Piège identitaire : Bretagne communautaire clivée

Piège identitaire : Bretagne communautaire clivée

Piège identitaire : Bretagne communautaire clivée


http://amitie-entre-les-peuples.org/Bretagne-identitaire-clivee

Quelques remarques sur le thème du "piège identitaire" faisant suite à la mobilisation associative, politique et syndicale (dont l’UL CGT de Rostrenen et l’UR Solidaires de Bretagne) du 6 avril à Rostrenen en défense de la journaliste-enquêtrice chez RKB Morgan Large (1) .

Les bretons sont souvent fiers de leur région (effet identitaire), voir de leur nation pour la petite minorité communautariste d’entre-eux qui désire encore pouvoir accéder à l’autonomie politique sous le thème de la Bretagne (nation dominée) contre la France (nation dominante et impérialiste), mais c’est oublier que cette identité bretonne est profondément clivée, au-delà de l’amour pour sa langue, ses paysages et une tradition historique qui peut faire l’impasse sur la collaboration d’une fraction avec le nazisme .

Commençons par rappeler que l’esprit scientifique-critique consiste à aller derrière l’apparence des choses, et donc ici derrière l’affichage identitaire et communautaire breton, avec ses publicités BZH qui attirent les touristes . Beaucoup en restent là, à voir les charmes du bord de mer mais en ignorant, par exemple, les grosses industries de la viande (question des zoonoses) ou celles de l’agriculture productiviste très polluante .

En effet un regard critique montre qu’il y a une « sale Bretagne » tout à la fois au sens propre (pollutions renouvelées : « boues rouges ») et figuré (avec une fraction minoritaire de gros bras abrutis et violents, fraction arcqueboutée derrière une agriculture productiviste) . Cette fraction n’est certes pas majoritaire mais elle a son poids et elle apparait hélas régulièrement . On les avait déjà vu à l’oeuvre en 2013 lors du mouvement des Bonnets rouges.

Il faut bien admettre qu’il existe une Bretagne réactionnaire animée par l’agrobusiness, par des patrons de l’agro-industrie . Et de ce fait l’identité bretonne est faussée et son double communautaire divisé. Ici comme ailleurs, on a des habitants divisés par des projets radicalement opposés. Tout communautarisme masque sa division interne sur la base d’une identité surévaluée, voire fantasmée.

Christian Delarue
 qui a appris un an la langue bretonne à l’UBO de Brest avant de l’oublier
 qui aime la Bretagne tout en portant critique

1) Bretagne : tentative criminelle contre une journaliste, le monde de l’agrobusiness soupçonné | Textes à l’appui | Là-bas si j’y suis

https://la-bas.org/

Extrait : « Depuis les années 1960, des fermes-usines ont hissé la région au premier rang des productions de lait, de volaille et de cochon. « En Bretagne, il y a plus de cochons que d’habitants », a-t-on coutume de dire. Fille de paysans bretons, Morgan a suivi une formation agricole avant de venir au journalisme pour la radio locale Radio Kreiz Breizh (RKB). De plus, elle parle parfaitement breton, et il est bien difficile de l’accuser d’être hors-sol. Voilà qui agace grandement les barons de l’industrie agroalimentaire. »

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