Crise sanitaire et surcroît de fragilisation du peuple-classe

COVIDO-THATCHERISME : Crise sanitaire et surcroît de fragilisation du peuple-classe

COVIDO-THATCHERISME : CRISE SANITAIRE et surcroît de FRAGILISATION DU PEUPLE-CLASSE

Adresse syndicale à des collègues fonctionnaires

http://altermd-krisdlr.centerblog.net/66-crise-et-fragilisation-du-peuple-classe

 

Commençons par préciser - car c'est nécessaire - que le peuple-classe est une très large fraction de peuple, très souvent assimilée au 99% d'en-bas.

Il s'agit, avec ce format de peuple-classe, de marquer avec insistance, au-delà de son évidente diversité interne, sa position "non riche", non surplombante de la société, et même diversement dominée au plan économico-politique par les élites : diversement selon que ouvrier.es et employé.es certes plus que l'encadrement (qui est lui, pour une fraction, en position de relai et d'appui donc tout à la fois dominant et dominé - point secondaire à discuter sans doute). Le peuple-classe est une notion critique politique, issue de l'altermondialisme "we are the 99%", qui est, je crois, importante a mettre en avant dans la crise actuelle ou le gouvernement sert surtout la finance et le grand patronat, et l'Entreprisocène plus que les petites entreprises locale de l'ESS (économie sociale et solidaire).

Cette crise s'ajoute aux précédentes (non résolues du point de vue du peuple-classe) et montre encore de riches bénéficiaires qui, du fait de cet enrichissement, se trouvent placés au-dessus du peuple-classe au sein de ce fameux 1%, lui-même diversifié, non homogène (divisé verticalement et horizontalement) mais néanmoins riche. Il faudrait citer utilement ici la "courbe en K" qui montre un dédoublement ou une bifurcation dans la répartition des richesses, une courbe étant montante en enrichissement des riches et une autre étant descendante en appauvrissement d'une large fraction du peuple-classe.

Le peuple-classe, c'est donc celui placé sous les classes sociales riches et bénéficiaires des politiques néolibérales depuis plusieurs décennies. Il est composé de l'ensemble des travailleurs et travailleuses indépendant.es ou salarié.es des 99% d'en-bas, tant dans le public que dans le privé. Il y a aussi tous les précaires et les pauvres qui résident sur le territoire national (nationaux ou non). Le petit patronat des TPE y est parfois inclus selon le contexte.  

Quelques développements supplémentaires (ajout ultérieur) : Evoquer le peuple-classe ce n'est pas nécessairement (tout dépend de celui ou celle qui en use) sous-estimer les autres dominations et discrimination: sexisme, racisme notamment. D'aucuns ajoutent les intégrismes religieux et culturels comme rapport social spécifique ultra-réactionnaire. Il y a aussi l'importance de l'exploitation de la nature à intégrer à l'analyse . On évoque alors l'imbrication des rapports sociaux (cf atelier CADTM d'octobre 2020).

Enfin, parfois il importe d'évoquer non seulement le 1% mais le "bloc dominant" donc un bloc social plus large que le 1% mais cela n'empêche nullement de poser un rapport 1% contre peuple-classe. Par exemple, les violences policières peuvent être jugées autant au service du 1% qu'au service du bloc dominant (soit donc le 1% plus des forces d’appui du 1% qui appartiennent au sein du peuple-classe).

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Venons-en à la "crise sanitaire" (de la covid 19) : Elle frappe violemment une large fraction du peuple-classe tant de part les mesures réellement prises que par celles qui ne l'ont pas été (pas de renforcement des hôpitaux publics, et de son environnement, etc) .

C'est peu de dire qu'elle a un fort impact physique et moral sur les personnes, dans et hors travail. HORS DU TRAVAIL d'abord, en termes de rétrécissement de la vie ordinaire, tout à la fois comme simple "animal social" privé de la sociabilité ordinaire, amputé des contacts humains ordinaires (je ne développe pas), que comme citoyen cultivé, vigilant, instruit et surtout actif, c'est à dire pouvant descendre dans la rue s'opposer aux différentes formes de barbarie qui toujours surgissent.

La crise sanitaire a aussi, évidemment, un impact DANS LE TRAVAIL qui se trouve désorganisé tant dans le privé que le public (quoique de façon variable). D'autant qu'à la crise sanitaire s'ajoutent pour une majorité d'entre nous (dans nos familles quand ce n'est pas nous directement) d'autres crises dont celle économique et sociale . Mais il n'y a pas qu'une approche étroitement syndicale à tenir on le verra.

A la crise sanitaire s'ajoute la crise économique et sociale et une fragilisation du corps social

Nous subissons à un titre ou un autre la précarisation de vie qui se généralise même si nous nous sommes encore actifs (pour certains) .

Il y a une fragilisation du salariat qui s'amplifie par appauvrissement des précaires autour de nous, voire dans nos familles. Pour toucher des indemnités de chômage, il faut désormais avoir travaillé au moins 6 mois sur les 24 derniers mois, alors que 4 mois sur les 28 derniers suffisaient auparavant. Cette mesure va dans le sens de la fragilisation du salariat puisqu’il affaiblit leur protection sociale publique.

Il y a une fragilisation du salariat par contractualisation des personnels au sein des Fonctions publiques (trois versants). Elle existe depuis longtemps dans certains secteurs. Je l'ai vu envahir jadis la fonction publique territoriale pour la fragiliser largement . Elle s'est étendue dans d'autres secteurs sous l'effet de la loi d'aout 2019 sur la transformation de la fonction publique. Les travailleurs et travailleuses ne sont plus dans une perspective de carrière longue et stable car ils sont dans le court terme, le manque de garanties sur les droits et garanties souvent moindre.

ll y a une fragilisation du salariat par réduction de l'Etat social, par réduction d'implantation des services publics et de moins bonne garantie de la sécurité sociale, et donc par défaut de prestations soit gratuites, soit à bas tarif hors prix du marché.

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A la crise sanitaire s'ajoute aussi une dégénérescence démocratique que le syndicaliste remarque autant que le citoyen ou la citoyenne du peuple-classe . Les politiques de type Reagan et Thatcher qui se sont répandues de par le monde depuis les annèes 80 - ce qui a pu se dire "thatchérisation du monde" - n'ont pas que "cassé" peu à peu l'Etat social elles ont aussi perverti la démocratie et la République . Car ces politiques de casse ont produit au fil du temps une oligarchie puissante, très riche et pour partie transnationale, une oligarchie qui s'est nettement placée au-dessus de la démocratie dans une gouvernance autoritaire ou les effets de la contestation démocratique ne se font que très peu sentir . D'elle vient une dérive ploutocratique.

Christian DELARUE

Com-ex CGT Finances publiques 35

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- Crise modèle K, ou courbe du désastre avec bifurcation en K 

http://amitie-entre-les-peuples.org/Crise-modele-K-ou-courbe-du-desastre-avec-bifurcation-en-K

- Suspension de la démocratie et ploutocratisation du 1% 

http://amitie-entre-les-peuples.org/Suspension-de-la-democratie-et-ploutocratisation-du-1

- Extreme droite économique et dictature : De Hayek à Thatcher et Pinochet.

https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/160120/extreme-droite-economique-et-dictature-de-hayek-thatcher-et-pinochet

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article162834

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