simple quand on a d'un coté un dictateur au sud et un impérialisme qui au nord joue les "sauveurs". Si il y a un sujet sur lequel l'erreur de position est possible c'est bien la géopolitique. 

 

Christian Delarue

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article5

 

1) "Il faut renoncer à la croissance économique", la nouvelle doctrine d'Attac - Reporterre

http://www.reporterre.net/spip.php?article5196

2) Pablo Solon: «Il ne faut pas se battre pour la croissance mais pour la redistribution»

http://www.mediapart.fr/journal/international/300812/pablo-solon-il-ne-faut-pas-se-battre-pour-la-croissance-mais-pour-la-re

 

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