La poire ou le peuple-classe hongrois sous le 2% de sa classe dominante

La poire ou le peuple-classe hongrois sous le 2% de sa classe dominante

 

Ce peuple-classe est fort hétérogène, comme d'autres mais différemment. C'est tout le mérite ce dessin, qui symbolise bien la domination de "l'élite" (terme emprunté à une certaine sociologie : Mosca, Pareto, Michels, Parson), de montrer ces différences internes sans nier pour autant, la domination de la classe dominante.

 

Adaptation par Ludovic Lepeltier-Kutasi, d'après l'infographie originale publiée par GFKI / Nepszabadsag

Le peuple-classe hongrois à 98%  subit l'oligarchie à 2% !

in Hulala - La société hongroise, une poire pourrie !

http://www.hu-lala.org/societe-hongrie-inegalite/

XX

1 - Gauche et droite schématiquement.

- Les partis de gauche cherchent à unifier les couches et classes sociales internes au peuple-classe pour réduire le fossé entre ce dernier et la classe dominante (caractèristique du capitalisme néolibéral financiarisé). Certains posent la question de la propriété - partis marxistes ou autogestionnaires  - d'autres non et en restent à la contruction d'un Etat démocratique "social et fiscal", nettement plus orienté vers la justice sociale, vers la réduction des inégalités sociales en réduisant la richesse des riches et en augmentant le pouvoir d'achat des couches sociales pauvres, modestes sans pénaliser les couches sociales moyennes. Ils le font en combattant aussi le racisme et le sexisme de la société. En principe ! Vous remarquerez évidemment ici ou là des discordances entre les principes et la pratique politique. C'est alors la pratique qui doit être changée ! En principe toujours !

- Les partis de droite, libéraux ou conservateurs, s'accomodent eux du fossé entre le peuple-classe et l'oligarchie mais aussi de la division interne au peuple-classe. La justice sociale n'existe pas pour eux car il n'y a que liberté et contrats de légitime. Les inégalités sociales sont naturalisées. Les partis de droite cherchent même souvent à renforcer cette division. En France Nicolas Sarkozy ex Président de la République s'y était employé contre les "jeunes des banlieues" (discours de Grenoble), contre les fonctionnaires parasites, etc...   en lien avec une apologie des entrepreneurs (fin aout 2007). Une large fraction du peuple social français a préféré ensuite un Président qui voulait "attaquer la finance" ! La question reste pendante !

- Le libéralisme politique diffère du libéralisme économique. On peut mener une ferme politique interventionniste de classe contre la finance et les "marchés" et avec l'appui du peuple social sans pour autant - bien au contraire même - promouvoir des politiques de stigmatisation raciste, sexiste, homophobe. 

- Sur l'aspect "autoritaire", il faut remarquer que la droite comme la gauche peuvent employer la "méthode forte" le cas échéant. La bourgeoisie préfère user du consentement médiatiquement construit mais elle sait aussi user de la répression quand la "carotte" ne suffit plus, quand il n'y a plus de "grains à moudre" pour les compromis sociaux entre les classes sociales. La gauche a su aussi historiquement mettre en prison ses propres révolutionnaires pour conforter le pouvoir des oligarques des ex "partis communistes".

 

2 - Revenons à la Hongrie de Victor Orban

 
Il y a plusieurs tentatives en cours sous la direction de Victor Orban pour renforcer la division interne du peuple-classe hongrois. L'objectif reste toujours de masquer la domination de classe du pays, de la bourgeoisie hongroise ici.

 - la constitution d'une "classe moyenne", un "grand classique" de l'idée de "classe d'appui", idée qui est activée aussi bien par les régimes capitalistes libéraux que par ceux du "capitalisme collectiviste". La formule iconoclaste indique qu'une droite peut vouloir un capitalisme d'Etat qui procéde à des nationalisations qui confortent la domination classe de la bourgeoisie nationale (hongroise). C'est le critère car un collectivisme "de gauche" donnerait lui plus de pouvoir au peuple-classe, à ceux d'en-bas. Ici il semble bien que l'on retrouve  aussi, dans une certaine mesure, ce souci d'une "classe d'appui" avec un clientélisme entretenu à l'égard des couches moyennes supérieures urbaines, soit l'encadrement supérieur industriel et administratif.

Les deux autres pratiques relèvent plus de l'extrême-droite (qui n'en a plus l'exclusive) :

 - l'antisémitisme, qui se porte bien en Hongrie, les juifs étant assimilés au capitalisme étranger, celui des multinationales, y compris celles françaises pas toujours bien vues. A ne pas confondre avec les contestations montantes de la colonisation israélienne à Gaza. Ce que font certains.

- la stigmatisation raciste des Roms est l'autre bouc émissaire qui sévit en Hongrie. Celui-ci montre plutôt des individus pauvres dont la nuisance est vue comme bien différente de celle des juifs qui eux sont vus comme des grands "voleurs" (la "bancocratie" réduite à eux), les Roms étant des "petits voleurs". C'est perçu comme moins grave mais néanmoins inadmissible. Ce qui est surtout inadmissible c'est le racisme anti-rom et anti-juifs. Le racisme sous toutes ses formes.

 

Christian Delarue

 

Que dit V Orban aujourd'hui : 

 

"Une démocratie ne doit pas être à tout prix libérale. [...] Au moins 50 % de l'économie de la Hongrie devrait être entre nos mains et non plus dans celles des étrangers." Précisant qu'il ne niait pas "les valeurs fondatrices du libéralisme", Orbán a néanmoins justifié sa réflexion par "l'existence de cercles d'intérêt étrangers qui veulent influencer la vie étatique hongroise. Nous ne voulons plus cela", a affirmé le Premier ministre, cité par Gândul.

HONGRIE • Viktor Orbán pourfend le libéralisme occidental | Courrier international

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2014/07/30/viktor-orban-pourfend-le-liberalisme-occidental

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