Conditions matérielles et divisions du peuple-classe

Conditions matérielles et divisions du peuple-classe

Conditions matérielles et divisions du peuple-classe

http://amitie-entre-les-peuples.org/Conditions-materielles-et-divisions-du-peuple-classe-Christian-DELARUE

XX

Si l’on isole le 1% d’en-haut comme classe dominante, tout à la fois riche et dominante, alors on a en-dessous les 99% soit le peuple-classe.

En son sein, il y a certes des divisions avec :

- d’un côté les indépendants et petits patrons qui en général (pas toujours) défendent 1) la liberté d’entreprendre avec un code du travail allégé , 2) le « travaillisme » soit en ce sens le « faire travailler plus ceux et celles qui travaillent déjà » 35 H hebdo voir plus. 3) la sobriété salariale et le refus des allocations de chômage aux « fainéants » et

- de l’autre côté le bloc des salariés lui aussi divisé.

Mais - inversion relative - 1) les indépendants et petits patrons qui soutiennent souvent le système capitaliste n’en tirent pas tous grand bénéfice (moins de 3000 euros par mois pour certains) alors que 2) certains salariés (vendant leur force de travail et) bénéficiant du « système de l’emploi stable et de la carrière » (aspect matériel et juridique) peuvent - si cadre supérieurs notamment - avoir des revenus relativement élevés (très nettement supérieurs à 3500 euros par mois et grosso modo dans les 10% d’en-haut) , lesquels revenus les éloignent des conditions matérielles des salariés précaires et les rapprochent des patrons qu’ils peuvent fréquenter dans un même quartier résidentiel (aspect matériel aussi) ! Contradiction à considérer pour toute analyse matérialiste et politique.

Les salarié.e.s précaires sont aussi - du fait de la précarité de l’emploi - très souvent soumis à des conditions financières modestes et ont des fins de mois difficiles. Le fait d’épuiser (ou non) son salaire avant la fin du mois ou en fin de mois crée une division au sein du salariat ! Et cette division interne au salariat a une base matérielle.

Autrement dit, il y a un lien entre les conditions matérielles réelles différentes des salariés-précaires et des salariés-stables et le pouvoir d’achat final, lequel pouvoir d’achat est un pouvoir du côté de la « circulation marchande » (et pas de la production et de ses rapports sociaux) , un pouvoir de sortie relative d’une condition sociale de « modestie de vie contrainte ».

Les travailleurs et travailleuses précaires sont doublement des prolétaires : dans la production ou ils vendent (mal) leur force de travail et face aux marchés des biens et services ou ils font l’expérience de l’insolvabilité, voire de la pauvreté.

Reste que c’est le 1% l’ennemi de classe mais il ne suffit pas de le dire ! Il faut vouloir conforter les conditions matérielles des plus exposés à la domination de classe avec un projet. La RTT 32 hebdo sans perte de salaire pour les 99% en est un axe fort.

Christian DELARUE

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