DEFINANCIARISER pour le peuple-classe (II)

DEFINANCIARISER pour le peuple-classe (II)

Réduire l'espace du capitalisme dominant

Pour une contre-tendance internationale de progrès et de civilisation (suite)

DEFINANCIARISER pour le peuple-classe (II)

Nous avions proposé de « DEPRIVATISER pour le peuple-classe » (I) en signalant trois grandes façons de procéder 1) l’appropriation publique (souvent des nationalisations), 2) l’appropriation sociale (ou socialisation), 3) l’appropriation commune (référence aux biens communs) pour les forces d’alternative(s). Il s’agit maintenant d’évoquer, de façon complémentaire, un « DEFINANCIARISER pour le peuple-classe » tant en France qu’en Europe et dans le monde.

Ce texte dispose en outre, d’une perspective plus élargie au-delà du cadre national des questions d’une réappropriation par les peuples (chaque peuple-classe) de ce qui leur a été volé par les classes sociales dominantes actrices du néolibéralisme.

Le syndicat CGT Finances publiques souligne à nouveau, sous Macron, une nouvelle trahison des élites privées et publiques qui, au prétexte fallacieux de ruissellement, orientent à hautes doses (des milliers de milliards d’euros) l’argent public des banques centrales vers les marchés financiers et l’action publique vers le soutien aux capitalistes au lieu de l’affecter aux services publics et à l’emploi public.

Or notre pays a pu voir pendant la pandémie combien il y avait besoin de recruter des fonctionnaires pour le service de l’intérêt général et des besoins sociaux tant dans la FP Territoriale (Régions, Départements, Communes) que dans la FP Hospitalière (santé publique) que celle d’Etat, pour un Etat social chose du peuple-classe et pas un Etat néolibéral chose de la finance prédatrice contre le peuple-classe, ici et ailleurs. Les fonctionnaires ont la particularité de faire longue carrière au service de l’intérêt général de la population en résidence sur le territoire national et pas d’être des grands actionnaires constamment obsédés de lucre et de spéculations privées profitables.

Et l’affaire n’est pas que nationale ! En effet, au-delà de l’Etat social national à promouvoir c’est tout un développement des services publics en Europe qui est à défendre avec toutes les forces syndicales de l’Union européenne ! Contrairement à un préjugé national qui perdure il faut remarquer que les forces sociales fortement contestataires de la « thatchérisation du monde » (2) sont présentes et actives en Europe . Si certaines sont relativement accommodantes avec le capital d’autres sont nettement plus offensives. Partout en Europe des forces sociales s’opposent à l’oligarchie financière européenne, aux puissances d’argent, à l’ordolibéralisme. Le problème, à mon humble avis de syndicaliste, tient à la difficile coordination des luttes par delà les frontières nationales, outre les phénomènes ponctuels de « transcroissance des luttes » (d’une nation à une autre).

C’est pourquoi, à partir de ce fait syndical européen, il convient de populariser l’idée de la CGT Finances publiques de créer un Fond de développement des services publics en Europe. Défendre un projet de civilisation en Europe passe par le recul partout de la logique de profit d’abord et de sa sphère privatiste et marchande afin de faire plus de place aux services publics, à l’intérêt général, à la satisfaction des besoins sociaux populaires, à la réduction des inégalités sociales, à la transition écologique.

Les marchés financiers et les grands actionnaires sont constamment obsédés par la réduction des dépenses publiques alors qu’il y a besoin d’une telle dépense pour construire des dispositifs sociaux avantageux pour chaque peuple-classe, obsédé aussi d’accroître le volume global de travail salarié mais sans vouloir le partager le travail entre chômeurs et travailleurs-travailleuses via une nouvelle RTT (réduction hebdomadaire du temps de travail), obsédé de réduire la masse salariale globale pour accroitre les profits financiers qui bénéficient aux rentiers au sein du 1%.

Extrait du 4 pages DETTES de la CGT Finances publiques :

On dit souvent que l’État s’endette aujourd’hui auprès des banques. En réalité, l’État ne s’adresse pas à des banques pour leur emprunter de l’argent. Il émet des titres – obligations, bons du trésor – sur les marchés financiers. Les banques en détiennent moins de 7 % et les plus gros souscripteurs sont les compagnies d’assurance comme Axa, les fonds de pension ou les gestionnaires de portefeuille multinationaux comme BlackRock qui gèrent les capitaux de grandes entreprises.

Tous ces financiers acceptent de placer leur argent dans des titres de la dette publique française à condition que la politique menée en France soit la plus favorable à la rentabilité du capital, c’est-à-dire qu’elle soit obsédée par la baisse du coût du travail et par la baisse des dépenses publiques : c’est la cause première des politiques d’austérité qui dévitalisent nos ser- vices publics depuis des décennies.

Ils le font aussi parce qu’ils savent qu’ils peuvent revendre leurs titres aux banques centrales.

Depuis le début de la pandémie, la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales de la zone euro qui, avec elle, forment ce qu’on appelle l’Eurosystème, ont acheté pour 900 milliards d’euros de titres (dont 160 milliards de titres émis par les administrations publiques françaises). Ce montant est venu s’ajouter aux 3 000 milliards achetés depuis 2014 en réponse à la crise de l’euro (dont près de 500 milliards de titres publics français). Tout cet argent a été créé à partir de rien, comme les banques centrales en ont le pouvoir.

Le problème, c’est qu’il n’a pas été donné aux États mais aux financiers, lorsqu’ils ont vendu leurs titres aux banques centrales ! Ils profitent de cette force de frappe procurée par les banques centrales pour exiger encore plus d’austérité dans les budgets nationaux, encore plus de baisse du coût du travail dans les entreprises !
Il y a urgence à arrêter cette course folle, qui nous conduit à un krach financier bien pire que celui de 2008, et à imposer une tout autre utilisation de l’argent des banques centrales, qui est l’argent de tous les Européens.

lire sur
https://lacgt44.fr/IMG/pdf/4_pages_dette_n3.pdf

Christian Delarue
CGT Finances publiques Rennes et altermondialiste

1) DEPRIVATISER au profit du peuple-classe

https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/100621/deprivatiser-pour-le-peuple-classe

http://amitie-entre-les-peuples.org/DEPRIVATISER-pour-le-peuple-classe

2) La thatchérisation du monde et l’extrême-droite économique : un trajet vers la ploutocratisation du monde.

http://amitie-entre-les-peuples.org/La-thatcherisation-du-monde-et-l-extreme-droite-economique

Cahier de revendications communes : Sur la dette et la nécessité d’un réel contrôle citoyen sur la finance au niveau européen

https://www.cadtm.org/Cahier-de-revendications-communes-Sur-la-dette-et-la-necessite-d-un-reel

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